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AFFAIRE DE L'IUT DE SAINT-DENIS: "LES PREUVES ACCABLANTES CONTRE SAMUEL MAYOL SERONT-ELLES ENFIN ENTENDUES PAR LA JUSTICE?"

Prix national de la laïcité décerné le 26 octobre dernier, à Samuel Mayol, encore directeur de l’IUT de Saint-Denis, en présence de Manuel Valls. Lui sera-t-il retiré à la lumière des derniers éléments prouvant sa manipulation? (Crédit photo : Zamanfrance.fr) Prix national de la laïcité décerné le 26 octobre dernier, à Samuel Mayol, encore directeur de l’IUT de Saint-Denis, en présence de Manuel Valls. Lui sera-t-il retiré à la lumière des derniers éléments prouvant sa manipulation? (Crédit photo : Zamanfrance.fr)

ACTE VI : Deuxième partie : Épilogue?

La seconde partie de l’interview exclusive de Rachid Zouhhad permet de verser de nouvelles preuves sur les agissements invraisemblables de M. Mayol et de ses comparses. Il apparaît que l'ex-directeur ne peut être considéré comme ayant agi seul et que les preuves qu'il se targuait de détenir pour démontrer l’existence des détournements de fonds, imputés à Rachid Zouhhad, relèvent en réalité d’une construction fictive et incohérente, qui n’a pas résisté à un examen sérieux des services de l’Université Paris 13. (cf : extraits exclusifs du rapport financier interne). Il s’agit là encore d’un acte qui pourrait valoir à M. Mayol et ceux qui l’ont aidé dans cette entreprise illicite, de devoir s’expliquer sur ces fausses preuves à partir desquelles ils ont exigé et obtenu la destitution d’un chef de département et ont proféré, devant les inspecteurs de l’IGAENR et à travers la presse, des accusations mensongères graves qui restent encore à ce jour lisibles sur internet. La justice doit enfin passer, mais encore faudrait-il que ceux qui s’y sont fermement opposés jusqu’à présent, daignent y consentir.
Une ultime question demeure toutefois pour Rachid Zouhhad ; combien de temps la sphère médiatico-politique protégera encore M. Mayol, lui évitant ainsi de répondre de ses actes devant la justice?

 

La Rédaction
 
 
Propos recueillis par Cédrik VIALA
 

LPLD.fr : Quid de la principale accusation de M. Mayol, reprise par la presse, le prétendu système de fausses factures et le détournement présumé des 200 000 euros ?

R.Zouhhad : Vous imaginez bien que cet aspect a été l’objet d’un examen particulièrement rigoureux et approfondi. Les services de l’Université ont produit un rapport de plus d’une trentaine de pages en septembre 2015. C’est un travail sérieux et méthodologiquement solide, à l’égard duquel le seul reproche que je pourrais faire tient au fait qu’il aurait pu être encore plus complet, si les services de l’Université avaient disposé de la totalité des informations demandées à M. Mayol et que celui-ci ne leur a pas fournies.
La conclusion de ce rapport avait été communiquée par l’Université et elle se résume simplement au fait qu’aucun centime n’a été payé à une quelconque personne qui ne l’ait mérité. Autrement dit, il n’y a pas eu de détournement de fonds ni de tentative de détournement.
Si l’on s’attarde un peu sur certains passages de ce rapport, on découvre alors le décalage qu’il y a entre, d’une part les déclarations tonitruantes et théâtrales de MM. Mayol, Vassallo, et leurs comparses et d’autre part, la réalité des faits relevés par les services de l’Université.
La première contradiction entre les propos de M. Mayol servis à l’Université et ceux repris par le rapport de la première mission de l’IGAENR surgit dès la page 3 dudit rapport:

Il ne faut guère aller plus loin qu’une dizaine de lignes de la même page pour relever un nouveau décalage :

Ainsi, concernant le tableau qui lui avait servi à fonder son accusation de détournements de fonds (196 000 euros souvent arrondis à 200 000), M. Mayol a d’abord affirmé aux services de l’Université qu’il en était l’unique auteur, alors qu’il avait dit le contraire aux inspecteurs de la première mission de l’IGAENR.
Le lendemain, il servait à ces mêmes services de l’Université l’inverse de ce qui leur avait déclaré la veille. On découvre également et au passage deux personnes qui ont activement œuvré à ses côtés et qui appartiennent certainement à ce que la seconde mission de l’IGAENR a qualifié de « premier cercle » ou « proches du directeur » (dépêche AEF)...

"L’IGAENR n’a procédé à aucune vérification pour établir le sérieux des affirmations de M. Mayol...et s’est manifestement contentée de reprendre les affirmations de M. Mayol et à sa suite, une presse qui n’a pas hésité à utiliser un travail aussi douteux pour m’accuser publiquement et nommément..."

Mais surtout, on découvre qu’aucune de ces personnes, pas plus que M. Mayol, n’a été en mesure de fournir des documents qui étaient à l’évidence nécessaires pour opérer le travail de quantification sur lequel a été fondée l’évaluation des prétendus « détournements de fonds ». Et le rapport des services de l’Université de mettre en évidence le fait que finalement l’IGAENR n’a procédé à aucune vérification pour établir le sérieux des affirmations de l'ex-directeur de l'IUT. L’IGAENR s’est manifestement contentée de reprendre les affirmations de M. Mayol et à sa suite, une presse qui n’a pas hésité à utiliser un travail aussi douteux pour m’accuser publiquement et nommément.

Toujours sur ce point, on peut légitimement soulever l’interrogation du recours par M. Mayol à deux fonctionnaires pour un travail qui ne relève nullement de leurs prérogatives. Si M. Mayol avait un doute quant à la légalité des faits, il pouvait saisir la Direction de l’Université ou, éventuellement, le Procureur de la République. Personnellement, j’aurais aimé que l’un de ces deux fonctionnaires ne laissât pas les étudiants dont il avait la responsabilité sans cours ni notes pendant presque un semestre et dans trois disciplines. Cela relève beaucoup plus de son travail et de ses obligations que les « contrôles » auxquels il s’est cru autorisé.

