Cedrik Vialahttp://www.lpld.fr Mon, 17 Dec 2018 02:33:16 +0100Joomla! - Open Source Content Managementfr-frAFFAIRE DENTEXIA : « UN SCANDALE SANITAIRE MÉPRISÉ PAR LA MINISTRE DE LA SANTE ! »http://www.lpld.fr/index.php/la-une/affaire-dentexia-un-scandale-sanitaire-meprise-par-la-ministre-de-la-sante http://www.lpld.fr/index.php/la-une/affaire-dentexia-un-scandale-sanitaire-meprise-par-la-ministre-de-la-santeL'homme d'affaires Pascal Steichen avec ses centres dentaires à bas prix, aura conçu une véritable multinationale qui ferait pâlir plus d'une des victimes du
Interview exclusive de Patrick Soléra Président de la FSDL (Fédération des Syndicats Dentaires Libéraux) Propos recueillis par Cédrik Viala LPLD.fr : Vous aviez alerté la ministre de la Santé, Marisol Touraine en Mars dernier sur les risques de prolifération de centres de soins dentaires Low-Cost mettant en danger la santé de leurs patients, qu’en est-il aujourd'hui ?

Patrick Soléra : Après de multiples rendez-vous au Ministère de la Santé avec les conseillers de Marisol Touraine en charge du dossier, aucune décision n’a été encore prise en ce qui concerne la régulation des implantations de ces centres à bas coûts. Une enquête de l’IGAS (inspection générale des affaires sociales) a été diligentée pour mettre en évidence certains « dysfonctionnements » de ces centres, mais l’heure n’est plus à la recherche d’éléments de preuve, mais à l’interdiction et la fermeture pure et simple de ces centres, dont le modèle économique est calqué sur celui des centres Dentexia.

 

"Il est fort probable que dans les mois à venir, des centaines, voir des milliers de patients soignés dans ces centres se manifesteront quand les traitements qu’ils ont reçus s’avèreront défectueux".

 

LPLD.fr : Combien de patients recensés sont actuellement touchés par le scandale de l’affaire Dentexia et quelle marche de manœuvre ont-ils réellement pour faire valoir leur bon droit?

Patrick Soléra : Actuellement, plus de 2200 patients se sont constitués en Collectif pour entamer des démarches juridiques en vue de leur indemnisation financière. Ces démarches concernent les patients qui ont payé des soins qu’ils n’ont jamais reçus, mais également une indemnisation assurancielle pour ceux qui ont subi des soins non conformes aux données actuelles de la science. Il est fort probable que dans les mois à venir, des centaines, voire des milliers de patients soignés dans ces centres, se manifesteront quand les traitements qu’ils ont reçus s’avèreront défectueux. Il faut savoir qu’un implant peut rester deux ou trois ans en place avant d’être rejeté par l’os, suite à une infection ou une mise en fonction inappropriée.

LPLD.fr : Ces victimes, dont certaines ont payé d’avance les soins quelles n’ont jamais reçu, souffrent et sont pour certaines ruinées, quand d’autres remboursent des crédits, peuvent-elles compter sur une prise en charge d’urgence par un fond spécifique, prévu le Ministère de la Santé?

Patrick Soléra : Le Ministère de la Santé et l’État ne souhaite pas indemniser ces patients, car cela créerait un précédent « médical », et reviendrait dans les années à venir à rembourser et indemniser tous les patients traités dans ces centres, ce qui peut représenter plusieurs centaines de millions d’euros. Ce qui est totalement inique dans cette affaire, et que l’on peut raisonnablement penser qu’aucun fonds spécifique ne sera débloqué et que le Ministère de la Santé compte sur des indemnisations délivrées par les assureurs, couvrant ainsi les praticiens de ces centres.

LPLD.fr : Que risquent réellement les patients au niveau sanitaire, expliquez-nous les pathologies encourues en fonction des cas dont vous avez eu connaissance sur les 2200 victimes recensées?

Patrick Soléra : Les traitements reçus montrent que certaines précautions élémentaires en terme de sécurité, obligation de moyens et de résultats, n’ont pas été prises. Nul doute que ces patients auront des problèmes concernant les prothèses posées en terme de pérennité et que de multiples infections péri-implantaires sont à prévoir, avec à court ou moyen terme la perte de ces implants.

LPLD.fr : Les victimes se sont fédérées en association afin de limiter les frais de justice liés à leurs préjudices, quelles démarches ont-ils réellement à leur disposition à l’heure actuelle en attendant une éventuelle indemnisation qui risque de prendre des années ?

Patrick Soléra : Les démarches sont nombreuses, comme par exemple, mettre les pouvoirs publics (Ministère de la Santé et Agence Régionale de Santé ARS) devant leur responsabilité. Mais pour l’instant, ils se heurtent à une fin de non-recevoir. Seule la prise en charge assurancielle leur permettra d’être indemnisés pour ceux qui ont reçu des soins. Pour les autres qui ont été escroqués financièrement, ils peuvent espérer l’arrêt des prélèvements suite aux crédits souscrits auprès de l’organisme de financement (Framfinance/Société Générale) après un accord trouvé avec ce dernier.

 

"...Nous sommes en face d’un scandale sanitaire...le Ministère de la Santé souhaite, par tous les moyens, étouffer cette affaire, car il est responsable du laxisme concernant la régulation de ces centres"

 

LPLD.fr : Les médias selon vous ont-ils pris la mesure de ce véritable scandale sanitaire qui touche actuellement la France ?

Patrick Soléra : Assurément non, car nous sommes en face d’un scandale sanitaire qui va toucher plusieurs milliers de patients dans les mois à venir. Vu le nombre d’entre eux qui ont reçu des soins dans des centres Dentexia ou d’autres centres au fonctionnement identique, et au regard des méthodes employées par leurs dirigeants, les conséquences seront les mêmes , à savoir des milliers de patients escroqués ou mutilés. Le Ministère de la Santé souhaite, par tous les moyens, étouffer cette affaire, car il est responsable du laxisme concernant la régulation de ces centres. En laissant des commerciaux s’immiscer dans la santé de nos concitoyens, ils ont participé directement à ce scandale prévisible, dénoncé depuis 5 ans par tous les représentants de la profession (Ordre et Syndicat). Le « monstre » Dentexia a proliféré sans la moindre sanction avant sa liquidation juridique, mais hélas, il a fait des « petits » entre temps, qui ne manqueront pas d’appliquer les recettes de leur créateur jusqu’à leur fermeture.

LPLD.fr : Les scandales sanitaires dans notre pays ne sont jamais réellement reconnus, et les procès n’aboutissent que très rarement, on se souvient du scandale de l’amiante, du sang contaminé, la maladie de Creusfield Jacob, le Médiator… comment voyez-vous l’issue de l’affaire Dentexia, qui si elle n’est pas prise en compte correctement par la justice française va permettre de donner un blanc-seing à la marchandisation de l’intégralité de notre système de santé.

Patrick Soléra : Dans toute ces affaires, la première réaction de chaque gouvernement, a été de minimiser voir d’étouffer ces crises. Devant le fait accompli, on ne peut pas dire que les victimes aient pour autant été prises en charge immédiatement et il faudra s’attendre à plusieurs décennies de procédures juridiques, avant que ces patients, victimes de « Dentexia », ne soient intégralement indemnisés ou soignés correctement. Entre temps, d’autres « gourous » financiers issus de groupes de « fonds de pension » extra communautaires auront eu tout loisir de faire du profit sur le dos des patients.

LPLD.fr : Le scandale des prothèses mammaires défectueuses du fabricant varois Poly Implant Prothèses (PIP) semble pour le moment être l’un des rares préjudices sanitaires dont les politiques aient pris la mesure en 2010, car il concernait des patientes victimes de cancer du sein. Ne craignez-vous pas que les problèmes dentaires d’une couche de la population ne suscitent que peu l’intérêt des politiques et des médias ?

Patrick Soléra : Le scandale des prothèses mammaires PIP touchait des femmes malades, victimes pour la plupart de cancers du sein, et le Ministère de la Santé n’avait pas d’autre choix que d’indemniser ces patientes. Pour les patients, victimes de Dentexia, il est à craindre effectivement que cela ne n’émeuvent pas beaucoup nos politiques, car la santé bucco-dentaire de nos concitoyens a toujours été considéré comme négligeable en France.

 

"Là où les complémentaires santé devraient normalement rembourser le reste à charge, elles se basent sur un remboursement dérisoire, voir nul, décidé par l’Assurance Maladie..."

 

LPLD.fr : Il est vrai qu’en France, le poste dentaire comme celui de l’optique est souvent différé par les ménages français pour des raisons de coût. Comment permettre aux foyers à faible revenu une meilleure prise en charge pour se soigner correctement sans pour autant tomber dans de telles escroqueries?

