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AFFAIRE DE L'IUT DE SAINT-DENIS : AUTOPSIE D'UN DÉSASTRE NATIONAL

Une citation de Chateaubriand résume à elle seule cette triste affaire et le comportement du directeur de l'IUT : « On s'étonne du succès de la médiocrité ; on a tort. La médiocrité n'est pas forte par ce qu'elle est en elle-même, mais par les médiocrités qu'elle représente.  Plus l'homme au pouvoir est petit, plus il convient à toutes les petitesses », à bon entendeur! (Crédit D.R) Une citation de Chateaubriand résume à elle seule cette triste affaire et le comportement du directeur de l'IUT : « On s'étonne du succès de la médiocrité ; on a tort. La médiocrité n'est pas forte par ce qu'elle est en elle-même, mais par les médiocrités qu'elle représente. Plus l'homme au pouvoir est petit, plus il convient à toutes les petitesses », à bon entendeur! (Crédit D.R)

« Un seul mensonge fait plus de bruit que cent vérités » Bernanos...

Je me souviendrai jusqu'à la fin de mes jours, du démarrage médiatique de cette triste affaire. Nous étions assis dans mon bureau à l'Université avec trois collègues qui avaient tous la particularité de bien connaître Rachid Zouhhad du fait de nos activités syndicales communes. Comme certains ont voulu ethniciser, « religiosiser » et communautariser à outrance cette affaire, je précise que parmi les trois collègues présents ce jour-là, aucun n'était d'origine maghrébine et aucun n'était musulman.

À cet instant précis, stupéfaits nous apprenons par la presse que notre ami est un escroc et pis encore, dans ces temps confus, un horrible islamiste. On se regarde à cet instant précis tous trois et la même pensée nous traverse l'esprit : ils se trompent, ce n'est pas possible, la personne dont ils parlent n'est pas Rachid Zouhhad, notre Rachid? Car celui dont nous sommes l'ami ne volerait pas un centime à qui que ce soit, et il est par- dessus le marché parfaitement agnostique. Eh oui, la religion ce n’est pas son truc, et un prêcheur salafiste n'aurait guère de succès avec lui. Le cauchemar commence donc ainsi, car il s'agit bien de lui, et pendant deux années, notre ami va être livré en pâture par un affabulateur qui a un atout fondamental : celui de disposer de bons réseaux qui vont lui permettre d'éliminer un rival syndical bien trop gênant. Et plus c'est gros plus cela marche! Rachid Zouhhad est accusé d'avoir détourné pour près de 4800 heures de cours (soit près de 196 000 euros), rien que cela ! Et en plus ne se contentant pas d'être un escroc de haut vol, il a favorisé le communautarisme via une obscure association qui confondait local professionnel et mosquée au coeur même de l'université de la république. Aie, aie, aie ! Mal barré le Rachid et tous les médias de reprendre en chœur le refrain servi par le directeur de l'IUT. Car dans cette affaire, l'ami Rachid qui est l'incarnation même de la tolérance, de la modération (en dix ans d'amitié je ne l'ai jamais entendu proférer des propos de haine contre quiconque), va devenir, à la fois la brute et le méchant truand. Nous pensons tous alors que cette mauvaise blague va durer deux ou trois semaines tout au plus, et que la vérité va vite s'imposer. Mais non, cela ne s'arrête pas là, bien au contraire, cela enfle et prend des proportions hallucinantes. Car entre-temps, le directeur de l'IUT se fait agresser en sortant du Grand Orient de France ! Forcément c'est un vilain islamiste qui l'a suivi jusque-là, qui a sagement attendu la fin de sa tenue et qui ne trouve rien de mieux que de l'agresser dans une rue très fréquentée de la capitale, quelle que soit l'heure. Encore mal barré le Rachid, car la République a désormais son martyr, et son bourreau est partout montré du doigt à la vindicte. Vous pensez : le gentil franc-maçon qui se fait casser la gueule par un islamiste, ça en jette! Et là, les médias bien pensants se déchainent, et tirent sur l'ambulance..., si le juge Lynch eût été encore vivant, notre ami n'aurait pas fait long feu.