Enfin, on peut également s’interroger sur le fait qu’un tel travail ait été ou non rémunéré. Si tel est le cas, alors les deniers publics n’ont pas été utilisés comme ils devaient l’être. Si tel n’est pas le cas, on peut alors se demander ce qui a motivé ces deux fonctionnaires à faire un travail dont ils ne pouvaient ignorer l’usage qui allait en être fait par M. Mayol, en l’occurrence « se débarrasser » du collègue gênant qui était alors à la tête du Département TC.
Les services de l’Université reviennent de nouveau en page 4 et à l’aide d’une litote, sur l’absence de vérification par l’IGAENR des informations communiquées par M. Mayol et ses comparses :

La rigueur des services de l’Université s’est de nouveau heurtée à l’incohérence et à la légèreté du travail produit par M. Mayol et son équipe de contrôleurs improvisés, comme en témoigne la page 19 du rapport de ces services (le chef de département dont il s’agit dans ce passage et les suivants n'est autre que moi-même) :

Toujours sur la même page, les services de l’Université relèvent une nouvelle incohérence (VPCA signifie Vice-Présidente du Conseil d’Administration de l’Université Paris 13) :

Le passage suivant, tiré de la même page souligne une nouvelle fois encore le caractère incohérent du travail de l’équipe de M. Mayol :

Il en est ainsi ou presque tout au long de ce rapport. Sa conclusion suffit à comprendre que s’il y a une responsabilité à chercher dans le paiement effectif d’heures, c’est moins celle de ma personne qui n’était pas habilitée à le faire, que celle du directeur de l'IUT.
On ne peut que persister dans l’interrogation quant à la motivation de M. Mayol à transmettre aux services de l’Université un fichier global qui comporte des informations différentes de ce qu’il a été amené à valider pour une mise en paiement. La réponse se trouve peut-être dans l’arrêté pris par le Président de l’Université reconduisant la suspension de M. Mayol jusqu’en novembre 2016 qui comporte, entre autres motifs, la suspicion de l’organisation d’une « comptabilité occulte…, sur la base d’un fichier Excel, en dehors du logiciel de gestion des congés utilisé habituellement.. ». Était-ce également le cas pour les heures complémentaires payées sur ordre de M. Mayol ?

Le passage suivant tiré de la page 35 de ce rapport termine d’achever la démonstration soit d’une incompétence grave de M. Mayol et de son équipe, soit d’un montage incohérent destiné à servir les intérêts de certains de ses proches ainsi que des fins que l’on connait maintenant : obtenir la tête d’un Chef de Département susceptible de le gêner dans un projet personnel qui lui vaut aujourd’hui d’être déféré au disciplinaire. Peut-être que la réalité emprunte à ces deux motifs. C’est aussi ce travail qui a été relayé sans vérification sérieuse par l’IGAENR et une certaine presse et qui a fortement contribué à crédibiliser une campagne qui n’a pas manqué de faire le lien entre d’une part les origines, l’appartenance syndicale ou la religion supposées de plusieurs protagonistes et d’autre part des accusations dont les fameux détournements de fonds, dont on mesure maintenant la vacuité.

LPLD.fr : Vous avez également été déféré parce qu’il vous était reproché de ne pas avoir accompli votre service, avez-vous été sanctionné pour cela, comme la presse en a dernièrement fait état ?

R.Zouhhad : Non, je n’ai pas été sanctionné pour ce motif, contrairement à ce qu’affirme la presse en question. Cette accusation, également portée par M. Mayol, avait été relayée par l’IGAENR et a conduit à une procédure spécifique au terme de laquelle l’Université a décidé de procéder à la saisie d’une partie de mes salaires. J’ai été contraint de porter l’affaire devant le Tribunal Administratif de Montreuil. Finalement, l’Université a renoncé à poursuivre l’action à mon encontre en raison de l’absence des preuves nécessaires que M. Mayol n’a pas été capable de lui transmettre, malgré plusieurs relances, comme l’atteste l’extrait suivant du courrier reçu de l’Université en date de février 2016 :

Ce constat et la décision qu’il entraîne ont été confirmés et entérinés par le Tribunal Administratif de Montreuil par une décision de mars 2016, dont l’extrait suit :

Il faut voir dans ce nouvel épisode la manifestation de l’incapacité récurrente de M. Mayol et de ses proches à apporter des preuves sérieuses à l’appui des nombreuses accusations proférées et reprises dans la presse, après l’avoir été dans le premier rapport de l’IGAENR.
Il n’échappera à la mémoire de personne que toutes les menaces alléguées par M. Mayol (plus de 30) ou ses proches ainsi que les agressions tout autant alléguées, depuis plus de deux ans, n’ont donné lieu à aucune arrestation par la Police à ce jour. Cela ne peut que renforcer l’interrogation sur la crédibilité, tant de leurs déclarations que de leurs dénonciations. De là à considérer tout cela comme un énorme mensonge ou une opération de manipulation visant à tromper la presse, l’IGAENR, la Police et la communauté universitaire, il n’y a qu’un pas, qu’il appartiendra aux institutions judiciaires et disciplinaires d’éventuellement franchir. En tout cas, ce qui est maintenant incontestable, c’est que M. Mayol a menti, car il n’a pas été en mesure d’apporter les preuves de ses déclarations relatives à la non-réalisation de mon service. De même qu’il a également menti en imputant le même fait à l’un de mes collègues qui a été déféré devant le conseil disciplinaire de l’Université sur ce point seul, et qui en est sortie lavé de tout soupçon.