Patrick Soléra : L’accès aux soins bucco-dentaires en France est possible pour l’ensemble de nos concitoyens. Les personnes ayant de faibles revenus ou étant dans une situation difficile peuvent bénéficier de la CMU (couverture mutuelle universelle), de l’ACS (Aide à la complémentaire santé) ou AME (Aide médicale d’État). Les soins conventionnels peuvent donc être prodigués à chacun, sachant que la couverture par le régime obligatoire (+ complémentaire) rembourse l’intégralité de ces soins. Le problème se pose pour les actes non opposables, comme les prothèses et les implants pour lesquels, l’État s’est complètement désengagé depuis 30 ans. Là où les complémentaires santé devraient normalement rembourser le reste à charge, elles se basent sur un remboursement dérisoire, voire nul, décidé par l’Assurance Maladie pour payer à leurs adhérents une somme en inadéquation totale avec les honoraires des praticiens (montants équivalents dans les autres pays européens pour ces actes).

LPLD.fr : Certains cabinets de chirurgie dentaire pourraient-ils mutualiser leurs dépenses dont leurs lourdes charges annuelles, afin de permettre à tous, l’accès aux soins dentaires, est-ce utopiste que d’imaginer un tel fonctionnement?

Patrick Soléra : Les cabinets dentaires mutualisent déjà leurs dépenses, car les regroupements des praticiens ne datent pas d’hier. Mais pour chaque praticien, il faut une assistante, un fauteuil, un poste informatique, etc. Seuls les postes concernant la radiologie et la stérilisation sont mutualisés, mais cela ne fait pas suffisamment baisser les charges de plus en plus lourdes supportées par chaque praticien individuellement et qui nuisent à toute embauche supplémentaire de personnels et d’équipements ultras sophistiqués; à l’exemple des lasers. Une carie dentaire en 2016 coûte 19, 28 euros, une extraction 33,44 euros et un détartrage 28,92 euros soit, trois fois moins que tous les autres pays de l’OCDE. Il faut savoir que 70% de notre activité génère 30% de nos revenus et concerne tous ces soins. C’est la raison pour laquelle les honoraires de prothèses et d’implants (30% de notre activité et 70% de nos revenus) sont libres, mais fixés avec tact et mesure. C’est aussi la raison pour laquelle ces centres dentaires à bas coûts refusent de recevoir des patients pour des soins courants, préférant se concentrer sur les seuls actes rémunérateurs qui leur permettent de baisser de 30% les tarifs. Mais cela demande aux praticiens de ces centres de réaliser leurs interventions à la chaine et la plupart du temps de refuser un soin conventionnel peu rémunérateur en le remplaçant par un acte mutilant et plus couteux pour le patient !

LPLD.fr : Encadrer de tels centres est-il réellement possible en 2016, faut-il légiférer ou tout simplement appliquer la loi ; quelles alternatives?

Patrick Soléra : Pour éviter que de tels scandales ne se reproduisent, il faut modifier la loi HPST* régulant l’installation de ces centres avec plusieurs points à respecter coute que coute qui sont :

  • L’interdiction de la délégation de gestion à des sociétés commerciales, afin de sauvegarder le caractère à but non lucratif des associations gestionnaires des centres de santé, pour conserver à ces derniers leur objet social.
  • La transmission, pour information, à l’Ordre compétent des documents relatifs à la création et au fonctionnement de ces centres.
  • La possibilité pour le directeur général de l’ARS de mettre fin à l’activité de tout centre de santé qui ne respecterait pas les conditions techniques de fonctionnement prévues par la réglementation en vigueur.
  • Aux ARS une régulation de l’implantation des centres dentaires loi 1901 en dehors des zones sur ou très dotées, afin de favoriser l’accès aux soins dans des zones où il manque des cabinets dentaires.
  • Que les membres élus aux URPS (Union régionale des professionnels de santé) soient associés aux décisions prises par la Commission de la Permanence des Soins et de la Démographie Professionnelle vis à vis de ces centres.
  • Un accès pour les élus URPS, au relevé d’activité annuelle du centre, afin de s’assurer que l’ensemble des soins effectués correspond aux ratios des moyennes régionales.
  • Un « testing » organisé par les Conseils de l’Ordre Départementaux (amendement loi Santé) principalement effectué auprès de ces centres afin de vérifier que les enfants ne sont pas refoulés lors de la prise de RDV.
  • En terme de publicité, une extension de l’article R.41.27-19 du CSP afin que les centres soient soumis aux mêmes règles médicales que les praticiens libéraux.

LPLD.fr : Pouvez-vous informer les lecteurs sur le nombre de ce type de centre dans notre pays et ceux, sur le point d’ouvrir prochainement ? Pouvez-vous donner à LPLD une liste des centres à éviter et de ceux à venir ?

Patrick Soléra : Ces centres ont proliféré de façon anormale depuis 5 ans et le phénomène s’accentue dans les régions sur dotées en chirurgiens dentistes. Ils se basent, pour 90% d’entre eux, sur le modèle des centres Dentexia et comptent ouvrir des dizaines de structures pour chacun d’entre eux dans les deux ans à venir. Dentego, Dentalya, Dentifree, etc, sont toutes de juteuses franchises dont les dirigeants appliquent les recettes enseignées lors de séminaires, par le créateur de Dentexia, le désormais tristement célèbre Pascal Steichen*.

LPLD.fr : La loi dite Bachelot HPST (Hôpital Patients Santé et territoire) promulguée en 2009 semble être la cause de ce genre de dérive au sein de notre système de santé, expliquez-nous précisément ce que vous entendez par là ?

Patrick Soléra : Roseline Bachelot, Ministre de la Santé en 2009a autorisée des non-professionnels de santé à monter des centres dentaires dans le but de permettre un meilleur accès aux soins. Le résultat 7 ans après est catastrophique. Les français sont toujours aussi mal remboursés pour les soins prothétiques (la valeur du remboursement pour une couronne prothétique dentaire est inchangée depuis 28 ans: 75,25 euros) et les centres dentaires à bas coûts vont se multiplier comme des petits pains, tout comme les scandales sanitaires à venir sans aucune intervention d’un Ministre de la Santé responsable, qui prendra les seules décisions qui s’imposent.

 

"Le Ministère de la Santé ne pourra pas indéfiniment refuser d’assumer sa responsabilité et nous mettrons tout en œuvre, au sein de notre syndicat, pour modifier cette loi HPST, que cela soit fait par ce gouvernement ou le prochain".

 

LPLD.fr : Dans le contexte politique et économique actuel et à un an des élections présidentielles, comment pensez-vous peser pour faire aboutir vos doléances auprès de la ministre et surtout stopper en urgence la prolifération de ce type de centre (super marché) dédié aux consommateurs à faibles revenus qui s’installent sur tout le territoire ?

Patrick Soléra : Le Ministère de la Santé ne pourra pas indéfiniment refuser d’assumer sa responsabilité et nous mettrons tout en œuvre, au sein de notre syndicat, pour modifier cette loi HPST, que cela soit fait par ce gouvernement ou le prochain. Les patients, victimes de ces centres ne devraient pas en rester là, et nous ne manquerons pas de leur rappeler que tout cela n’est que le résultat de l’incompétence de nos dirigeants en la matière, si rien n’est fait dans les mois à venir. Si rien ne bouge, nous continuerons à dénoncer l’immobilisme de l’État et à mettre nos ministres de la Santé face à leur responsabilité, car c’est la seule façon de faire évoluer les choses et valoir le droit des patients victimes.

LPLD.fr : Où en est la justice, et que prévoit le ministère de la Santé et les politiques qui semblent sourds concernant les lourdes accusations qui pèsent sur Pascal Steichen, le président de Dentexia, qui est le cofondateur de ce réseau de centres dentaires Low Cost? Cet homme est-il protégé en haut lieu selon vous?

Patrick Soléra : La justice vient tout juste d’être sollicitée par ces patients et nous sommes à l’aube de procédures longues et coûteuses pour toutes ces victimes. Pascal Steichen* doit être condamné et lourdement si sa responsabilité est engagée dans ce scandale. Nous ne doutons pas un seul instant que cet homme, qui continuait à encaisser des chèques de patients alors qu’il savait que ces centres allaient fermer, paiera pour toute son œuvre odieuse.

 

Document exclusif LPLD

Panoramique dentaire d’un patient soigné dans un centre Low Cost : 
Les implants dentaires posés ainsi que les prothèses réalisées ne sont pas conformes aux données actuelles de la science
Axe des implants en haut à droite(1), racine dentaire d’une dent (molaire en bas à gauche ) couronnée avec un instrument cassé métallique à l’intérieur (2), implant en bas à gauche présentant une infection osseuse qui sera rejeté par l’os (3).

Pour en savoir +...

*L’association Dentexia a été créée par un consultant et business man accomplit, Pascal Steichen, avec une nouvelle approche de la profession. Son concept « révolutionnaire » : des dentistes salariés et une rationalisation des actes pour proposer aux patients des tarifs défiant toute concurrence. Dentexia avait des centres à Paris environ 80, Chalon-sur-Saône et Lyon. Un autre centre devait ouvrir prochainement à Lille.

