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AFFAIRE DE L'IUT SAINT-DENIS : ET SI SAMUEL MAYOL ET SON CLAN AVAIENT TOUT MANIGANCÉ ?

L'ex-directeur de l'IUT de Saint Denis, Samuel Mayol, dont la suspension à été prolongée de huit mois, jusqu'au mois de novembre prochain par le Président Jean Loup Salzmann, ici devant ses étudiants à l'occasion de l'hommage rendu aux victimes des attentats de janvier 2015. (Crédit : Facebook IUT de Saint-Denis) L'ex-directeur de l'IUT de Saint Denis, Samuel Mayol, dont la suspension à été prolongée de huit mois, jusqu'au mois de novembre prochain par le Président Jean Loup Salzmann, ici devant ses étudiants à l'occasion de l'hommage rendu aux victimes des attentats de janvier 2015. (Crédit : Facebook IUT de Saint-Denis)

EXCLUSIVITÉ LPLD.fr : Rachid Zouhhad revient en détail sur la plainte d’ANTICOR, la décision du Conseil disciplinaire de L’Université Paris 13, sur l’état d’avancement de ses plaintes ainsi que sur les différentes anomalies et dysfonctionnements divers que M. Mayol n’a jamais évoqués.

 

Acte VI partie I« Les accusations de Samuel Mayol de plus en plus contredites par les résultats de récentes investigations »

Propos recueillis par Cédrik Viala

LPLD.fr : Où en est l'enquête de police concernant les 36 menaces de mort et les deux agressions revendiquées par M. Samuel Mayol ?

R.Zouhhad : Pour le moment et à ma connaissance : nulle part. Justement, l’absence de toute action à ce jour de la Police et de la justice au regard des soupçons graves dont M. Mayol est l’objet, m’interpelle encore. Peut-être suis-je dans le doute, mais il est difficile de comprendre qu’un collègue et moi-même ayons été placés en garde à vue, avec un dossier qui s’est avéré inconsistant et artificiel et que presque six mois se sont écoulés depuis que les soupçons sérieux qui pèsent sur M. Mayol sont apparus, et que cela n’a donné lieu à aucune réaction de la police comme de la justice. Il est tout aussi incompréhensible que certains faits rendus publics et donc maintenant connus de l’Administration ne valent aucun déferrement au disciplinaire aux auteurs présumés ou une quelconque saisie de la justice à fin d’instruction. Cela est d’autant plus étonnant au regard de ce qui a été retenu à notre encontre par ce même disciplinaire. En tout cas, les multiples dépôts de plaintes et signalements opérés n’ont rien donné à ce jour. Je comprends bien qu’en ces circonstances dramatiques, il y ait d’autres priorités qui s’imposent aux services de sécurité, mais certaines de nos plaintes et saisies sont antérieures aux derniers événements dramatiques et d’autres, sont postérieures.

Je crois utile de rappeler que l’information judiciaire dont le parquet de Bobigny a été saisi par le ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche d’alors, M. Benoît Hamon, date d’il y a presque deux ans déjà!

« …quelle suite peut-on donner à une plainte pour détournements de fonds, alors même que l’enquête interne de l’Université fondée sur un rapport…démontre qu’il n’y a ni détournement de fonds ni intention dans ce sens ».

LPLD.fr : D’autre part où en est la plainte de l’association Anticor concernant les malversations dont on vous a accusé et qui a été déposée le 2 octobre dernier par cette association ?

R.Zouhhad : Pas plus avancée que l’enquête de la police à ce jour. Ceci étant, je me demande bien quelle suite peut-on donner à une plainte pour détournements de fonds, alors même que l’enquête interne de l’Université Paris 13 fondée sur un rapport, autrement plus sérieux et solide que celui de la première mission de l’IGAENR, versé dans le cadre de la procédure disciplinaire, démontre qu’il n’y a ni détournement de fonds ni intention dans ce sens. S’il y a une suite décidée par la justice, je dispose d’éléments suffisamment probants pour assurer ma défense. Toutefois, si l’association Anticor souhaite agir pour des motifs plus solides, elle n’a que l’embarras du choix parmi tous ceux qui ont été signalés à l’IGAENR, ou encore ceux qui ont été révélés dans les publications précédentes de Lpld.fr. Il est toutefois très curieux que cela n’ait suscité aucune réaction de la part de cette association pourtant encline à combattre les irrégularités qui touchent nos institutions? 