Le paradoxe, et non des moindres, réside dans le fait que M. Mayol ou ses proches ont accompli des actes ou créé des situations qui, lorsqu’ils m’étaient imputés, ont conduit au relèvement de mes fonctions de Chef de Département ou étaient dénoncés avec force comme motif grave et légitime pour demander ma sanction. Force est de constater qu’accomplis par eux, ces actes n’ont entraîné aucune sanction à ce jour.

 

LPLD.fr : Vous avez des exemples précis qui illustrent votre propos ?

R.Zouhhad : Prenons par exemple le reproche qui m’a été fait par M. Mayol et son clan et qui a été là encore repris tant par l’IGAENR que par la presse, mais aussi par le conseil disciplinaire de l’Université. Il s’agit de l’accusation selon laquelle j’aurais fait intervenir des enseignants vacataires (professionnels intervenant ponctuellement à l’IUT) sans contrat.
Les Administratrices provisoires nommées par M. Mayol, en l’occurrence Mmes Marie-Hélène Vigliano-Feguir et Lilia Smaoui-Maalej, avouaient dans un courriel datant du mois de décembre 2015 (reproduit ci-dessous), que seuls trois contrats (comprendre de vacataires) sur 58 étaient signés à ce moment-là. Et de préciser s’il fallait demander aux autres (comprendre les 55 vacataires sans contrat) d’arrêter leurs cours ?

-------- Message original --------
Sujet: Re : Re: problème vacataires
Date : Dec 2015 10:12:23 +0100 (CET)
De : tc-dir tc-dir XXXXXXXXXXXXXXXXX
Pour : XXXXXXXXXXXXXXXXXXX
Copie à XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX

Donc on fait quoi ? Nous on a 3 contrats signés sur 58 ! On demande aux autres d'arrêter leurs cours ? Ça serait plus juste par rapport à cet enseignant qui a été écarté. Franchement je ne peux appeler ça qu'une chasse à la sorcière sinon.

Il paraît évident à la lecture de ce courriel, que l’ensemble des vacataires mentionnés, avait déjà entamé ou accompli une partie de leurs cours. On est donc en présence d’une situation où des Administratrices Provisoires avouent que près de 95 % des vacataires dont elles ont accepté l’intervention dans le Département TC n’ont aucun contrat. Il s’agit de la même situation que celle qui m’a conduit devant le conseil disciplinaire de l’Université, voué aux gémonies dans la presse ainsi que dans le rapport de l’IGAENR.

Or, ces deux personnes, qui appartiennent à ce que les inspectrices de la seconde mission de l’IGAENR ont désigné comme étant le « premier cercle » (dépêche AEF), n’ont été nullement inquiétées pour ce fait, connu de nombreux collègues de l’IUT. L’un des passages de ce courriel qui parle de justice à propos d’un enseignant vacataire paraît presque cocasse, lorsque l'on se remémore le déroulement des faits qui est empreint de tout, sauf de justice. Le poète et comique latin Térence résumait bien la situation dans le « bourreau de soi-même » : « Que d'autres aient un droit ne veut pas dire que tu l'aies. ». C’est évidemment à l’opposé du principe d’égalité.

Enfin, on ne peut manquer de relever l’interrogation soulevée : en l’occurrence s’il faut ou non demander aux vacataires d’arrêter leurs cours. Cela n’a pas été fait et l’Administrateur provisoire s’est bien gardé de le faire ou de débarquer brutalement lesdits vacataires, comme l’avait fait M. Mayol. Je crois utile de rappeler que la conséquence en a été une quasi-paralysie du fonctionnement du Département TC. Ensuite, il a été commode d’imputer cela à ma personne et à d’autres collègues.

 

LPLD.fr : Pensez-vous que M. Mayol qui s’est déclaré candidat à la Présidence de l’Université Paris 13 ait des chances sérieuses d’être élu, cela vous inquiète-t-il ?

R.Zouhhad : Il a tout à fait le droit d’être candidat, comme tout collègue de l’Université. Cependant, je ne pense pas qu’il ait une réelle chance d’être élu. Seuls les prétendants soutenus par une ou plusieurs listes de candidats au Conseil d’Administration (C.A.) peuvent sérieusement y aspirer. Or, M. Mayol n’a manifestement pas réussi à constituer les listes de candidats à ce C.A. Il a organisé une réunion publique sur la place du 8 mai 1945 à Saint-Denis pour tenter de susciter des adhésions, mais il semble que le nombre de collègues présents pouvait tenir sur un selfie. Ils n’étaient guère plus de quatre.

"En cette période tourmentée, il est probablement plus facile d’accabler de prétendus islamistes, sexistes, claniques, etc. pour des délits imaginaires, plutôt que de les défendre pour une innocence réelle!"

LPLD.fr : Les médias sont-ils toujours aussi véhéments avec vous, je pense,tout particulièrement, à une chaine d’info continue et à son animateur, mais également à un média numérique qui a été constant dans le soutien apporté à M. Mayol ?

R.Zouhhad : Votre question me rappelle la formule de Amine Maalouf qui illustre bien la situation actuelle de nos médias : « Les médias reflètent ce que disent les gens, les gens reflètent ce que disent les médias. Ne va-t-on jamais se lasser de cet abrutissant jeu de miroirs?».

De façon plus précise, l’attitude de ces médias est pour le moins étonnante. Alors qu’ils avaient donné à plusieurs reprises une tribune à messieurs Mayol et Vassallo et consorts pour proférer leurs accusations, ils semblent soudainement devenus muets. Aucun d’entre eux n’est revenu sur ces accusations, quand bien même les preuves du contraire de celles-ci sont devenues maintenant indiscutables. Quand bien même le dernier rapport de l’IGAENR revient sur certaines des accusations du premier. Leur verdict prononcé au nom de la légitimité qu’ils tirent du nombre de spectateurs, auditeurs ou lecteurs, sans cesse en baisse d’ailleurs, est sans appel.