Document Exclusif

Marc BARTHELEMY Président de l’URPS des Chirurgiens Dentistes de la région Auvergne Rhône-Alpes

La liquidation judiciaire des centres dentaires Dentexia avec 22 millions d’euros de passif, prononcée le 4 mars 2016 par le tribunal de grande instance d’Aix en Provence a provoqué un séisme médicolégal et médiatique. Plus de 2200 patients se retrouvent abandonnés en cours de traitements implantaires et prothétiques alors qu’ils ont payé l’intégralité des soins d’avance, le plus souvent grâce à un crédit. Des collectifs de patients ulcérés ont été créés.
Depuis quatre ans notre URPS a interpellé notre Ordre et nos Agences Régionales de Santé (ARS) sur les comportements anti-déontologiques de ces officines. Nous avons participé à trois réunions avec notre Agence Régionale de Santé pour évaluer les problèmes médicaux et juridiques de ce dossier. Le Ministère et les ARS ont décidé de mettre en place des procédures d’aide pour ces patients en coordination avec l’Ordre National des chirurgiens dentistes :

  • L’Ordre National est en charge de la récupération des dossiers médicaux des patients
  • L’ARS a mis en place un numéro vert pour les patients de Dentexia
  • Un modèle de certificat de situation bucco-dentaire est proposé par l’ONCD. Ces mesures ne résolvent en rien la détresse psychologique et financière des patients qui ont payé pour des soins jamais réalisés et nous n’avons à ce jour aucune garantie que cette situation ne va pas se reproduire.
  • Chaque praticien peut choisir librement de réaliser ou non ce certificat médical initial (CMI). Il est préférable pour des raisons assurantielles et médicales d’adresser les patients vers l’hôpital public.
  • Si le patient est en cours de procédure contentieuse (plainte déposée), le praticien devrait limiter son intervention aux soins d’urgence et / ou provisoires, car dans ce cas, il ne faut pas compromettre de futures expertises.
  • Un plan de traitement de reprise des traitements interrompus peut être éventuellement proposé avec : 
    • un consentement éclairé
    • un devis
    • un protocole d'accord entre le praticien et le patient

Notre URPS a pu rencontrer, à deux reprises, des conseillers du cabinet de la Ministre de la Santé. Nous avons dénoncé la dérive mercantile des centres de santé à bas coût. Nous avons mis le ministère de la Santé devant ses responsabilités, car cette situation inadmissible découle de la loi HPST. Il faut préserver la relation de confiance directe patient / praticien. Le respect du Code de la santé et du Code de déontologie qui réglemente notre profession et protège les patients doit s’imposer, quels que soient le mode d’exercice et la structure juridique. Malgré nos nombreuses rencontres, nous n’avons à ce jour aucune garantie concernant la modification de la loi HPST. Nous vous tiendrons informés des suites de ce dossier. Nous sommes à votre disposition pour répondre à vos demandes en nous interrogeant par mail à l’adresse suivante : info@urps-cd-ara.fr

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equipe@lpld.fr (Cedrik Viala)La-Une LPLDMon, 16 May 2016 01:10:26 +0200
NOTRE POLICE EST REPUBLICAINE ET CETTE AFFICHE ENSANGLANTEE DE LA CGT EST UNE OFFENSE FAITE AUX POLICIERS DE CE PAYS...http://www.lpld.fr/index.php/reaction-de-la-semaine/notre-police-est-republicaine-et-cette-affiche-ensanglantee-de-la-cgt-est-une-offense-faite-aux-policiers-de-ce-pays http://www.lpld.fr/index.php/reaction-de-la-semaine/notre-police-est-republicaine-et-cette-affiche-ensanglantee-de-la-cgt-est-une-offense-faite-aux-policiers-de-ce-paysSlogan de l'affiche polémique de la CGT lancée le 18 avril dernier sur le web: LOI-TRAVAIL : STOP AUX VIOLENCES POLICIÈRES Un pouvoir politique sur les dents et des forces de l'ordre qui font du zèle, on ne compte plus les excès de la police qui veut mater les jeunes qu'ils soient lycéens, étudiants… Ne laissons pas faire et ripostons si besoin à ces méthodes et le bruit des bottes !
Exclusivité Interview Christophe Rouget commandant de police chargée de la communication du syndicat des cadres de sécurité intérieure (SCSI) Propos recueillis par Cédrik Viala LPLD.fr : Que vous inspirent cette affiche et son slogan qui résument la campagne que mène actuellement la CGT contre les forces de police, cinq mois après les attentats parisiens et en plein État d’urgence? Ch.Rouget : Parler de bruit de bottes, de frapper la population, stigmatiser, appeler à la haine dresser les uns contre les autres, ce n’est pas responsable, c’est intolérable. Notre police est une police républicaine et cette affiche ensanglantée de la CGT est une offense faite aux policiers de ce pays, faite au syndicalisme et ses à valeurs.

LPLD.fr : Que pensez-vous de la réaction du secrétaire général de la CGT Monsieur Philippe Martinez, face aux critiques de cette affiche du syndicat qu'il dirige?

Ch.Rouget : La réponse du secrétaire général de la CGT est pire encore. D’abord il se de dédouane sur un syndicat en disant que ce n’est pas la confédération, ensuite il indique que l’affiche concerne "ceux qui appliquent les ordres qui sont montrés du doigt, ce sont ceux qui donnent les ordres". Tous les Français ont vu l’affiche, en aucun cas elle ne stigmatise les donneurs d’ordres, mais bien les fonctionnaires de police de terrain et n’a pas un mot pour tous ces policiers qui travaillent dans des conditions difficiles au service des citoyens. Visiblement les conditions de travail des policiers, leurs problèmes de temps de travail ne sont pas une source d’inquiétude pour le secrétaire général de la CGT!

Ce n’est pas parce que la CGT connait un effritement de sa représentativité et qu’elle semble s’orienter vers une radicalisation politique, qu’elle doit en plein congrès à Marseille s’attaquer à la République et ses symboles, attiser la violence, et se rendre complice, dans le contexte actuel, des débordements de casseurs constatés dans plusieurs manifestations.

LPLD.fr : Hier encensée dans sa lutte contre le terrorisme, aujourd’hui honni dans son action de maintien de l’ordre, pourquoi ce changement de l’opinion publique sur sa police selon-vous, attisée il faut l’avouer depuis le coup de poing violent d’un CRS sur un élève de 15 ans qui a fait le tour des réseaux sociaux ?

Ch.Rouget : D’abord , ce n’est pas un changement de l’opinion publique, mais d’une fraction de la population très politisée et qui instrumentalise l’actualité. Il y a un mois, 35 000 jeunes étudiants ont passé le concours de gardien de la paix! Nous avons reçu le soutien de presque toute la classe politique et de la majorité des Français ses derniers jours. Nous avons reçu énormément de messages pour condamner cette campagne de pub et dénoncer également tous les casseurs et les récents actes de violence commis contre les policiers.

Les policiers sont des hommes et des femmes qui font ce métier pour assurer la sécurité et la liberté de nos concitoyens, ils sont soumis au quotidien à des agressions, 18 000 ont été blessés en 2015.
Notre métier est difficile. Dans certaines circonstances comme lorsqu’on vous crache dessous, on vous jette des pierres, des engins incendiaires, on vous insulte pendant des heures parfois, un policier peut manquer de discernement, de sang-froid et commettre une erreur comme ce jeune policier de 28 ans près du lycée Bergson. Mais il ne faut pas oublier que notre institution est très sévèrement contrôlée, et ce jeune père de famille en plus de la sanction administrative sera juge pour ces actes devant un tribunal correctionnel. Aucun manquement n’est toléré. La police représente 10% des effectifs de la fonction publique d’État, et 90% des sanctions. Nous sommes contrôlés par la hiérarchie, l’inspection générale des services, la justice administrative, la justice pénale, le défenseur des droits…

LPLD.fr : Cette campagne violente d’un syndicat ne symbolise-t-elle pas une sorte de défiance face au gouvernement et sa politique dont vous seriez les instruments sur le terrain face aux revendications (Nuit Debout, Loi travail…) d’une partie de plus en plus croissante de la population ?

Ch.Rouget : C’est de la politique ! Comme toujours, la sécurité est instrumentalisée. Pour nous, les missions sont les mêmes, assurer la sécurité et la liberté des citoyens. Si les gouvernements passent, nos missions quant à elles demeurent.

LPLD.fr : Comment les forces de police prévoient-elles de gérer la situation qui semble se dégrader jour après jour avec des évènements tels que « Nuit debout », les lycéens et la «Loi travail», sans oublier des évènements sportifs comme l’Euro qui se profile en juin prochain ?