 

LPLD.fr : Que voulez-vous dire ?

R.Zouhhad : L’affaire du CODIS avait été signalée à plusieurs reprises, y compris auprès du Procureur de la République. Il semble que l’enquête et les vérifications internes effectuées par l’Université aient abouti à considérer cela comme un motif sérieux puisqu’il figure dans le premier arrêté de suspension de M. Mayol et figure encore de façon plus précise dans le second, qui vient d’être rendu public, comme l’indique l’extrait suivant :

Il y a toutefois encore de nombreux autres aspects qui méritent un examen tout aussi attentif. Ainsi, le fait que M. Mayol ait semble-t-il rémunéré un enseignant retraité pour une prestation de services peut être considéré comme une faute, car on ne peut recruter et rémunérer une personne retraitée de notre Administration. Des personnes avaient tenté de m’imposer cela lorsque j’assurais la responsabilité du Département Techniques de Commercialisation (TC) et j’avais alors refusé de le faire sur le fondement de cette règle, je n’ai jamais été contredit par la suite. Au vu de certaines pièces fournies par M. Mayol et qui m’ont été communiquées, je constate qu’il est passé par un autre chemin pour parvenir à ses fins.

 

LPLD.fr : Samuel Mayol serait-il coupable de ce dont il vous accuse depuis le début de l'affaire?

R.Zouhhad : En effet, l’autre affaire, révélée par la Direction de l’Université, en l’occurrence l’octroi de congés qui semblent indus à des personnels et leur gestion au moyen d’un système de comptabilisation parallèle, n’a non plus suscité aucune réaction de l’Association en question. Pourtant, l’Université précise dans le second arrêté qui reconduit la suspension de M. Mayol, qu’il y a bien eu un préjudice affectant les fonds publics : 

Il s'agit de celui tiré de l'arrêt de suspension qui mentionne la mise en place du système parallèle de comptabilisation des congés. Une fois de plus cet aspect ne semble pas susciter plus que cela l’intérêt de l’Association Anticor, ni celle d’ailleurs, du parquet ou de la Police, pourquoi?

Il y a de nombreux autres aspects qui méritent tout autant que toute la lumière soit faite au moyen d’une investigation sérieuse et approfondie, mais cela ne semble toujours pas intéresser l’Association Anticor ou la justice. A croire que les faits ou prétendus délits imputés par M. Mayol et son équipe à une catégorie de personnes identifiées par l’origine ou la religion supposée ont été suffisants pour susciter une réaction de la police, alors que l’accumulation de fait sérieux et graves à l’encontre de M. Mayol et de ses obligés, n’intéressent nullement la justice. Cela paraît assurément caricatural, mais les faits sont là pour rappeler que cela ne l’est peut-être pas tout à fait, en tout cas jusqu’à présent.

 

LPLD.fr : Pouvez-vous citer quelques-uns de ces faits et nous indiquer comment en avez-vous eu connaissance ?

R.Zouhhad : Prenons par exemple l’achat de champagne, nécessaire aux différents pots et cocktails organisés par l’IUT. La marque privilégiée jusqu’à présent porte le nom de l’un des enseignants, qui était membre du Conseil d’Administration de l’IUT (Conseil de l’Institut) au moment où a éclaté cette affaire et qui a été un soutien constant de M. Mayol. Cette marque appartient certainement à des membres de la  famille de ce collègue. Il ne s’agit pas d’un secret et je n’ai aucune source d’information confidentielle, cela est connu de presque tous les collègues de l’IUT. C’est pourquoi il est difficile de comprendre que l’on ne se soit pas interrogé au moins une fois sur les motifs du quasi-monopole de cette marque et le lien entre cet enseignant et celui qui valide ces commandes, en l’occurrence M. Mayol. 

Cela s’imposait d’autant plus que ce collègue dont le nom figure sur les bouteilles de champagne en question a été l’objet d’un signalement public, il y a quelques années déjà sur des heures complémentaires qu’un autre collègue lui reprochait d’avoir perçues sans les avoir effectivement accomplies http://pgrandemange.zeblog.com/.