Ces médias n’évoquent que du bout des lèvres les faits qui prouvent le contraire de ce qu’ils ont asséné depuis des mois. Ils n’osent pas écorner l’image de héraut de M. Mayol qu’ils ont d’ailleurs contribué à forger en déformant la réalité, voire en la créant de toute pièce. Il semble impossible pour eux d’écrire ou d’avouer que M. Mayol est peut-être le pourvoyeur des tapis de l’IUT ; qu’il est à l’origine avec ses comparses de la fabrication des fausses preuves, des détournements de fonds allégués ; qu’il est peut-être à l’origine d’une carambouille qui n’avait d’autre visée que de s’enrichir en y associant un autre membre de sa famille ; que son combat contre « l’islamisme » et pour le respect de la « laïcité » n’était peut-être et à tout le moins, qu’un paravent de circonstance pour dissimuler une recherche de profit personnel et au mieux, le moyen le plus adapté au contexte pour bénéficier des relais médias nécessaires au lancement d’une carrière politique à laquelle il semblait aspirer depuis longtemps. D’ailleurs, certains de ces relais persistent dans le déni de son éventuelle culpabilité et plus encore dans celui de l’innocence de ceux qu’il a accusés, en dépit des décisions et jugements qui s’accumulent et qui consacrent celle-ci.

Aucun média ou presque n’a relevé les derniers « dérapages » de M. Mayol. Pourtant, plusieurs collègues s’étaient manifestés par le passé pour tenter d’attirer l’attention sur le sens réel des décisions et déclarations de M. Mayol. L’un d’eux vient d’ailleurs d’être sanctionné par le conseil disciplinaire de l’Université pour l’avoir exprimé sur Twitter. Aucune réaction du ministère de l'Éducation nationale, alors qu’il vient de consacrer officiellement et à grand renfort de médias une semaine contre le racisme et l’antisémitisme! Nous savons désormais que l’on peut tenir des propos nauséabonds comme l'a fait M. Mayol dans la presse, allant jusqu'à déclarer que : « l’on est dans une ambiance méditerranéenne » ou bien encore que « sur les 26 vacataires embauchés par Rachid Zouhhad, qu’on n’a jamais vus, 23 étaient musulmans » (déclaration relayée dans un article de l’Obs de C. Brizzard daté du 11 mars dernier), puisque de toute façon, les mensonges et autres inexactitudes trouvent des relais… Car oui, que risque-t-on pour de tels propos ? À tout le moins, rien. Au mieux, un autre prix de la laïcité comme récompense!"

Peu importe que M. Zouhhad n’ait pas recruté les 26 vacataires en question, nous n’en sommes plus à une approximation ou un mensonge près! Ce qui importe c’est de savoir à partir de quelles informations ou de quels fichiers, dès fois qu’il en existerait un, M. Mayol peut-il déterminer la religion, réelle ou supposée, de l’un ou l’autre des intervenants à l’IUT et si cela relève ou non de ce qui tombe sous le coup de la Loi.

Ce qui accentue le malaise devant une telle déclaration, c’est que M. Mayol affirme en substance que personne n’a vu ces vacataires, alors comment est-il parvenu à déterminer qu’une grande partie est musulmane ? Aucun média n’a relevé cela, c’est hallucinant! Aucune autorité n’a relevé le fait que cette déclaration émane d’un fonctionnaire de l’État. Quid également du Ministère : la campagne contre le racisme et l’antisémitisme suffit-elle à se donner bonne conscience et à s’affranchir de toute action concrète pour lutter contre ce fléau ? En tout cas et à ce jour, aucune réaction de qui que ce soit, n’a eu lieu...

Où sont les médias qui hurlaient hier avec la meute ? Où sont les animateurs de ces médias numériques , ou chaînes d’info continue qui hier ou plus récemment encore, nous invitaient à sortir nos mouchoirs pour pleurer sur le sort d’une personne dont toutes les allégations n’ont été étayées par aucune preuve soumise à un examen sérieux ou qui ont été purement et simplement contredites par les faits recoupés et vérifiés ? En cette période tourmentée, il est probablement plus facile d’accabler de prétendus islamistes, sexistes, claniques, etc. pour des délits imaginaires, plutôt que de les défendre pour une innocence réelle! Est-ce que les partisans inconditionnels et les cautions morales de M. Mayol le soutiennent encore, quand il déclare s’agissant de personnes « que l’on » a jamais vu, qu’elles sont « musulmanes » ? Est-ce cette laïcité que l’on a primée devant une assemblée prestigieuse, dont le Premier ministre Manuel Valls? Est-ce cette attitude et cette considération d’autrui que ses soutiens souhaiteraient que les fonctionnaires adoptent ? Est-ce qu’une telle attitude est conforme aux valeurs républicaines que ces mêmes soutiens prétendent défendre et promouvoir ?

Mon indignation aurait été la même dès lors que des personnes, quelles qu’elles soient, sont stigmatisées sur le fondement de critères de même nature...

"Ma réclamation a toujours été... que les investigations nécessaires soient effectuées afin que chacune et chacun assument ses responsabilités et que le passé soit définitivement derrière et ne reviennent plus dans le présent ou l’avenir de l’IUT, comme c’est encore le cas aujourd’hui"

LPLD.fr : Depuis les nombreux rebondissements de ces dernières semaines les mentalités ont-elles changé à votre propos sur le campus et dans l’opinion?

R.Zouhhad : les décisions de la Présidence de l’Université de suspendre M. Mayol puis de reconduire cette suspension ont créé un électrochoc, qui a amené la communauté universitaire et au-delà, à prêter plus d’attention à l’ensemble de l’affaire. Les collègues de l’Université m’interpellent de plus en plus fréquemment et semblent être demandeurs de plus d’informations et n’hésitent pas à engager l’échange pour bien saisir les tenants et les aboutissants de cette affaire. Cela démontre une démarche délibérée des collègues de se construire leur propre vision de l’affaire et de rejeter toute tentative de manipulation.