Ch.Rouget : Avec le plus grand professionnalisme possible. Les policiers sont des hommes et des femmes qui font ce métier avec passion pour assurer la sécurité de nos concitoyens. Ils sont sur tous les fronts et sont très fatigués... Le terrorisme, les migrants, la délinquance et le climat actuel est tendus, compliqués, des groupes extrémistes en appellent à la violence, de nombreux dégâts matériels ont été commis par des casseurs, des enseignants et responsables d’établissement scolaire ont été violentés, et 150 policiers blessés lors des dernières manifestations ces derniers jours.
Il y a deux semaines, j’assistais à une cérémonie de sortie de fin de scolarité de gardien de la paix. Ils avaient tous une vingtaine d’années, sortaient du lycée ou de la Faculté, et après un an de scolarité se préparaient à être mutés sur Paris. Aujourd’hui, ces jeunes policiers sont chargés du maintien de l’ordre dans la capitale et parfois dans les manifestants se trouvent certains de leurs amis. Vous le voyez, la jeunesse est multiple et il faut d’ailleurs souligner que la grande majorité des manifestants s'est mobilisée dans le calme. Malheureusement, l’exploitation politique, la radicalisation de certains qui appellent à la violence peuvent rapidement faire dégénérer des situations. Nous n’avons pas besoin de ce genre d'évènement et j’espère que la sérénité va revenir rapidement, car cette situation demande une nouvelle fois une très forte mobilisation de la police qui n’en avait vraiment pas besoin. Les forces de police doivent poursuivre leur lutte contre le terrorisme et la délinquance et préparer l’euro qui sera je l’espère une grande fête populaire, mais qui demeure pour nous une source de risques considérables.

Pour en savoir +...

Une matraque, un insigne de CRS, du sang accompagné d'un slogan ferme: "la police doit protéger les citoyens et non les frapper". Cette affiche de l'organisation syndicale de la CGT dénonçant les violences policières contre les jeunes a provoqué lundi 18 avril dernier la colère du ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, qui a dénoncé une campagne "choquante". Cette campagne que nombreux osent qualifier de calomnieuse ne semble pas avoir pour l'instant trouvé un écho positif dans l'opinion publique, qui malgré quelques écarts de certains membres des forces de l'ordre, pense que le contexte de l'État d'urgence pèse lourd sur le moral de la police suremployée depuis les attentats de janvier 2015.

L'affiche a été publiée par la section Info'com de la CGT (salariés de l'information et de la communication) dans le cadre de la mobilisation contre la loi Travail. "On ne compte pas les excès de la police qui veut mater les jeunes, qu'ils soient étudiants ou lycéens", écrit le site du syndicat qui termine son court message par un appel à "riposter si besoin à ces méthodes". La CGT en nette perte de vitesse par rapport à son concurrent CFDT, depuis ces derniers mois, aura-t-elle trouvé la parade dans ce vieux combat d'arrière-garde des années 60?

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equipe@lpld.fr (Cedrik Viala)Réaction de la semaineMon, 25 Apr 2016 08:51:46 +0200
AFFAIRE DE L'IUT DE SAINT-DENIS: "LES PREUVES ACCABLANTES CONTRE SAMUEL MAYOL SERONT-ELLES ENFIN ENTENDUES PAR LA JUSTICE?"http://www.lpld.fr/index.php/la-une/affaire-de-l-iut-de-saint-denis-les-preuves-accablantes-contre-samuel-mayol-seront-elles-enfin-entendues-par-la-justice http://www.lpld.fr/index.php/la-une/affaire-de-l-iut-de-saint-denis-les-preuves-accablantes-contre-samuel-mayol-seront-elles-enfin-entendues-par-la-justicePrix national de la laïcité décerné le 26 octobre dernier, à Samuel Mayol, encore directeur de l’IUT de Saint-Denis, en présence de Manuel Valls. Lui sera-t-il retiré à la lumière des derniers éléments prouvant sa manipulation? (Crédit photo : Zamanfrance.fr)
ACTE VI : Deuxième partie : Épilogue? La seconde partie de l’interview exclusive de Rachid Zouhhad permet de verser de nouvelles preuves sur les agissements invraisemblables de M. Mayol et de ses comparses. Il apparaît que l'ex-directeur ne peut être considéré comme ayant agi seul et que les preuves qu'il se targuait de détenir pour démontrer l’existence des détournements de fonds, imputés à Rachid Zouhhad, relèvent en réalité d’une construction fictive et incohérente, qui n’a pas résisté à un examen sérieux des services de l’Université Paris 13. (cf : extraits exclusifs du rapport financier interne). Il s’agit là encore d’un acte qui pourrait valoir à M. Mayol et ceux qui l’ont aidé dans cette entreprise illicite, de devoir s’expliquer sur ces fausses preuves à partir desquelles ils ont exigé et obtenu la destitution d’un chef de département et ont proféré, devant les inspecteurs de l’IGAENR et à travers la presse,…

LPLD.fr : Quid de la principale accusation de M. Mayol, reprise par la presse, le prétendu système de fausses factures et le détournement présumé des 200 000 euros ?

R.Zouhhad : Vous imaginez bien que cet aspect a été l’objet d’un examen particulièrement rigoureux et approfondi. Les services de l’Université ont produit un rapport de plus d’une trentaine de pages en septembre 2015. C’est un travail sérieux et méthodologiquement solide, à l’égard duquel le seul reproche que je pourrais faire tient au fait qu’il aurait pu être encore plus complet, si les services de l’Université avaient disposé de la totalité des informations demandées à M. Mayol et que celui-ci ne leur a pas fournies.
La conclusion de ce rapport avait été communiquée par l’Université et elle se résume simplement au fait qu’aucun centime n’a été payé à une quelconque personne qui ne l’ait mérité. Autrement dit, il n’y a pas eu de détournement de fonds ni de tentative de détournement.
Si l’on s’attarde un peu sur certains passages de ce rapport, on découvre alors le décalage qu’il y a entre, d’une part les déclarations tonitruantes et théâtrales de MM. Mayol, Vassallo, et leurs comparses et d’autre part, la réalité des faits relevés par les services de l’Université.
La première contradiction entre les propos de M. Mayol servis à l’Université et ceux repris par le rapport de la première mission de l’IGAENR surgit dès la page 3 dudit rapport:

Il ne faut guère aller plus loin qu’une dizaine de lignes de la même page pour relever un nouveau décalage :

Ainsi, concernant le tableau qui lui avait servi à fonder son accusation de détournements de fonds (196 000 euros souvent arrondis à 200 000), M. Mayol a d’abord affirmé aux services de l’Université qu’il en était l’unique auteur, alors qu’il avait dit le contraire aux inspecteurs de la première mission de l’IGAENR.
Le lendemain, il servait à ces mêmes services de l’Université l’inverse de ce qui leur avait déclaré la veille. On découvre également et au passage deux personnes qui ont activement œuvré à ses côtés et qui appartiennent certainement à ce que la seconde mission de l’IGAENR a qualifié de « premier cercle » ou « proches du directeur » (dépêche AEF)...

"L’IGAENR n’a procédé à aucune vérification pour établir le sérieux des affirmations de M. Mayol...et s’est manifestement contentée de reprendre les affirmations de M. Mayol et à sa suite, une presse qui n’a pas hésité à utiliser un travail aussi douteux pour m’accuser publiquement et nommément..."

Mais surtout, on découvre qu’aucune de ces personnes, pas plus que M. Mayol, n’a été en mesure de fournir des documents qui étaient à l’évidence nécessaires pour opérer le travail de quantification sur lequel a été fondée l’évaluation des prétendus « détournements de fonds ». Et le rapport des services de l’Université de mettre en évidence le fait que finalement l’IGAENR n’a procédé à aucune vérification pour établir le sérieux des affirmations de l'ex-directeur de l'IUT. L’IGAENR s’est manifestement contentée de reprendre les affirmations de M. Mayol et à sa suite, une presse qui n’a pas hésité à utiliser un travail aussi douteux pour m’accuser publiquement et nommément.

Toujours sur ce point, on peut légitimement soulever l’interrogation du recours par M. Mayol à deux fonctionnaires pour un travail qui ne relève nullement de leurs prérogatives. Si M. Mayol avait un doute quant à la légalité des faits, il pouvait saisir la Direction de l’Université ou, éventuellement, le Procureur de la République. Personnellement, j’aurais aimé que l’un de ces deux fonctionnaires ne laissât pas les étudiants dont il avait la responsabilité sans cours ni notes pendant presque un semestre et dans trois disciplines. Cela relève beaucoup plus de son travail et de ses obligations que les « contrôles » auxquels il s’est cru autorisé.