C’est toujours le même collègue qui occupe depuis des années et sans discontinuité, mais aussi avec une légitimité moindre que des collègues au profil idoine, la responsabilité des relations internationales de l’IUT. Cette fonction présente comme avantage principal de devoir se déplacer à l’étranger vers des destinations qui ne manquent pas d’intérêt sur le plan touristique : la Russie, l’Espagne, la Finlande, etc. Cet intérêt est renforcé par le fait que le groupe de collègues qui a profité de ces voyages est curieusement très stable. Aucun rapport régulier sur les retombées et l’intérêt pour l’institution de cette activité n’ont été présentés devant les élus du Conseil d’Administration de l’IUT.

Cela aurait pu soulever des questions comme celle relative aux motifs ou à la nécessité de solliciter une collègue Biatss (Bibliothèque, Ingénieurs, Administratifs, Techniciens, Social, Santé), Mme Alexandra Chevalier) pour un déplacement en Finlande, alors que ses connaissances en finnois ou en anglais rivalisent presque avec mes propres capacités à dialoguer couramment avec les Kalaallits du Groenland ou les Yupiks de Russie. Est-il étonnant que cette collègue qui a été autant choyée par M. Mayol et ses obligés se soit fendue d’accusations par écrit et particulièrement graves à l’égard des trois personnes déférées au disciplinaire de l’Université à la demande de M. Mayol, dont moi-même ? Simple coïncidence évidemment. Dans un contexte de raréfaction des deniers publics et d’interrogations légitimes sur leurs usages, aucun poste budgétaire n’aurait dû échapper à un examen attentif de la part de M. Florent Tétard, qui aime à rappeler qu’il est Président de la commission des moyens de l’IUT, mais qui n’a eu d’attention que pour le seul Département Techniques de Commercialisation. La remarque lui en a été d’ailleurs faite lors de son témoignage devant le conseil disciplinaire de l’Université lors de ma comparution. 

Enfin, le dernier point que je citerai, car il y en a beaucoup d’autres, c’est l’étrange silence qui a prévalu jusqu’à présent et qui est relatif aux cumuls d’activités de certains, à commencer par celui de M. Mayol. Cet aspect déjà signalé par le passé vient d’être repris par le dernier arrêté prolongeant la suspension de celui-ci :

« Si l’Université décide de ne pas remonter aux années du mandat de M.Mayol en tant que Chef du Département Techniques de Commercialisation (2008-2012), c’est à tout le moins la restitution d’un montant proche de 190 000 euros qui pourrait lui être réclamé ! ».

LPLD.fr : De quoi s’agit-il ?

R.Zouhhad : Ce terme technique : « autorisation de cumul des activités », désigne l’obligation faite à tout fonctionnaire de demander l’autorisation préalable du Président de l’Université pour assurer une activité en dehors de l’Université et qui donne lieu à une rémunération. Plusieurs collègues assurent des cours dans des établissements autres que l’IUT. M. Mayol a fait état dans la presse de son statut de Professeur associé à l’ICD, établissement d’enseignement privé qui relève de l’IGS comme le CODIS à qui a été confiée la gestion des Licences professionnelles en apprentissage.

L’interrogation que soulève par ailleurs ce statut de Professeur associé ou les nombreux cours dans d’autres établissements que l’Université est de savoir comment peut-on concilier à la fois les charges de la gestion d’un département Techniques de Commercialisation en tant que Chef puis d’Administrateur provisoire en même temps que celle de Directeur de l’IUT, auxquelles s’ajoute la réalisation de son service d’enseignement à l’IUT. Sans oublier, les nombreuses démarches pour assurer ma promotion auprès de la DGSI, du Ministère et des nombreux contacts externes qui ont constitué son réseau d’influence et de pression, si l’on en croit l’article de Mme Libie Cousteau paru dans l’Express en novembre 2015.

M. Mayol a naturellement perçu une prime en tant que Directeur de l’IUT tout en bénéficiant d’une réduction des 2/3 de sa charge d’enseignement à l’IUT, mais cela était destiné à lui faciliter sa tâche en tant que responsable de l’IUT. Il pourrait avoir à rendre à l’institution l’équivalent de cette décharge de son service d’enseignant. Il en est de même de la prime perçue en tant que Directeur de l’IUT. Reste à connaître le sort des montants perçus pour ses cours effectués à l’ICD ou ailleurs. 