Et pourtant, nous n'avons pas ménagé nos efforts pour avertir les journalistes qui couvraient cette affaire de ses véritables ressorts : un banal règlement de compte politico-syndical où il s'agit simplement de se débarrasser d'un syndicat universitaire jugé mal pensant et qui est plutôt catalogué à droite, même s'il est indépendant. Mais dans le monde universitaire, l'indépendance, cela n'existe pas : on est pour ou contre la gauche. Circonstance aggravante, ce syndicat a rejoint la confédération FO, la menace est trop grande et cela fait trop longtemps que Rachid Zouhhad, à la tête de la section de Paris 13 perturbe le jeu politique local, il faut donc coûte que coûte l'éliminer et quoi de mieux dans le climat actuel que de lui coller une affaire d'islamisme radical. Malheureusement, nos mails, nos courriers sont restés sans réponse. Une simple enquête menée dans les règles de l'art aurait vite révélé que Rachid Zouhhad était aux antipodes du portrait distillé par tous ces journalistes en mal de notoriété. Il faudra plus d'un an de lynchage continu pour qu'enfin, certains journalistes reconnaissent que Rachid n'a rien d'un islamiste et que la conversion au laïcisme du directeur de l'IUT est quelque peu opportune! Mais ils n'iront pas plus loin. On ne va pas risquer sa tête pour un obscur universitaire avec un nom de famille un peu trop exotique !

Le média numérique, Médiapart, même s'il publiera en intégralité le droit de réponse de notre collègue (ce que n'ont jamais fait les autres médias), et alors même qu'il relaie des informations révélant les doutes de François Hollande sur l'affaire, restera pourtant étrangement en dehors de son déroulement médiatique, et ce malgré des courriels de notre part nous étonnant de ce silence.

Alors que les indices d'une manipulation commençaient à poindre, silence radio. Même lorsque le directeur de l'IUT se fera filmer en entrant avec un sac dans le fameux local et en ressortira sans, la presse s'en fera l'écho, certes car cela fait toujours vendre, mais sans plus de précision sur l'affaire de l'IUT de Saint-Denis, alors même que cette information, est une véritable « bombe ». Pis encore, quand un rapport financier interne de l'Université Paris 13, révèle que ces histoires de 4800 heures (soit 196 000 euros) détournées, sont nées de l'imagination du directeur de l'IUT lui-même (et au détour égratigne les calculs du rapport de l'IGAENR et les inspecteurs chargés du contrôle), rapport qui permettra au conseil disciplinaire de « blanchir » définitivement Rachid Zouhhad de cette accusation. Là encore nous assistons à un quasi-silence radio. Exit aussi l'accusation d’islamisme, le conseil est bien obligé de convenir que notre collègue n'avait aucun lien avec cette association et qu'il était parfaitement étranger à ces agissements, tant d'un point de vue personnel qu'institutionnel. Mais pour faire bonne mesure, on va malgré tout attribuer un blâme à Rachid Zouhhad, car il a méconnu les volumes horaires des PPN (programmes pédagogiques nationaux). Un gag me direz-vous, mais un gag tragique! Au lieu de présenter ses excuses à notre collègue au nom de l'Université, la commission lui inflige un blâme, alors qu'elle vient de le « blanchir » sur les deux principaux motifs d'accusation ! Vous ne rêvez pas, bienvenu dans la France de 2016! Bienvenu dans un pays où l'on peut pendant deux années relayer de fausses rumeurs et des histoires à mourir debout, sur un individu, en violant constamment la présomption d'innocence, sans que personne ou quasiment personne ne prenne sa défense. Devons-nous ajouter que pendant ces deux (bientôt trois) terribles années, Rachid n'a pas bénéficié de la protection fonctionnelle dont a droit tout fonctionnaire dans un tel cas? Protection pourtant demandée! Le plus terrible dans cette affaire, c'est qu'à l'abri du directeur de l'IUT, shooté aux médias, de petits manœuvriers politiques ont continué leur sale besogne, car eux ces histoires d'islamisme à vrai dire ils s'en fichaient. C'était juste l'écran de fumée qui leur permettait, quasi incognito, de finir leur travail de démolition ; ils n'avaient qu'un seul objectif : éradiquer le syndicat indépendant. Ce sont eux les véritables instigateurs de cette manipulation et il faut espérer qu'ils rendent des comptes un jour à la justice!