Enfin, on peut également s’interroger sur le fait qu’un tel travail ait été ou non rémunéré. Si tel est le cas, alors les deniers publics n’ont pas été utilisés comme ils devaient l’être. Si tel n’est pas le cas, on peut alors se demander ce qui a motivé ces deux fonctionnaires à faire un travail dont ils ne pouvaient ignorer l’usage qui allait en être fait par M. Mayol, en l’occurrence « se débarrasser » du collègue gênant qui était alors à la tête du Département TC.
Les services de l’Université reviennent de nouveau en page 4 et à l’aide d’une litote, sur l’absence de vérification par l’IGAENR des informations communiquées par M. Mayol et ses comparses :

La rigueur des services de l’Université s’est de nouveau heurtée à l’incohérence et à la légèreté du travail produit par M. Mayol et son équipe de contrôleurs improvisés, comme en témoigne la page 19 du rapport de ces services (le chef de département dont il s’agit dans ce passage et les suivants n'est autre que moi-même) :

Toujours sur la même page, les services de l’Université relèvent une nouvelle incohérence (VPCA signifie Vice-Présidente du Conseil d’Administration de l’Université Paris 13) :

Le passage suivant, tiré de la même page souligne une nouvelle fois encore le caractère incohérent du travail de l’équipe de M. Mayol :

Il en est ainsi ou presque tout au long de ce rapport. Sa conclusion suffit à comprendre que s’il y a une responsabilité à chercher dans le paiement effectif d’heures, c’est moins celle de ma personne qui n’était pas habilitée à le faire, que celle du directeur de l'IUT.
On ne peut que persister dans l’interrogation quant à la motivation de M. Mayol à transmettre aux services de l’Université un fichier global qui comporte des informations différentes de ce qu’il a été amené à valider pour une mise en paiement. La réponse se trouve peut-être dans l’arrêté pris par le Président de l’Université reconduisant la suspension de M. Mayol jusqu’en novembre 2016 qui comporte, entre autres motifs, la suspicion de l’organisation d’une « comptabilité occulte…, sur la base d’un fichier Excel, en dehors du logiciel de gestion des congés utilisé habituellement.. ». Était-ce également le cas pour les heures complémentaires payées sur ordre de M. Mayol ?

Le passage suivant tiré de la page 35 de ce rapport termine d’achever la démonstration soit d’une incompétence grave de M. Mayol et de son équipe, soit d’un montage incohérent destiné à servir les intérêts de certains de ses proches ainsi que des fins que l’on connait maintenant : obtenir la tête d’un Chef de Département susceptible de le gêner dans un projet personnel qui lui vaut aujourd’hui d’être déféré au disciplinaire. Peut-être que la réalité emprunte à ces deux motifs. C’est aussi ce travail qui a été relayé sans vérification sérieuse par l’IGAENR et une certaine presse et qui a fortement contribué à crédibiliser une campagne qui n’a pas manqué de faire le lien entre d’une part les origines, l’appartenance syndicale ou la religion supposées de plusieurs protagonistes et d’autre part des accusations dont les fameux détournements de fonds, dont on mesure maintenant la vacuité.

LPLD.fr : Vous avez également été déféré parce qu’il vous était reproché de ne pas avoir accompli votre service, avez-vous été sanctionné pour cela, comme la presse en a dernièrement fait état ?

R.Zouhhad : Non, je n’ai pas été sanctionné pour ce motif, contrairement à ce qu’affirme la presse en question. Cette accusation, également portée par M. Mayol, avait été relayée par l’IGAENR et a conduit à une procédure spécifique au terme de laquelle l’Université a décidé de procéder à la saisie d’une partie de mes salaires. J’ai été contraint de porter l’affaire devant le Tribunal Administratif de Montreuil. Finalement, l’Université a renoncé à poursuivre l’action à mon encontre en raison de l’absence des preuves nécessaires que M. Mayol n’a pas été capable de lui transmettre, malgré plusieurs relances, comme l’atteste l’extrait suivant du courrier reçu de l’Université en date de février 2016 :

Ce constat et la décision qu’il entraîne ont été confirmés et entérinés par le Tribunal Administratif de Montreuil par une décision de mars 2016, dont l’extrait suit :

Il faut voir dans ce nouvel épisode la manifestation de l’incapacité récurrente de M. Mayol et de ses proches à apporter des preuves sérieuses à l’appui des nombreuses accusations proférées et reprises dans la presse, après l’avoir été dans le premier rapport de l’IGAENR.
Il n’échappera à la mémoire de personne que toutes les menaces alléguées par M. Mayol (plus de 30) ou ses proches ainsi que les agressions tout autant alléguées, depuis plus de deux ans, n’ont donné lieu à aucune arrestation par la Police à ce jour. Cela ne peut que renforcer l’interrogation sur la crédibilité, tant de leurs déclarations que de leurs dénonciations. De là à considérer tout cela comme un énorme mensonge ou une opération de manipulation visant à tromper la presse, l’IGAENR, la Police et la communauté universitaire, il n’y a qu’un pas, qu’il appartiendra aux institutions judiciaires et disciplinaires d’éventuellement franchir. En tout cas, ce qui est maintenant incontestable, c’est que M. Mayol a menti, car il n’a pas été en mesure d’apporter les preuves de ses déclarations relatives à la non-réalisation de mon service. De même qu’il a également menti en imputant le même fait à l’un de mes collègues qui a été déféré devant le conseil disciplinaire de l’Université sur ce point seul, et qui en est sortie lavé de tout soupçon.

Le paradoxe, et non des moindres, réside dans le fait que M. Mayol ou ses proches ont accompli des actes ou créé des situations qui, lorsqu’ils m’étaient imputés, ont conduit au relèvement de mes fonctions de Chef de Département ou étaient dénoncés avec force comme motif grave et légitime pour demander ma sanction. Force est de constater qu’accomplis par eux, ces actes n’ont entraîné aucune sanction à ce jour.

 

LPLD.fr : Vous avez des exemples précis qui illustrent votre propos ?

R.Zouhhad : Prenons par exemple le reproche qui m’a été fait par M. Mayol et son clan et qui a été là encore repris tant par l’IGAENR que par la presse, mais aussi par le conseil disciplinaire de l’Université. Il s’agit de l’accusation selon laquelle j’aurais fait intervenir des enseignants vacataires (professionnels intervenant ponctuellement à l’IUT) sans contrat.
Les Administratrices provisoires nommées par M. Mayol, en l’occurrence Mmes Marie-Hélène Vigliano-Feguir et Lilia Smaoui-Maalej, avouaient dans un courriel datant du mois de décembre 2015 (reproduit ci-dessous), que seuls trois contrats (comprendre de vacataires) sur 58 étaient signés à ce moment-là. Et de préciser s’il fallait demander aux autres (comprendre les 55 vacataires sans contrat) d’arrêter leurs cours ?

-------- Message original --------
Sujet: Re : Re: problème vacataires
Date : Dec 2015 10:12:23 +0100 (CET)
De : tc-dir tc-dir XXXXXXXXXXXXXXXXX
Pour : XXXXXXXXXXXXXXXXXXX
Copie à XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX

Donc on fait quoi ? Nous on a 3 contrats signés sur 58 ! On demande aux autres d'arrêter leurs cours ? Ça serait plus juste par rapport à cet enseignant qui a été écarté. Franchement je ne peux appeler ça qu'une chasse à la sorcière sinon.

Il paraît évident à la lecture de ce courriel, que l’ensemble des vacataires mentionnés, avait déjà entamé ou accompli une partie de leurs cours. On est donc en présence d’une situation où des Administratrices Provisoires avouent que près de 95 % des vacataires dont elles ont accepté l’intervention dans le Département TC n’ont aucun contrat. Il s’agit de la même situation que celle qui m’a conduit devant le conseil disciplinaire de l’Université, voué aux gémonies dans la presse ainsi que dans le rapport de l’IGAENR.

Or, ces deux personnes, qui appartiennent à ce que les inspectrices de la seconde mission de l’IGAENR ont désigné comme étant le « premier cercle » (dépêche AEF), n’ont été nullement inquiétées pour ce fait, connu de nombreux collègues de l’IUT. L’un des passages de ce courriel qui parle de justice à propos d’un enseignant vacataire paraît presque cocasse, lorsque l'on se remémore le déroulement des faits qui est empreint de tout, sauf de justice. Le poète et comique latin Térence résumait bien la situation dans le « bourreau de soi-même » : « Que d'autres aient un droit ne veut pas dire que tu l'aies. ». C’est évidemment à l’opposé du principe d’égalité.

Enfin, on ne peut manquer de relever l’interrogation soulevée : en l’occurrence s’il faut ou non demander aux vacataires d’arrêter leurs cours. Cela n’a pas été fait et l’Administrateur provisoire s’est bien gardé de le faire ou de débarquer brutalement lesdits vacataires, comme l’avait fait M. Mayol. Je crois utile de rappeler que la conséquence en a été une quasi-paralysie du fonctionnement du Département TC. Ensuite, il a été commode d’imputer cela à ma personne et à d’autres collègues.

 

LPLD.fr : Pensez-vous que M. Mayol qui s’est déclaré candidat à la Présidence de l’Université Paris 13 ait des chances sérieuses d’être élu, cela vous inquiète-t-il ?

R.Zouhhad : Il a tout à fait le droit d’être candidat, comme tout collègue de l’Université. Cependant, je ne pense pas qu’il ait une réelle chance d’être élu. Seuls les prétendants soutenus par une ou plusieurs listes de candidats au Conseil d’Administration (C.A.) peuvent sérieusement y aspirer. Or, M. Mayol n’a manifestement pas réussi à constituer les listes de candidats à ce C.A. Il a organisé une réunion publique sur la place du 8 mai 1945 à Saint-Denis pour tenter de susciter des adhésions, mais il semble que le nombre de collègues présents pouvait tenir sur un selfie. Ils n’étaient guère plus de quatre.