Si l’Université décide de ne pas remonter aux années du mandat de M.Mayol en tant que Chef du Département Techniques de Commercialisation (2008-2012), c’est à tout le moins la restitution d’un montant proche de 190 000 euros qui pourrait lui être réclamé. Ce montant est curieusement proche de celui qu’il m’avait accusé d’avoir détourné au profit…d’autres personnes. Cruelle coïncidence, qui illustre bien l’un des aspects de cette affaire : M. Mayol et ses proches n’ont eu de cesse d’accuser les autres d’actes farfelus, qu’ils ne se privaient pas d’exercer par ailleurs et en catimini. Procédé classique, déjà évoqué lors d’un échange antérieur.

 

LPLD.fr : Ce que vous avancez est grave, avez-vous des preuves tangibles ?

R.Zouhhad : Bien sûr, le second rapport de l’IGAENR en apporte une preuve supplémentaire s’il en était besoin : reprocher aux autres un clanisme que M. Mayol et son équipe avaient institué en mode de gouvernance de l’IUT. L’AEF citant ce rapport écrit que :

 

EXTRAIT: « Un clivage très net apparaît entre les proches du directeur (« le premier cercle », suivant l’expression employée par certains) et les autres personnels qui ont l’impression d’être à la fois abandonnés à eux-mêmes et utilisés ».

 

Il faut reconnaître à cette seconde mission de l’IGAENR un fondement sérieux à l’appui de cette affirmation. Car d’une part elle a mené de nombreux entretiens avec les collègues de l’IUT et d’autre part, elle a effectué une synthèse de plusieurs rapports internes, dont Lpld.fr a rendu compte il y a déjà plusieurs mois. Cela contraste singulièrement avec le comportement clanique qui m’avait été prêté par la première mission de l’IGAENR et qui ne reposait que sur les affirmations de M. Mayol et de ses proches.

Il me semble aussi nécessaire de rappeler que l’attention soutenue dont le Département Techniques de Commercialisation a été l’objet ainsi que certains collègues, contrastent singulièrement avec la tolérance, pour ne pas dire plus, dont d’autres collègues ont bénéficié. Il est difficile de ne pas considérer cela comme la condition du soutien inconditionnel qu’ils ont apporté à M. Mayol, souvent en dépit du bon sens et de la bonne foi. 

Il est impossible que M. Mayol n’ait pas eu connaissance ou n’ait pas procédé à la vérification des autorisations de cumul des Chefs de Départements qui assuraient des enseignements à l’extérieur de l’IUT, qui dans une école privée du boulevard Haussmann à Paris, qui dans une école localisée dans une ville située à l’extrémité du département des Yvelines. Le fait que ces collègues aient perçu une prime pour assurer la fonction de Chefs de Départements les contraint plus que d’autres au regard de cette obligation, mais aussi au regard des limites de cumul fixées par l’Université.

Cela est également vrai pour d’autres collègues qui n’exercent pas la fonction de Chef de Département, qui sont soumis aux mêmes obligations sur cet aspect, et qui sont dans les « petits papiers » de ces Chefs de Départements ou d’autres. Ainsi, d’intérêt en intérêt, de personne en personne, se construit très rapidement une « communauté d’intérêts » très solidaire et au service de celui ou de ceux qui ont fermé les yeux sur leurs pratiques. Là encore, on retrouve le procédé classique qui consiste à s’aliéner les personnes et qui est particulièrement efficace lorsqu’il s’agit de les mobiliser pour régler le compte d’un ou plusieurs intrus ou menaces pour la survie d’un tel système.

« Ni l’IGAENR, ni la justice n’ont le temps ou les moyens ou peut-être même l’envie d’aller au niveau d’investigations nécessaires pour mettre en évidence ce type de pratique ».

LPLD.fr : Vous êtes en train de nous dire que Samuel Mayol aurait conceptualisé une sorte de lobbying sur plusieurs années dans le but de servir ses intérêts ?