Ce pays où cette invraisemblable affaire s'est déroulée, c'est mon pays, notre pays, et cette affaire révèle qu'il se porte mal, très mal...
Alors pourquoi ce silence ? Pourquoi Rachid Zouhhad n'a pas été défendu ? Pourquoi même lorsque la vérité a commencé à poindre, la presse est-elle restée si silencieuse et si parcimonieuse dans le relai d'informations qui révélaient le rôle trouble joué par le directeur de l'IUT?
Pourquoi aujourd'hui encore, continue-t-il d’être harcelé par une administration qui dans cette affaire n’a pas été neutre et encore moins indépendante ?
Comment se fait-il que cette gauche bien-pensante, qui n'hésite pas à se mobiliser pour des personnes sur qui pèsent de forts soupçons d'assassinat (affaire Battisti), est-elle restée, elle aussi, si silencieuse sur cette odieuse affaire?
Pourquoi encore la droite n'a-t-elle pas défendu Rachid Zouhhad, alors qu'il est l'incarnation même de l'intégration à la française, qu'il n'a aucune sympathie pour le communautarisme et qu'il a un rapport quasi barrésien avec son pays ?
Pourquoi alors que cet homme intègre a été membre du CNU (Conseil National des Universités, en charge des qualifications et des promotions des enseignants-chercheurs ) pendant de nombreuses années et je peux témoigner alors qu'il était apprécié de beaucoup de ses membres, n'a-t-il pas fait l'objet d'un communiqué officiel de soutien, mettant en avant la présomption d'innocence ?
Car la vérité est là, terrifiante : pendant ces deux années et demie de lynchage sans précédent, Rachid Zouhhad a été bien esseulé et les gens qui l'ont effectivement défendu peuvent se compter sur les doigts des deux mains. Encore aujourd'hui et malgré tous les rebondissements derniers, aucun média ne se presse pour réhabiliter notre collègue et esquisser un début de mea culpa, pourquoi ?

Alors bien sûr, tous pourront arguer que c'est le rapport IGAENR qui les a convaincus du bien-fondé des accusations du directeur de l'IUT. Mais une lecture même rapide dudit rapport (mis en ligne très rapidement, mais dans sa seule partie accusatoire) aurait dû légitimement susciter quelques doutes. Comme l'avait justement fait remarquer le Président de l’Université Paris 13, Jean Loup Salzmann à l'époque, c'était d'abord et avant tout un rapport à charge sans aucune discussion et avec des conclusions péremptoires aucunement fondées sur des faits. Un rapport caricatural qui reprenait les calculs farfelus du directeur de l'IUT et qui sera d'ailleurs contesté et cette fois-ci de manière argumentée par le rapport financier interne de l'Université Paris 13. Nul besoin d'être un expert de la chose administrative pour se rendre compte que ce rapport était tout sauf impartial ! Et puis nos journalistes ont-ils la mémoire courte ? Ne se souviennent-ils pas du rapport de l'inspection générale des services judiciaires lors de l'affaire du procureur de Montgolfier aux prises avec le juge Renard qui concluait que le premier affabulait ! Rapport qui fut démenti peu de temps après. Rapport qui avait été aussi et dans des temps records mis sur le site du ministère de la Justice ! Mais à l'époque, un journaliste de Libération avait mis en doute l'impartialité de certains rapporteurs et parlé d'un possible conflit d'intérêts. Là, rien de tout cela, si c'est l'IGAENR qui le dit ! Mais l'IGAENR a énoncé des contre-vérités et les faits ultérieurs l'ont démontré, alors pourquoi ce silence à son sujet ? Pourquoi la question de possibles conflits d’intérêts n'a-t-elle jamais été évoquée ? L'IGAENR a toutefois bon dos, la vérité c'est que personne n'avait envie de se mouiller pour Rachid Zouhhad. Pour les bien-pensants, notre homme avait trois tares : en premier lieu il n'appartient pas au camp du bien (ça commence mal), en second lieu, il n'est pas communautariste pour un sou (là, Rachid, t'aggraves ton cas, mec) et enfin cerise sur l’échafaud, il déteste la "victimisation" (Rachid, là tu l'as bien cherché). Ce qui explique, d'ailleurs, que les sites « communautaires » n'ont que très peu relayé cette affaire. Car, eux, contrairement à la presse, ont bien compris que Rachid n'était pas un bon client!
Bref, ce n'est pas ici le bon arabe de service qu'affectionne tant, les bien-pensants. Eh oui, n’en déplaise à certains, Rachid Zouhhad a grandi dans cette France des années 60 et 70 où le vivre ensemble était une réalité et où l'on ne nous bassinait pas soir et matin avec la diversité, cette France tant honnie par certains intellectuels progressistes. Bref, pour cette bien-pensance, Rachid est le symbole de la France moisie et à ce titre il devait disparaître. Et en plus notre collègue et ami ne vient pas d'un milieu aisé, salaud de pauvre! Le cauchemar du progressiste branché ce Rachid ! Il est un fils de Michel Audiard et de la communale et non pas de Bourdieu ni de Meirieu (heureusement d'ailleurs, ce qui explique son écriture parfaite !).