"En cette période tourmentée, il est probablement plus facile d’accabler de prétendus islamistes, sexistes, claniques, etc. pour des délits imaginaires, plutôt que de les défendre pour une innocence réelle!"

LPLD.fr : Les médias sont-ils toujours aussi véhéments avec vous, je pense,tout particulièrement, à une chaine d’info continue et à son animateur, mais également à un média numérique qui a été constant dans le soutien apporté à M. Mayol ?

R.Zouhhad : Votre question me rappelle la formule de Amine Maalouf qui illustre bien la situation actuelle de nos médias : « Les médias reflètent ce que disent les gens, les gens reflètent ce que disent les médias. Ne va-t-on jamais se lasser de cet abrutissant jeu de miroirs?».

De façon plus précise, l’attitude de ces médias est pour le moins étonnante. Alors qu’ils avaient donné à plusieurs reprises une tribune à messieurs Mayol et Vassallo et consorts pour proférer leurs accusations, ils semblent soudainement devenus muets. Aucun d’entre eux n’est revenu sur ces accusations, quand bien même les preuves du contraire de celles-ci sont devenues maintenant indiscutables. Quand bien même le dernier rapport de l’IGAENR revient sur certaines des accusations du premier. Leur verdict prononcé au nom de la légitimité qu’ils tirent du nombre de spectateurs, auditeurs ou lecteurs, sans cesse en baisse d’ailleurs, est sans appel.

Ces médias n’évoquent que du bout des lèvres les faits qui prouvent le contraire de ce qu’ils ont asséné depuis des mois. Ils n’osent pas écorner l’image de héraut de M. Mayol qu’ils ont d’ailleurs contribué à forger en déformant la réalité, voire en la créant de toute pièce. Il semble impossible pour eux d’écrire ou d’avouer que M. Mayol est peut-être le pourvoyeur des tapis de l’IUT ; qu’il est à l’origine avec ses comparses de la fabrication des fausses preuves, des détournements de fonds allégués ; qu’il est peut-être à l’origine d’une carambouille qui n’avait d’autre visée que de s’enrichir en y associant un autre membre de sa famille ; que son combat contre « l’islamisme » et pour le respect de la « laïcité » n’était peut-être et à tout le moins, qu’un paravent de circonstance pour dissimuler une recherche de profit personnel et au mieux, le moyen le plus adapté au contexte pour bénéficier des relais médias nécessaires au lancement d’une carrière politique à laquelle il semblait aspirer depuis longtemps. D’ailleurs, certains de ces relais persistent dans le déni de son éventuelle culpabilité et plus encore dans celui de l’innocence de ceux qu’il a accusés, en dépit des décisions et jugements qui s’accumulent et qui consacrent celle-ci.

Aucun média ou presque n’a relevé les derniers « dérapages » de M. Mayol. Pourtant, plusieurs collègues s’étaient manifestés par le passé pour tenter d’attirer l’attention sur le sens réel des décisions et déclarations de M. Mayol. L’un d’eux vient d’ailleurs d’être sanctionné par le conseil disciplinaire de l’Université pour l’avoir exprimé sur Twitter. Aucune réaction du ministère de l'Éducation nationale, alors qu’il vient de consacrer officiellement et à grand renfort de médias une semaine contre le racisme et l’antisémitisme! Nous savons désormais que l’on peut tenir des propos nauséabonds comme l'a fait M. Mayol dans la presse, allant jusqu'à déclarer que : « l’on est dans une ambiance méditerranéenne » ou bien encore que « sur les 26 vacataires embauchés par Rachid Zouhhad, qu’on n’a jamais vus, 23 étaient musulmans » (déclaration relayée dans un article de l’Obs de C. Brizzard daté du 11 mars dernier), puisque de toute façon, les mensonges et autres inexactitudes trouvent des relais… Car oui, que risque-t-on pour de tels propos ? À tout le moins, rien. Au mieux, un autre prix de la laïcité comme récompense!"

Peu importe que M. Zouhhad n’ait pas recruté les 26 vacataires en question, nous n’en sommes plus à une approximation ou un mensonge près! Ce qui importe c’est de savoir à partir de quelles informations ou de quels fichiers, dès fois qu’il en existerait un, M. Mayol peut-il déterminer la religion, réelle ou supposée, de l’un ou l’autre des intervenants à l’IUT et si cela relève ou non de ce qui tombe sous le coup de la Loi.

Ce qui accentue le malaise devant une telle déclaration, c’est que M. Mayol affirme en substance que personne n’a vu ces vacataires, alors comment est-il parvenu à déterminer qu’une grande partie est musulmane ? Aucun média n’a relevé cela, c’est hallucinant! Aucune autorité n’a relevé le fait que cette déclaration émane d’un fonctionnaire de l’État. Quid également du Ministère : la campagne contre le racisme et l’antisémitisme suffit-elle à se donner bonne conscience et à s’affranchir de toute action concrète pour lutter contre ce fléau ? En tout cas et à ce jour, aucune réaction de qui que ce soit, n’a eu lieu...

Où sont les médias qui hurlaient hier avec la meute ? Où sont les animateurs de ces médias numériques , ou chaînes d’info continue qui hier ou plus récemment encore, nous invitaient à sortir nos mouchoirs pour pleurer sur le sort d’une personne dont toutes les allégations n’ont été étayées par aucune preuve soumise à un examen sérieux ou qui ont été purement et simplement contredites par les faits recoupés et vérifiés ? En cette période tourmentée, il est probablement plus facile d’accabler de prétendus islamistes, sexistes, claniques, etc. pour des délits imaginaires, plutôt que de les défendre pour une innocence réelle! Est-ce que les partisans inconditionnels et les cautions morales de M. Mayol le soutiennent encore, quand il déclare s’agissant de personnes « que l’on » a jamais vu, qu’elles sont « musulmanes » ? Est-ce cette laïcité que l’on a primée devant une assemblée prestigieuse, dont le Premier ministre Manuel Valls? Est-ce cette attitude et cette considération d’autrui que ses soutiens souhaiteraient que les fonctionnaires adoptent ? Est-ce qu’une telle attitude est conforme aux valeurs républicaines que ces mêmes soutiens prétendent défendre et promouvoir ?

Mon indignation aurait été la même dès lors que des personnes, quelles qu’elles soient, sont stigmatisées sur le fondement de critères de même nature...

"Ma réclamation a toujours été... que les investigations nécessaires soient effectuées afin que chacune et chacun assument ses responsabilités et que le passé soit définitivement derrière et ne reviennent plus dans le présent ou l’avenir de l’IUT, comme c’est encore le cas aujourd’hui"

LPLD.fr : Depuis les nombreux rebondissements de ces dernières semaines les mentalités ont-elles changé à votre propos sur le campus et dans l’opinion?

R.Zouhhad : les décisions de la Présidence de l’Université de suspendre M. Mayol puis de reconduire cette suspension ont créé un électrochoc, qui a amené la communauté universitaire et au-delà, à prêter plus d’attention à l’ensemble de l’affaire. Les collègues de l’Université m’interpellent de plus en plus fréquemment et semblent être demandeurs de plus d’informations et n’hésitent pas à engager l’échange pour bien saisir les tenants et les aboutissants de cette affaire. Cela démontre une démarche délibérée des collègues de se construire leur propre vision de l’affaire et de rejeter toute tentative de manipulation.

 

LPLD.fr : À vous entendre, on a l’impression que vous souhaiteriez le départ ou la mise à l’écart des proches de M. Mayol qui sont encore en poste à l’IUT ?

R.Zouhhad : Ce n’est ni mon souhait ni mon objectif. Il m’apparaît simplement nécessaire d’en appeler à une certaine cohérence : le second rapport de l’IGAENR, tel qu’il a été rapporté par l’AEF, fait clairement état d’un groupe de personnes qui étaient très proches de M. Mayol et que l’inspection a désigné à partir des déclarations des collègues comme étant le « premier cercle ». Qui peut imaginer un instant que ce qui a justifié la suspension de M. Mayol n’ait été que le seul fait de celui-ci ? Qui peut imaginer que les nombreux faits qui ont émaillé ce triste feuilleton ne soient intimement connus d’aucune des personnes de ce « premier cercle » ou qu’aucune d’entre elles ne soit associée à un titre ou à un autre à ces faits ?

Ma réclamation a toujours été que les investigations nécessaires soient effectuées afin que chacune et chacun assument ses responsabilités, et que le passé soit définitivement derrière pour ne plus revenir polluer le présent ou l’avenir de l’IUT, comme c’est encore le cas aujourd’hui.
La situation actuelle où l’on se contente d’un consensus de façade sur le fait que M. Mayol ait été le seul responsable, conduit à la résurgence de comportements qui mettront encore à mal l’institution. J’en veux pour preuve le fait que l’une des collègues du « premier cercle » a de nouveau tenté de contraindre des étudiants du département TC à signer une pétition contre l’un de mes deux collègues, dont le déferrement récent au disciplinaire ne semble pas avoir suffisamment étanché sa soif de revanche, si ce n’est de vengeance.