R.Zouhhad : Autre curiosité, que j’avais refusé de valider, mais qui l’a été de façon apparemment récurrente au titre des années antérieures à mon arrivée à la direction du département Techniques de Commercialisation : l’achat d’une page dans une revue scientifique pour un montant de l’ordre de 3000 euros. Cela ne relève pas du cadre budgétaire dont j’avais la charge sous la responsabilité de M. Mayol qui est, faut-il le rappeler, le seul responsable des décaissements effectifs. Cette dépense qui n’a rien à voir de près ou de loin avec l’intérêt de l’IUT était destinée à servir la carrière d’un collègue du Département Techniques de Commercialisation et n’est certainement pas restée sans être honorée si l’on en juge par le soutien zélé qu’il a apporté à M. Mayol.

Cette liste n’est évidemment pas exhaustive, je laisse de côté les dotations d’heures manifestement démesurées au regard des besoins de Départements dirigés par des collègues dont le soutien était nécessaire à M. Mayol. Cet aspect a déjà signalé dans la réponse au rapport de la première mission de l’IGAENR. Il en est tout autant du matériel scientifique onéreux acheté par un Département et qui, selon plusieurs collègues, a depuis disparu pour réapparaître dans les mains d’un collègue d’un autre Département qui l’utilise à des fins personnelles.

Tous ces aspects peuvent être mis sur le compte de ce que le rapport de la seconde mission de l’IGAENR a qualifié de « mode de management fondé sur des relations « affectives » plus que hiérarchiques », comme l’a rapporté l’AEF (Agence de presse spécialisée dans l’information relative à l’Education et la Recherche) dans sa dépêche du 7 mars 2016. Et celle-ci d’ajouter, en continuant de citer ce rapport, que cela traduisait le fait que M. Mayol était « désireux de tout contrôler, se substituant de fait à la responsable administrative et financière », ce qui a conduit à un « engorgement des dossiers ». On pourrait ajouter : pas de tous les dossiers, en tout cas pas de ceux des collègues qui lui étaient proches.

Ce développement pour démontrer que s’il y a bien eu un système clanique actif à l’IUT, ce n’est pas celui qui a été dénoncé de façon récurrente par l’essentiel de la presse et l’IGAENR, qui n’ont pas hésité à m’en rendre responsable, mais celui mis en place et entretenu par M. Mayol et plusieurs de ses obligés qui semblaient y trouver un avantage à un titre ou à un autre. Cela démontre également que les motifs d’une action par l’association Anticor ne manquent pas, il suffit tout simplement qu’elle s’empare de ce dossier autrement que par le bout par lequel il lui a été présenté par M. Mayol. 

Enfin, et si l’on élargit un peu le contexte, tout le monde aura compris que les soutiens dont a bénéficié M. Mayol, y compris à l’appui de certaines décisions prises dans le cadre de l’instance suprême de l’IUT, le Conseil de l’Institut, relèvent moins de la préservation des intérêts de l’IUT que de celle des intérêts personnels qui les liaient entre eux et l’ensemble avec celle des intérêts de M. Mayol. Est-il nécessaire de rappeler que la question simple posée à M. Vassallo lors d’un échange précédent dans vos colonnes sur le fait qu’il ait perçu on non de l’argent de l’IUT, n’a donné lieu à aucune réponse à ce jour. De même que celle adressée à M. Tétard, sur la présence d’entreprises privées qui utilisent les ressources de l’institution. Ajoutez à cela des rencontres régulières entre M. Mayol et les élus étudiants et vous aboutissez à une majorité pour obtenir entre autres la tête d’un Chef de Département.

Fantasmes, délires ou sentiments paranoïaques exacerbés ? Il suffit de demander à celles et ceux qui répondaient à l’invitation de M. Mayol à participer à un comité restreint et informel pour organiser mon éviction. L’un d’entre eux a finalement consenti à en parler à plusieurs collègues.

Ni l’IGAENR ni la justice n’ont le temps ou les moyens ou peut-être même l’envie d’aller au niveau d’investigations nécessaires pour mettre en évidence ce type de pratique.

 

LPLD.fr : Le Conseil disciplinaire de l'Université Paris 13 s’est enfin prononcé et vous avez écopé d’un blâme alors que votre collègue a lui été sanctionné par un recul dans l’avancement pour une période de deux ans. Ces peines paraissent à certains comme trop légères et illustrent la protection dont vous sembleriez bénéficier de la part de M. Salzmann, le Président de l’Université Paris 13. Qu’en est-il sur ce point?