 

LPLD.fr : À vous entendre, on a l’impression que vous souhaiteriez le départ ou la mise à l’écart des proches de M. Mayol qui sont encore en poste à l’IUT ?

R.Zouhhad : Ce n’est ni mon souhait ni mon objectif. Il m’apparaît simplement nécessaire d’en appeler à une certaine cohérence : le second rapport de l’IGAENR, tel qu’il a été rapporté par l’AEF, fait clairement état d’un groupe de personnes qui étaient très proches de M. Mayol et que l’inspection a désigné à partir des déclarations des collègues comme étant le « premier cercle ». Qui peut imaginer un instant que ce qui a justifié la suspension de M. Mayol n’ait été que le seul fait de celui-ci ? Qui peut imaginer que les nombreux faits qui ont émaillé ce triste feuilleton ne soient intimement connus d’aucune des personnes de ce « premier cercle » ou qu’aucune d’entre elles ne soit associée à un titre ou à un autre à ces faits ?

Ma réclamation a toujours été que les investigations nécessaires soient effectuées afin que chacune et chacun assument ses responsabilités, et que le passé soit définitivement derrière pour ne plus revenir polluer le présent ou l’avenir de l’IUT, comme c’est encore le cas aujourd’hui.
La situation actuelle où l’on se contente d’un consensus de façade sur le fait que M. Mayol ait été le seul responsable, conduit à la résurgence de comportements qui mettront encore à mal l’institution. J’en veux pour preuve le fait que l’une des collègues du « premier cercle » a de nouveau tenté de contraindre des étudiants du département TC à signer une pétition contre l’un de mes deux collègues, dont le déferrement récent au disciplinaire ne semble pas avoir suffisamment étanché sa soif de revanche, si ce n’est de vengeance.

Les étudiants ont refusé de produire une telle pétition et c’est heureux. Mais cela démontre que les méthodes utilisées par le passé n’ont pas disparu. Le service d’un fonctionnaire attend depuis plus de cinq mois d’être « normalement » fixé afin d’être exécuté. C’est la troisième année consécutive qu’il est l’objet d’une entrave dans la définition ou la réalisation de son service. La direction du Département préfère payer en heures complémentaires un autre collègue permanent et un vacataire, plutôt que d’économiser ces deniers publics tout en permettant à ce fonctionnaire de faire le service qu’il doit et qui lui est dû.

Ce fonctionnaire n’est autre que moi-même. La direction du Département en question est assurée par une personne appartenant au « premier cercle ». On comprend bien que de tels agissements ne sont pas guidés par la préservation de l’intérêt du département ou de l’IUT, mais traduisent la manifestation du comportement d’une personne qui a été associée par le passé à l’entreprise de M. Mayol qui visait à concocter les preuves d’un détournement de fonds, qui n’ont pas résisté à l’épreuve d’un examen sérieux des services de l’Université. Cela peut susciter l’envie de s’acharner après celui dont l'élimination a échoué...

L’urgence de la situation commandait d’agir rapidement pour trouver une solution, c’est ce que j’ai demandé par écrit. Ce qui m’a été proposé par l’Administration provisoire; c’est de me recevoir dans un mois ou presque!
Concernant cette même chef du département TC, les collègues attendent toujours qu’elle fasse état de son parcours universitaire, comme c’est traditionnellement le cas lorsqu’on est candidat à la direction d’un Département ou toute autre fonction de l’Université. Elle n’en a rien fait à ce jour et certains collègues se posent la question et ont demandé par écrit à l’Administration de l’Université que son C.V. soit porté à leur connaissance, puisqu’elle s’y refuse. Les collègues souhaitent simplement savoir si cette chef du département TC a au moins un master, une maîtrise ou une licence ? À défaut, a-t-elle un diplôme universitaire reconnu en France qui soit à tout le moins égal au niveau du diplôme délivré à nos étudiants auxquels elle prodigue des enseignements, en l’occurrence un Bac+2 ou 3 ?
Cet aspect n’est pas anecdotique, mais relève d’un principe fondamental dans notre institution, dont l’intérêt n’échappera pas aux parents d’élèves ou étudiants que nous sommes toutes et tous : un enseignant doit posséder un diplôme de niveau supérieur à celui des étudiants à qui il enseigne.

L’Omerta sur le parcours universitaire de cette responsable de département soulève quelques inquiétudes quant à sa crédibilité dans la représentation de notre institution, dont tous les membres enseignants ou enseignants chercheurs ont à tout le moins des bac+4 et sont presque toutes et tous lauréats de concours tels que le CAPES, l’Agrégation des lycées, la Maîtrise de conférences ou, pour le plus haut grade dans la fonction d’enseignant-chercheur, celui de professorat des Universités.
Cet aspect rejoint celui déjà soulevé par le passé dans nos échanges et concernant un vacataire « photographe » de son état, qui ne semblait pas posséder les titres et compétences pour intervenir à l’IUT. Après avoir été remercié par l’Administration centrale, puis rappelé par on ne sait qui, il a été de nouveau remercié et est de nouveau revenu. Depuis, il a participé à des soutenances de travaux des étudiants qui portent sur des sujets qui requièrent quelques compétences en gestion. Ceci n’est pas ignoré de l’Administration, est-ce que cela a donné lieu à une action dans l’intérêt de l’institution et des étudiants ? Aucunement. La seule chose qui ait été proposée pour peut-être exploiter les compétences photographiques de ce vacataire est une séance de « shooting », comme l’indique le courriel suivant :

tc-adm tc-adm <Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.>
À tc-dir tc-dir
fév 5 à 12h30 PM

Bonjour à Tous Vous êtes TOUS conviés à la séance de shooting. Choisissez le créneau horaire qui vous convient. Participez ! Soyez sur notre poster ! Ayez votre portrait façon "Harcourt" ! http://doodle.com/poll/4qq4tfh2p6bgenv6 En pièces jointes, quelques exemples.
Cordialement
XXXXXXXXXXXXX

Franchement, je ne pense pas que l’attente de nos étudiants soit d’avoir des enseignants qui posent comme des stars sur des photos en noir et blanc faites à la façon de Henri Alekan. De surcroît, on peut légitimement se demander si c’est cette activité justifie le retour et la rémunération d’un vacataire dont les compétences ne font pas partie de celles qui sont nécessaires à la formation de nos étudiants.