Les étudiants ont refusé de produire une telle pétition et c’est heureux. Mais cela démontre que les méthodes utilisées par le passé n’ont pas disparu. Le service d’un fonctionnaire attend depuis plus de cinq mois d’être « normalement » fixé afin d’être exécuté. C’est la troisième année consécutive qu’il est l’objet d’une entrave dans la définition ou la réalisation de son service. La direction du Département préfère payer en heures complémentaires un autre collègue permanent et un vacataire, plutôt que d’économiser ces deniers publics tout en permettant à ce fonctionnaire de faire le service qu’il doit et qui lui est dû.

Ce fonctionnaire n’est autre que moi-même. La direction du Département en question est assurée par une personne appartenant au « premier cercle ». On comprend bien que de tels agissements ne sont pas guidés par la préservation de l’intérêt du département ou de l’IUT, mais traduisent la manifestation du comportement d’une personne qui a été associée par le passé à l’entreprise de M. Mayol qui visait à concocter les preuves d’un détournement de fonds, qui n’ont pas résisté à l’épreuve d’un examen sérieux des services de l’Université. Cela peut susciter l’envie de s’acharner après celui dont l'élimination a échoué...

L’urgence de la situation commandait d’agir rapidement pour trouver une solution, c’est ce que j’ai demandé par écrit. Ce qui m’a été proposé par l’Administration provisoire; c’est de me recevoir dans un mois ou presque!
Concernant cette même chef du département TC, les collègues attendent toujours qu’elle fasse état de son parcours universitaire, comme c’est traditionnellement le cas lorsqu’on est candidat à la direction d’un Département ou toute autre fonction de l’Université. Elle n’en a rien fait à ce jour et certains collègues se posent la question et ont demandé par écrit à l’Administration de l’Université que son C.V. soit porté à leur connaissance, puisqu’elle s’y refuse. Les collègues souhaitent simplement savoir si cette chef du département TC a au moins un master, une maîtrise ou une licence ? À défaut, a-t-elle un diplôme universitaire reconnu en France qui soit à tout le moins égal au niveau du diplôme délivré à nos étudiants auxquels elle prodigue des enseignements, en l’occurrence un Bac+2 ou 3 ?
Cet aspect n’est pas anecdotique, mais relève d’un principe fondamental dans notre institution, dont l’intérêt n’échappera pas aux parents d’élèves ou étudiants que nous sommes toutes et tous : un enseignant doit posséder un diplôme de niveau supérieur à celui des étudiants à qui il enseigne.

L’Omerta sur le parcours universitaire de cette responsable de département soulève quelques inquiétudes quant à sa crédibilité dans la représentation de notre institution, dont tous les membres enseignants ou enseignants chercheurs ont à tout le moins des bac+4 et sont presque toutes et tous lauréats de concours tels que le CAPES, l’Agrégation des lycées, la Maîtrise de conférences ou, pour le plus haut grade dans la fonction d’enseignant-chercheur, celui de professorat des Universités.
Cet aspect rejoint celui déjà soulevé par le passé dans nos échanges et concernant un vacataire « photographe » de son état, qui ne semblait pas posséder les titres et compétences pour intervenir à l’IUT. Après avoir été remercié par l’Administration centrale, puis rappelé par on ne sait qui, il a été de nouveau remercié et est de nouveau revenu. Depuis, il a participé à des soutenances de travaux des étudiants qui portent sur des sujets qui requièrent quelques compétences en gestion. Ceci n’est pas ignoré de l’Administration, est-ce que cela a donné lieu à une action dans l’intérêt de l’institution et des étudiants ? Aucunement. La seule chose qui ait été proposée pour peut-être exploiter les compétences photographiques de ce vacataire est une séance de « shooting », comme l’indique le courriel suivant :

tc-adm tc-adm <tc-adm@iutsd.univ-paris13.fr>
À tc-dir tc-dir
fév 5 à 12h30 PM

Bonjour à Tous Vous êtes TOUS conviés à la séance de shooting. Choisissez le créneau horaire qui vous convient. Participez ! Soyez sur notre poster ! Ayez votre portrait façon "Harcourt" ! http://doodle.com/poll/4qq4tfh2p6bgenv6 En pièces jointes, quelques exemples.
Cordialement
XXXXXXXXXXXXX

Franchement, je ne pense pas que l’attente de nos étudiants soit d’avoir des enseignants qui posent comme des stars sur des photos en noir et blanc faites à la façon de Henri Alekan. De surcroît, on peut légitimement se demander si c’est cette activité justifie le retour et la rémunération d’un vacataire dont les compétences ne font pas partie de celles qui sont nécessaires à la formation de nos étudiants.

On voit bien ici que ce qui est demandé n’est pas d’écarter X ou Y mais de remettre lucidement à plat certains aspects du fonctionnement de notre institution et d’avoir le courage de s’atteler à la résolution des vrais problèmes. De même, et en lien avec les événements évoqués, je crois vraiment utile de ne pas s’exonérer de l’effort nécessaire à la mise à jour des responsabilités, quel que le soit le fait considéré et quelle que soit l’entité en charge de l’investigation : l’Université, la Police, la Justice ou l’association des trois.

"L’un de nos collègues a été suspendu pendant sept mois, jusqu’au terme de la procédure disciplinaire et personne...ne s’en est ému. La même mesure est perçue comme insupportable lorsqu’elle affecte M. Mayol..."

LPLD.fr : Doit-on comprendre que vous demandez une troisième enquête de l’IGAENR ?

R.Zouhhad : Non. De surcroît, je ne crois pas cela possible pour plusieurs raisons, dont la principale est le fait que cela conduirait à une enquête de l’IGAENR qui porterait inévitablement et en partie sur les actes accomplis par l’Administrateur Provisoire qui appartient également au corps de l’IGAENR. Ainsi, ce corps se retrouverait d’une façon ou d’une autre dans une situation où il devrait évaluer ou juger l’un des siens.

 

LPLD.fr : Et l’intérêt des étudiants dans tout cela à l'heure ou le chômage des jeunes explose?

R.Zouhhad : Tout ce qui est fait pour faire en sorte que l’institution puisse fonctionner au mieux sert l’intérêt des étudiants. C’est d’autant plus nécessaire que pour beaucoup, une formation solide et reconnue, est le principal atout pour accéder à un emploi et en vivre ensuite correctement. Beaucoup de jeunes ne disposent pas des réseaux familiaux nécessaires pour faciliter leur insertion et un bon diplôme reste encore aujourd'hui la meilleure garantie pour pallier un tel handicap.
C’est encore leur intérêt qui est présent à l’esprit de beaucoup de collègues lorsqu’ils font état des conditions de travail et d’études. Plusieurs salles de travaux pratiques sont actuellement fermées ou ne présentent plus de garanties suffisantes quant à la sécurité tant des personnels que des étudiants. Les matériaux manipulés présentent un danger pour leur sécurité et celle des collègues. Cet aspect doit être urgemment réglé et plusieurs collègues n’ont de cesse de le rappeler, or rien n’a été fait à ce jour. C’est à cela que doivent s’atteler l’Administration provisoire et l’Université, sans attendre de devoir le faire sous la contrainte de la survenance d’un accident grave avec les conséquences humaines que cela ne manquera pas d’avoir.

 

LPLD.fr : Comment expliquez-vous le maintien du soutien apporté à M. Mayol par le Secrétaire général du syndicat auquel il appartient, qui a adressé récemment un courrier à la ministre pour demander sa réhabilitation et dénoncer l’acharnement du Président de l’Université à son égard en raison de la reconduction de sa suspension jusqu’en novembre 2016?

R.Zouhhad : Je constate une nouvelle fois qu’il y a en l’espèce un constant « deux poids, deux mesures ». L’un de nos collègues a été suspendu pendant sept mois, jusqu’au terme de la procédure disciplinaire et personne ne l’a plaint et ne s’en est ému. La même mesure est perçue comme insupportable lorsqu’elle affecte M. Mayol. Je crois qu’il faut également rafraîchir les mémoires de certains sur l’acharnement dont a fait preuve M. Mayol à l’égard de ce collègue. Il a envoyé à plusieurs reprises la sécurité de l’IUT pour demander à ce collègue, fonctionnaire en poste dans l’établissement, d’en sortir immédiatement, alors qu’aucune interdiction ne pesait sur lui à ces moments-là.

Cela, on ne peut le contester, car j’y ai assisté et suis intervenu pour demander de justifier l’ordre dont les agents de sécurité se prévalaient. Je rappelle qu’à cette occasion précise, la Responsable administrative d’alors qui agissait sur ordre de M. Mayol n’a pas hésité à me mentir en affirmant que l’ordre lui venait du Directeur général des Services de l’Université (DGS) et qu’elle se contentait d’appliquer les termes d’un arrêté qui interdisait l’accès à ce collègue. Manque de chance pour elle, j’avais connaissance de l’arrêté qui ne comportait aucune interdiction d’accès aux locaux de l’IUT pour cet enseignant. Double malchance, car j’ai également contacté le DGS devant elle, qui m’a confirmé qu’il n’y avait aucune interdiction d’accès aux locaux qui pesait alors sur mon collègue. Si l’on est soucieux du respect des règles et des personnes, il ne faudrait pas que cela soit à géométrie variable, plus encore lorsqu’on est syndicaliste.