R.Zouhhad : Eh bien, si certaines et certains estiment que mon collègue et moi-même avons bénéficié d’une quelconque protection y compris celle de M. Salzmann, ils n’ont qu’à s’infliger ce parcours pour bénéficier de la même protection. Il faut quand même rappeler qu’au stade où nous en sommes, il ne s’agit pas d’une peine, mais d’une triple peine.

Tout d’abord, s’agissant de mon collègue, il a déjà été l’objet d’une sanction en raison de l’évaluation dont l’a gratifié M. Mayol en introduisant dans celle-ci des éléments de nature pénale et non des moindres. Ceux-ci ne relèvent nullement des aspects sur lesquels il devait être jugé. Alors que ses évaluations avaient été jusqu’à présent très bonnes, il retrouve au milieu de l’appréciation de son travail sur le plan académique des qualificatifs comme « violent » et « a menacé de mort ses collègues ». Cela s’est reproduit deux ans de suite, ce qui a de facto entraîné un gel de son avancement pendant deux ans.

La sanction du disciplinaire ne vient donc qu’en double peine parce qu’elle légitime les conséquences de ces évaluations iniques et illégales. Aucune autorité administrative ne s’est émue de l’accusation grave dont ce collègue a été l’objet de la part de M. Mayol, alors que le procureur de la République avait déjà classé les plaintes déposées par messieurs Florent Tétard et Erik Leroux, qui l’accusaient de ces faits.

Mon collègue a été ensuite l’objet d’une cabale interne et orchestrée. Puis, de celle,  externe, dans les médias, lui prêtant ces délits, alors qu’une fois encore, cette affaire avait été classée par la justice. Et comme si cela ne suffisait pas, il lui a été ajouté un lien avec les prétendues menaces et agressions qui ont fleuri autour de la personne de M. Mayol et ses comparses. Enfin, il a subi un interrogatoire de la première mission de l’IGAENR qui a repris ces accusations sans aucune vérification de leur bien-fondé. Ajoutez-y une Garde à Vue de près de 13 h dans les locaux de la Police et une procédure disciplinaire de plusieurs mois, dont l’aboutissement a été une audience de jugement de près de 5 heures. Et pour parfaire le tout, il a été confronté à des problèmes de santé pendant plus de sept mois et gratifié d’une procédure de saisie de son salaire. Où voit-on dans tout cela le signe de la protection de qui que ce soit, y compris du Président de l’Université ?

 

LPLD.fr : Et vous concernant, comment  estimez-vous votre traitement  par le conseil disciplinaire ?

R.Zouhhad : Dans mon cas, il faut se rappeler que mon identité a été révélée dès le 19 mai 2014 par M. Mayol à une chaîne de radio nationale avec en prime des accusations telles que : clanisme ; sexisme ; sympathie et protection d’une association d’étudiants qualifiée d’islamiste ; du licenciement d’un nombre invraisemblable d’enseignants vacataires et, de façon inverse, de l’embauche d’un plus grand nombre encore de ces enseignants vacataires ; du détournement de fonds public, de l’ordre de 200 000 euros...

Ces informations se sont propagées dans tous les médias : radio, presse écrite, télévision ainsi que sur tous les réseaux électroniques. Je vous épargnerai les sites xénophobes et les commentaires des internautes dont l’essentiel considérait que ces délits étaient consubstantiels de ce que nos noms et prénoms évoquaient.

Certains sont même remontés à un rapport établi par l’IGAENR en 2005 qui semblait comporter les mêmes dérives que celles qui nous étaient prêtées en 2014 et 2015. Bien évidemment, ils ont fortuitement oublié les réponses apportées à celui-ci et l’absence de toute sanction à mon égard. J’y ajoute que j’ai été relevé de mes fonctions de Chef de Département sur la foi d’accusations verbales énumérées par M. Mayol et Mme D. D., représentante d’un syndicat d’étudiants, alors que celles-ci n’ont jamais été validées par un vote du Procès-Verbal de la séance du Conseil d’Administration de l’IUT présidé par M. Vassallo. Tous ces aspects ont été examinés par le conseil disciplinaire de l’Université qui les a invalidés, les détournements de fonds compris.