On voit bien ici que ce qui est demandé n’est pas d’écarter X ou Y mais de remettre lucidement à plat certains aspects du fonctionnement de notre institution et d’avoir le courage de s’atteler à la résolution des vrais problèmes. De même, et en lien avec les événements évoqués, je crois vraiment utile de ne pas s’exonérer de l’effort nécessaire à la mise à jour des responsabilités, quel que le soit le fait considéré et quelle que soit l’entité en charge de l’investigation : l’Université, la Police, la Justice ou l’association des trois.

"L’un de nos collègues a été suspendu pendant sept mois, jusqu’au terme de la procédure disciplinaire et personne...ne s’en est ému. La même mesure est perçue comme insupportable lorsqu’elle affecte M. Mayol..."

LPLD.fr : Doit-on comprendre que vous demandez une troisième enquête de l’IGAENR ?

R.Zouhhad : Non. De surcroît, je ne crois pas cela possible pour plusieurs raisons, dont la principale est le fait que cela conduirait à une enquête de l’IGAENR qui porterait inévitablement et en partie sur les actes accomplis par l’Administrateur Provisoire qui appartient également au corps de l’IGAENR. Ainsi, ce corps se retrouverait d’une façon ou d’une autre dans une situation où il devrait évaluer ou juger l’un des siens.

 

LPLD.fr : Et l’intérêt des étudiants dans tout cela à l'heure ou le chômage des jeunes explose?

R.Zouhhad : Tout ce qui est fait pour faire en sorte que l’institution puisse fonctionner au mieux sert l’intérêt des étudiants. C’est d’autant plus nécessaire que pour beaucoup, une formation solide et reconnue, est le principal atout pour accéder à un emploi et en vivre ensuite correctement. Beaucoup de jeunes ne disposent pas des réseaux familiaux nécessaires pour faciliter leur insertion et un bon diplôme reste encore aujourd'hui la meilleure garantie pour pallier un tel handicap.
C’est encore leur intérêt qui est présent à l’esprit de beaucoup de collègues lorsqu’ils font état des conditions de travail et d’études. Plusieurs salles de travaux pratiques sont actuellement fermées ou ne présentent plus de garanties suffisantes quant à la sécurité tant des personnels que des étudiants. Les matériaux manipulés présentent un danger pour leur sécurité et celle des collègues. Cet aspect doit être urgemment réglé et plusieurs collègues n’ont de cesse de le rappeler, or rien n’a été fait à ce jour. C’est à cela que doivent s’atteler l’Administration provisoire et l’Université, sans attendre de devoir le faire sous la contrainte de la survenance d’un accident grave avec les conséquences humaines que cela ne manquera pas d’avoir.

 

LPLD.fr : Comment expliquez-vous le maintien du soutien apporté à M. Mayol par le Secrétaire général du syndicat auquel il appartient, qui a adressé récemment un courrier à la ministre pour demander sa réhabilitation et dénoncer l’acharnement du Président de l’Université à son égard en raison de la reconduction de sa suspension jusqu’en novembre 2016?

R.Zouhhad : Je constate une nouvelle fois qu’il y a en l’espèce un constant « deux poids, deux mesures ». L’un de nos collègues a été suspendu pendant sept mois, jusqu’au terme de la procédure disciplinaire et personne ne l’a plaint et ne s’en est ému. La même mesure est perçue comme insupportable lorsqu’elle affecte M. Mayol. Je crois qu’il faut également rafraîchir les mémoires de certains sur l’acharnement dont a fait preuve M. Mayol à l’égard de ce collègue. Il a envoyé à plusieurs reprises la sécurité de l’IUT pour demander à ce collègue, fonctionnaire en poste dans l’établissement, d’en sortir immédiatement, alors qu’aucune interdiction ne pesait sur lui à ces moments-là.

Cela, on ne peut le contester, car j’y ai assisté et suis intervenu pour demander de justifier l’ordre dont les agents de sécurité se prévalaient. Je rappelle qu’à cette occasion précise, la Responsable administrative d’alors qui agissait sur ordre de M. Mayol n’a pas hésité à me mentir en affirmant que l’ordre lui venait du Directeur général des Services de l’Université (DGS) et qu’elle se contentait d’appliquer les termes d’un arrêté qui interdisait l’accès à ce collègue. Manque de chance pour elle, j’avais connaissance de l’arrêté qui ne comportait aucune interdiction d’accès aux locaux de l’IUT pour cet enseignant. Double malchance, car j’ai également contacté le DGS devant elle, qui m’a confirmé qu’il n’y avait aucune interdiction d’accès aux locaux qui pesait alors sur mon collègue. Si l’on est soucieux du respect des règles et des personnes, il ne faudrait pas que cela soit à géométrie variable, plus encore lorsqu’on est syndicaliste.

M. Mayol a appliqué à autrui, de façon discrétionnaire et sans fondement légal, ce dont il est l’objet et qui s’inscrit dans le cadre strict d’une procédure régulière. Il peut la contester, c’est son droit, mais il doit avoir la pudeur de ne pas se plaindre quand il a fait subir à d’autres le même traitement sans avoir pris l’élémentaire précaution de s’entourer des garanties légales dont il bénéficie aujourd’hui.