Enfin, Rachid tu exagères, responsable local d'un syndicat indépendant, franchement tu l'as bien cherché ! Là tu accumules les tares, alors ne te plains pas ! Crève et tais-toi !
Et les conservateurs, me direz-vous, qu'ont-ils fait ? Rien ou presque, cela vous étonne ? Ils avaient leur capitaine Dreyfus et pouvaient agir en demandant des comptes aux autorités de l'État. Fidèles à eux-mêmes, ils sont restés aux abris. Seule une députée s'est manifestée, pour les autres, silence radio. Racisme déguisé ? Non, pire que cela ! Mépris social d'une catégorie majoritairement orléaniste, composée de fils de bonne famille qui n'aiment pas trop cette droite « racaille » plutôt gaullo-bonapartiste. Ces nostalgiques du temps des notables préféreront toujours envoyer à l'échafaud un innocent, plutôt que de mettre à mal leur respectabilité de pacotille. Ils ressemblent étrangement à tous ces personnages si bien décrits par Dumas dans le Comte de Monte-Cristo qui n’hésiteront pas à faire enfermer leur ancien ami au bagne, pour s'assurer de belles carrières.
Et puis il y a tous ceux qui savaient et qui se sont tus. Rachid Zouhhad connaissait beaucoup de monde et ses qualités humaines étaient appréciées de tous. Mais voilà, devant le déferlement médiatique, beaucoup sont rentrés tranquillement chez eux. Combien de fois ai-je entendu la justification propre aux lâches « il n'y a pas de fumée sans feu ». Certes, mais la question qu'il eût fallu se poser était celle-ci : qui a allumé le feu ? Qui l'a entretenu pour qu'il y ait beaucoup de fumée ?
Et puis pourquoi risquer sa carrière pour lui ? La nouvelle idéologie de notre pays c'est le TPMGisme (tout pour ma « gueule-isme ») badigeonné d'éthique. Il faut bien se donner bonne conscience, il faut être éthique, responsable et citoyen, mais surtout fermer les yeux quand un collègue avec un nom bizarre est victime d'une cabale d'autant plus quand beaucoup le savent. Cette distorsion entre l'inflation des mots et la parcimonie des actes devient insupportable. C'est peut-être là que réside le malaise français.
Malgré nos multiples relances et des éléments d'informations incontestables, notre pétition n'a jamais dépassé les 600 signataires, peut-on l'oublier ?
Pour le plus grand malheur de notre ami, la France des années 2000 n'est plus celle des années 1890. Les Péguy, Zola et Picquart ne sont plus. Chacun cherche à sauver sa peau, pas à sauver celle des autres. Cette affaire qui n'aurait dû durer que deux semaines a dépassé les deux ans et Rachid Zouhhad subit encore les vindictes de l'administration. Les conclusions des enquêtes policières ont-elles été rendues ? Toujours pas ! Étrange non ? Et la justice dans tout cela... Vous connaissez la réponse!

Si la vérité éclate, c'est la crédibilité de nos institutions qui sera mise à mal ! Et, bien entendu, ce moment de vérité personne n'a envie de le vivre ! Imaginez la séquence : pendant deux ans on a accablé un universitaire de toutes les turpitudes et à la fin on se rend compte que tout cela n'était que des racontars ! On passe vite à autre chose, mais surtout on n'esquisse même pas un mea culpa ! On détruit des vies, mais ce n'est pas grave, la notre de vie continue! E la nave va!
Rachid attendra ! Edmond Dantès a bien pourri 14 années au bagne!

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