Enfin, et tout comme mon collègue d’infortune, deux auditions par les Inspecteurs de l’IGAENR, une bonne Garde à Vue et pour parachever le parcours, un disciplinaire sur plusieurs mois dont les auditions cumulées ont duré plus de 12 heures. Là encore, si quelqu’un y voit le signe d’un traitement particulièrement enviable, alors il peut adresser une candidature à qui de droit pour en bénéficier.

 

LPLD.fr : Si l’on en revient plus spécifiquement à l’issue du Conseil disciplinaire mené par l'Université Paris 13, quels sont les motifs qui ont justifié vos sanctions et comptez-vous faire appel de ces décisions ?

R.Zouhhad : Il faut rappeler que notre déferrement au disciplinaire a été demandé au Président Salzmann par M. Mayol avec l’appui des inspecteurs de la première mission de l’IGAENR. Nous étions en réalité trois à avoir été déférés. Le premier collègue a été très rapidement relaxé des accusations dont il était l’objet et qui concernaient la réalisation de son service.

Le motif retenu pour justifier la condamnation de mon second collègue à un retard d’avancement de carrière pendant deux ans est l’envoi de simples tweets. Oui, des tweets.

On peut légitimement se demander quel lien y a-t-il entre les motifs initiaux et nombreux qui ont motivé son déferrement, et le seul et unique qui a justifié sa condamnation. Ainsi, la première mission de l’IGAENR et la presse ont accusé ce collègue de tous les faits et méfaits les plus graves, sans aucune vérification sérieuse. Il aura fallu un examen plus rigoureux pour aboutir à la conclusion qu’aucune de ces accusations n’était fondée et lui trouver un motif de condamnation aussi original que l’émission de tweets. À croire que mon collègue n’était un « voyou » que parce qu’il twittait ?

Mon dossier était assurément le plus étoffé sur le plan des accusations : recrutement de vacataires sans diplômes ni compétences ; création d’une commission que l’on prétendait avoir condamné des étudiants en lieu et place de l’instance disciplinaire officielle de l’Université ; pressions sur les personnels administratifs par des collègues enseignants sans aucune intervention de ma part ; détournements de fonds, etc. La liste était vraiment fournie.

J’ai été interrogé sur tous les aspects y compris sur l’accusation qui m’imputait de n’avoir écarté de leurs fonctions que des collègues femmes ou d’avoir recruté un chômeur.

L’instruction et les investigations de la section disciplinaire de l’Université l’ont conduit à invalider purement et simplement ces accusations proférées par M. Mayol, reprises par la première mission de l’IGAENR et amplifiées par une certaine presse. 

Seuls deux reproches ont été retenus. Ils relèvent d’actes de gestion administrative relatifs à la pondération des notes des étudiants en fonction de leur assiduité et à la non-reprise des intitulés des enseignements du programme dans les états de services des enseignants. Celles et ceux qui connaissent l’institution savent bien que ces reproches pourraient être retenus à l’encontre de tous les collègues qui exercent des fonctions de Chefs de Département. Mon collègue et moi-même avons fait appel de ces décisions.

 

ACTE VI PARTIE II : Ne manquez pas la seconde partie de notre interview exclusive la semaine prochaine. Rachid Zouhhad revient sur les détournements de fonds dénoncés par Samuel Mayol et démentis par un rapport financier interne que lpld.fr à pu se procurer en exclusivité et qui selon nos sources est en possession de la brigade financière de la police ; sur sa suspension par le Président de l'Université ; sa candidature à la Présidence de l'Université et l'administration provisoire de l'IUT...

 

EXCLUSIVITÉ LPLD.fr : LE RAPPORT FINANCIER, RÉALISÉ PAR L’UNIVERSITÉ PARIS 13 DONT NOUS AVONS PU PRENDRE CONNAISSANCE ET QUE NOUS AVONS UTILISÉ POUR ÉTAYER LE PROPOS DE RACHID ZOUHHAD DANS LA PROCHAINE PARTIE DE NOTRE INTERVIEW. (Crédits : D.R)
Cedrik Viala

‎Journaliste/Reporter indépendant, Directeur de la rédaction du site L'oeil Pour Le Dire (LPLD) http://www.lpld.fr

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