Culpabilité systématique dans un cas et innocence automatique dans l’autre, c’est cela le deux poids, deux mesures.
Concernant l’interdiction dont il est l’objet de la part du Président de l’Université, une fois encore M. Mayol a la possibilité de la contester et s’il venait à avoir gain de cause devant la justice, il pourra naturellement exiger l’application de ce jugement. En cela, il ne faudrait pas oublier que la même justice avait condamné l’Université le 24 mars 2015 pour un acte accompli par M. Mayol et qu’il n’a jamais exécuté sa décision. « Voilà l'homme tout entier, s'en prenant à sa chaussure alors que c'est son pied le coupable. » (Samuel Beckett).
Il y a un aspect qui a échappé au Secrétaire général et à son syndicat, c’est l’effet positif de cette décision du Président de l’Université. Je ne parle pas de celui ressenti par les personnels de l’IUT, déjà évoqué. Non, je pense au fait qu’il a échappé à beaucoup, que depuis sa première suspension en novembre 2015, et jusqu’à ce jour, il n’a plus été rapporté par M. Mayol de faits de menaces ou d’agressions sur sa personne.

Il convient de se souvenir que lorsqu’il était en fonction, c’est en moyenne près d’une à deux menaces par mois qu’il prétendait recevoir, et dont on n’a jamais trouvé les auteurs, pas plus d’ailleurs que ceux des agressions tout autant alléguées. On peut donc reconnaître à la décision de suspension de M. Mayol une conséquence heureuse pour lui, c’est la disparition pure et simple des menaces et agressions dont M. Mayol nous faisait part à grand renfort de médias et dont les auteurs pointent toujours aux abonnés absents. Si l’on s’en tient à ce constat, la reconduite de sa suspension jusqu’en novembre 2016 devrait lui permettre d’être à l’abri de toute nouvelle menace ou agression.

 

LPLD.fr : Mais s’agissant du maintien du soutien du Secrétaire général de ce syndicat à M. Mayol, vous paraît-il justifié ?

R.Zouhhad : Il est dans son rôle qui est celui de défendre ses adhérents. Mais il était également dans son rôle de défendre les collègues même non adhérents de son syndicat lorsqu’ils subissent une injustice ou un traitement inique. Je ne l’ai pas entendu à cette occasion. Défendra-t-il encore M. Mayol si celui-ci quittait son syndicat pour en rejoindre un autre, comme il a essayé de le faire il n’y a pas si longtemps en compagnie de l’un de ses plus fidèles soutiens ?
À ce collègue Secrétaire général, que je respecte en tant que tel, aux membres de ce syndicat dans lequel je compte de nombreux amis, je voudrais juste rappeler cette citation : « Les passions peuvent me conduire, mais elles ne sauraient m'aveugler » (Marie-Madeleine de La Fayette, La Princesse de Clèves).

"Nous sommes en avril 2016 et M. Christofol,... persiste à soutenir M. Mayol alors que toutes les accusations de ce dernier ont été purement et simplement balayées par le conseil disciplinaire de l’Université et par les investigations de la Police"

J’ai de plus en plus le sentiment qu’ils ont été dupés et sont depuis dans une situation de déni de réalité. Il faut se rappeler que le SG de ce syndicat déclarait dans la presse en mai 2015 : « le document (s’agissant du premier rapport de l’IGAENR) confirme tous les faits dénoncés par Samuel Mayol ». D’ajouter : « le montant des heures indues équivalent à 4 000 heures soit environ 200 000 euros est confirmé à l’heure près ». Et enfin de conclure : « aucune hypothèse sur l’utilisation de ces fonds n’a été confirmée ». Il s’est même aventuré à avancer plusieurs hypothèses, quant à la destination de ce qui était alors considéré comme un « détournement de fonds » : « l’enrichissement personnel, le financement syndical ou le financement d’une association religieuse ».
Nous sommes en avril 2016 et M. Christofol, puisque ce sont ses déclarations dont il s’agit, a maintenant toutes les réponses à ses interrogations ! Pourtant il persiste à soutenir M. Mayol alors que toutes les accusations de ce dernier ont été purement et simplement balayées par le conseil disciplinaire de l’Université et par les investigations de la Police. Plus encore, aucune des allégations de menaces et d’agressions de M. Mayol n’a été confirmée par une quelconque institution : Police, Justice ou conseil disciplinaire de l’Université. A contrario, des suspicions sérieuses pèsent dorénavant sur l'ex-directeur de l'IUT et seront examinées par le conseil disciplinaire, dans l’attente peut-être de devoir en répondre devant la police et la justice.

Donc, pas de sexisme, pas de communautarisme, pas de détournements de fonds, pas d’enrichissement personnel, pas de versement de fonds à un quelconque syndicat parce qu’ils n’ont jamais été détournés ni même de versement à une quelconque association, religieuse ou non. En revanche, M. Christofol s’interrogera-t-il à voix haute pour savoir si c’est au nom ou au profit d’une association religieuse que M. Mayol a tenté de déposer des tapis dans un local, si l’on en croit l’accusation portée par l’Université à son encontre ? M. Christofol, s’interrogera-t-il de la même façon sur les conditions de passation de la convention avec le CODIS dans lequel travaille l’épouse de M Mayol ? S’interrogera-t-il tout autant sur le détournement de fonds public et sa destination, personnelle ou syndicale, dont M. Mayol est suspecté, si l’on en croit l’arrêté de suspension de l’Université ?

Mais, et surtout, est-ce que M. Christofol, qui est assurément aussi attaché que le sont tous nos collègues et moi-même aux valeurs républicaines, apportera-t-il encore son soutien à M. Mayol lorsque celui-ci déclare :
« Sur les 26 vacataires embauchés par Rachid Zouhhad, qu’on n’a jamais vus, 23 étaient musulmans ».
Je ne pense pas que ce type de propos s’inscrive dans le cadre des valeurs que M. Christofol et son syndicat défendent et promeuvent. La question est alors de savoir s’il les condamne ou non?
Enfin, M. Christofol, déclare dans sa lettre à la ministre en date du 24 mars 2016 que :
« Cet avis est renforcé par la nature des fuites transmises à l’AFP, du prochain rapport de l’IGAENR sur la gestion de l’IUT de Saint-Denis qui tendent à discréditer la gestion de notre collègue sans faire part d’autres points plus élogieux relatifs à l’exercice de ses fonctions.»
A-t-il oublié que le collègue qu’il défend, M. Mayol, a été lui-même à l’origine de la fuite du premier rapport de l’IGAENR, comme l’a déclaré l’Association ANTICOR dans la presse en octobre 2015. De même, que M. Mayol a été le principal acteur de la campagne médiatique menée contre ma personne, qui a duré plus d’un an et demi, et qu’il a lancée en mai 2014 par l’entremise de l’animateur d’une grande radio nationale, dans laquelle j’ai été à maintes reprises nommément désigné comme le responsable de toutes ses allégations en violation totale de la présomption d’innocence. Cette campagne était fondée sur des accusations graves et mensongères, on le sait maintenant, de façon sûre et définitive. Est-il prêt à le reconnaître maintenant ? M. Mayol a-t-il rendu visite à plusieurs reprises à l’association ANTICOR, à la DGSI ou au Ministère pour évoquer des points « élogieux relatifs à l’exercice de ma fonction » ?

 

LPLD.fr : Vous semblez, malgré les nombreuses preuves, être victime d'un véritable parti pris contre vous, non?

R.Zouhhad : Toujours concernant le reproche fait à l’exploitation par les médias des fuites relatives au rapport de la seconde mission de l’IGAENR, celui de ne pas faire la part des aspects positifs à mettre à l’actif de la gestion de M. Mayol, je me demande si le SG du syndicat en question a ou non pris connaissance des rapports internes de l’Université fondés sur les déclarations des collègues de l’IUT, qui font état d’une situation où beaucoup ont subi des menaces, intimidations et autres méthodes mises au crédit de M. Mayol et de ce qu’ils ont qualifié de « premier cercle » et qui a semble-t-il été repris par le rapport de l’inspection (selon l’AEF) ? M. Christofol a pris connaissance dans les parties précédentes du présent échange des extraits du rapport financier établi par les services de l’Université Paris 13. Il y a peut-être découvert des aspects dignes d’éloges quant aux méthodes de M. Mayol et de son équipe, notamment dans la fabrication des preuves qui lui ont servi à porter les accusations de détournement de fonds à mon sujet.
Tout le monde l’aura compris, cette interpellation à destination de M. Christofol ne vise nullement sa personne ou l’action menée par son syndicat en dehors de cette affaire. Elle est juste destinée à l’inviter à vérifier les informations qui lui ont été transmises et qui pourraient l’avoir induit en erreur, tout comme le syndicat qu’il représente.

En dernier lieu, je ne peux que m’interroger sur l’objet de cette démarche qui me semble être destinée à éviter à M. Mayol une épreuve que d’autres ont eu à subir à sa demande, car faut-il le rappeler, c’est M. Mayol qui a demandé leurs déferrements devant le conseil disciplinaire. Il est légitime de s’interroger sur le sens d’une telle démarche ou de ce qui peut ressembler à une protection, car M. Mayol semble déjà bénéficier d’une bienveillance exceptionnelle, peut être due à des appuis bien plus puissants et efficaces que ceux d’un syndicat et qui lui ont permis de ne pas avoir à répondre devant la Police et la Justice de faits particulièrement graves.

La quête éperdue de M. Mayol pour un traitement privilégié, quelle que soit la situation, n’échappera à personne. Si l’on prend le fait disciplinaire, M. Mayol a demandé le déferrement de trois personnes, dont je suis, devant la section disciplinaire de l’Université Paris 13. Il est venu témoigner à charge contre ces trois personnes et devant ce même conseil disciplinaire. Et voilà qu’il y a peu il a usé de son droit de demander à ne pas être jugé par ce même conseil disciplinaire de l’Université Paris. En somme, ce qui est appliqué aux autres ne doit pas s’appliquer à M. Mayol. Le conseil disciplinaire de l’Université Paris 13 est digne d’entendre la déposition à charge de M. Mayol mais n’est pas digne de le juger. En revanche, les membres de ce conseil disciplinaire qui était une émanation du Conseil d’Administration de l’Université Paris 13 deviennent soudainement dignes de l’entendre dans la position de candidat à la Présidence de l’Université Paris 13.
Cette histoire et l’attitude des principaux protagonistes, volontaires ou involontaires, sont assez bien restituées par cette phrase de Diderot : « je crois que si le mensonge peut servir un moment, il est nécessairement nuisible à la longue, et qu'au contraire la vérité sert nécessairement à la longue bien qu'il puisse arriver qu'elle nuise dans le moment »...

LE RAPPORT FINANCIER, RÉALISÉ PAR L’UNIVERSITÉ PARIS 13 QUE NOUS AVONS UTILISÉ POUR ÉTAYER LE PROPOS DE RACHID ZOUHHAD DANS LA SECONDE PARTIE DE NOTRE INTERVIEW EST ACTUELLEMENT EN POSSESSION DE LA BRIGADE FINANCIÈRE DE LA POLICE. ESPÉRONS QUE CE NOUVEL ÉLÉMENT PERMETTE À L'ENQUÊTE D'ÉTABLIR TOUTE LA CLARTÉ SUR CETTE AFFAIRE QUI N'A QUE TROP ÉCLABOUSSÉ L'ÉDUCATION NATIONALE DEPUIS TROIS ANS! (Crédits : D.R)
Cedrik Viala

‎Journaliste/Reporter indépendant, Directeur de la rédaction du site L'oeil Pour Le Dire (LPLD) http://www.lpld.fr

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