M. Mayol a appliqué à autrui, de façon discrétionnaire et sans fondement légal, ce dont il est l’objet et qui s’inscrit dans le cadre strict d’une procédure régulière. Il peut la contester, c’est son droit, mais il doit avoir la pudeur de ne pas se plaindre quand il a fait subir à d’autres le même traitement sans avoir pris l’élémentaire précaution de s’entourer des garanties légales dont il bénéficie aujourd’hui.

Culpabilité systématique dans un cas et innocence automatique dans l’autre, c’est cela le deux poids, deux mesures.
Concernant l’interdiction dont il est l’objet de la part du Président de l’Université, une fois encore M. Mayol a la possibilité de la contester et s’il venait à avoir gain de cause devant la justice, il pourra naturellement exiger l’application de ce jugement. En cela, il ne faudrait pas oublier que la même justice avait condamné l’Université le 24 mars 2015 pour un acte accompli par M. Mayol et qu’il n’a jamais exécuté sa décision. « Voilà l'homme tout entier, s'en prenant à sa chaussure alors que c'est son pied le coupable. » (Samuel Beckett).
Il y a un aspect qui a échappé au Secrétaire général et à son syndicat, c’est l’effet positif de cette décision du Président de l’Université. Je ne parle pas de celui ressenti par les personnels de l’IUT, déjà évoqué. Non, je pense au fait qu’il a échappé à beaucoup, que depuis sa première suspension en novembre 2015, et jusqu’à ce jour, il n’a plus été rapporté par M. Mayol de faits de menaces ou d’agressions sur sa personne.

Il convient de se souvenir que lorsqu’il était en fonction, c’est en moyenne près d’une à deux menaces par mois qu’il prétendait recevoir, et dont on n’a jamais trouvé les auteurs, pas plus d’ailleurs que ceux des agressions tout autant alléguées. On peut donc reconnaître à la décision de suspension de M. Mayol une conséquence heureuse pour lui, c’est la disparition pure et simple des menaces et agressions dont M. Mayol nous faisait part à grand renfort de médias et dont les auteurs pointent toujours aux abonnés absents. Si l’on s’en tient à ce constat, la reconduite de sa suspension jusqu’en novembre 2016 devrait lui permettre d’être à l’abri de toute nouvelle menace ou agression.

 

LPLD.fr : Mais s’agissant du maintien du soutien du Secrétaire général de ce syndicat à M. Mayol, vous paraît-il justifié ?

R.Zouhhad : Il est dans son rôle qui est celui de défendre ses adhérents. Mais il était également dans son rôle de défendre les collègues même non adhérents de son syndicat lorsqu’ils subissent une injustice ou un traitement inique. Je ne l’ai pas entendu à cette occasion. Défendra-t-il encore M. Mayol si celui-ci quittait son syndicat pour en rejoindre un autre, comme il a essayé de le faire il n’y a pas si longtemps en compagnie de l’un de ses plus fidèles soutiens ?
À ce collègue Secrétaire général, que je respecte en tant que tel, aux membres de ce syndicat dans lequel je compte de nombreux amis, je voudrais juste rappeler cette citation : « Les passions peuvent me conduire, mais elles ne sauraient m'aveugler » (Marie-Madeleine de La Fayette, La Princesse de Clèves).

"Nous sommes en avril 2016 et M. Christofol,... persiste à soutenir M. Mayol alors que toutes les accusations de ce dernier ont été purement et simplement balayées par le conseil disciplinaire de l’Université et par les investigations de la Police"

J’ai de plus en plus le sentiment qu’ils ont été dupés et sont depuis dans une situation de déni de réalité. Il faut se rappeler que le SG de ce syndicat déclarait dans la presse en mai 2015 : « le document (s’agissant du premier rapport de l’IGAENR) confirme tous les faits dénoncés par Samuel Mayol ». D’ajouter : « le montant des heures indues équivalent à 4 000 heures soit environ 200 000 euros est confirmé à l’heure près ». Et enfin de conclure : « aucune hypothèse sur l’utilisation de ces fonds n’a été confirmée ». Il s’est même aventuré à avancer plusieurs hypothèses, quant à la destination de ce qui était alors considéré comme un « détournement de fonds » : « l’enrichissement personnel, le financement syndical ou le financement d’une association religieuse ».
Nous sommes en avril 2016 et M. Christofol, puisque ce sont ses déclarations dont il s’agit, a maintenant toutes les réponses à ses interrogations ! Pourtant il persiste à soutenir M. Mayol alors que toutes les accusations de ce dernier ont été purement et simplement balayées par le conseil disciplinaire de l’Université et par les investigations de la Police. Plus encore, aucune des allégations de menaces et d’agressions de M. Mayol n’a été confirmée par une quelconque institution : Police, Justice ou conseil disciplinaire de l’Université. A contrario, des suspicions sérieuses pèsent dorénavant sur l'ex-directeur de l'IUT et seront examinées par le conseil disciplinaire, dans l’attente peut-être de devoir en répondre devant la police et la justice.

Donc, pas de sexisme, pas de communautarisme, pas de détournements de fonds, pas d’enrichissement personnel, pas de versement de fonds à un quelconque syndicat parce qu’ils n’ont jamais été détournés ni même de versement à une quelconque association, religieuse ou non. En revanche, M. Christofol s’interrogera-t-il à voix haute pour savoir si c’est au nom ou au profit d’une association religieuse que M. Mayol a tenté de déposer des tapis dans un local, si l’on en croit l’accusation portée par l’Université à son encontre ? M. Christofol, s’interrogera-t-il de la même façon sur les conditions de passation de la convention avec le CODIS dans lequel travaille l’épouse de M Mayol ? S’interrogera-t-il tout autant sur le détournement de fonds public et sa destination, personnelle ou syndicale, dont M. Mayol est suspecté, si l’on en croit l’arrêté de suspension de l’Université ?

Mais, et surtout, est-ce que M. Christofol, qui est assurément aussi attaché que le sont tous nos collègues et moi-même aux valeurs républicaines, apportera-t-il encore son soutien à M. Mayol lorsque celui-ci déclare :
« Sur les 26 vacataires embauchés par Rachid Zouhhad, qu’on n’a jamais vus, 23 étaient musulmans ».
Je ne pense pas que ce type de propos s’inscrive dans le cadre des valeurs que M. Christofol et son syndicat défendent et promeuvent. La question est alors de savoir s’il les condamne ou non?
Enfin, M. Christofol, déclare dans sa lettre à la ministre en date du 24 mars 2016 que :
« Cet avis est renforcé par la nature des fuites transmises à l’AFP, du prochain rapport de l’IGAENR sur la gestion de l’IUT de Saint-Denis qui tendent à discréditer la gestion de notre collègue sans faire part d’autres points plus élogieux relatifs à l’exercice de ses fonctions.»
A-t-il oublié que le collègue qu’il défend, M. Mayol, a été lui-même à l’origine de la fuite du premier rapport de l’IGAENR, comme l’a déclaré l’Association ANTICOR dans la presse en octobre 2015. De même, que M. Mayol a été le principal acteur de la campagne médiatique menée contre ma personne, qui a duré plus d’un an et demi, et qu’il a lancée en mai 2014 par l’entremise de l’animateur d’une grande radio nationale, dans laquelle j’ai été à maintes reprises nommément désigné comme le responsable de toutes ses allégations en violation totale de la présomption d’innocence. Cette campagne était fondée sur des accusations graves et mensongères, on le sait maintenant, de façon sûre et définitive. Est-il prêt à le reconnaître maintenant ? M. Mayol a-t-il rendu visite à plusieurs reprises à l’association ANTICOR, à la DGSI ou au Ministère pour évoquer des points « élogieux relatifs à l’exercice de ma fonction » ?

 

LPLD.fr : Vous semblez, malgré les nombreuses preuves, être victime d'un véritable parti pris contre vous, non?

R.Zouhhad : Toujours concernant le reproche fait à l’exploitation par les médias des fuites relatives au rapport de la seconde mission de l’IGAENR, celui de ne pas faire la part des aspects positifs à mettre à l’actif de la gestion de M. Mayol, je me demande si le SG du syndicat en question a ou non pris connaissance des rapports internes de l’Université fondés sur les déclarations des collègues de l’IUT, qui font état d’une situation où beaucoup ont subi des menaces, intimidations et autres méthodes mises au crédit de M. Mayol et de ce qu’ils ont qualifié de « premier cercle » et qui a semble-t-il été repris par le rapport de l’inspection (selon l’AEF) ? M. Christofol a pris connaissance dans les parties précédentes du présent échange des extraits du rapport financier établi par les services de l’Université Paris 13. Il y a peut-être découvert des aspects dignes d’éloges quant aux méthodes de M. Mayol et de son équipe, notamment dans la fabrication des preuves qui lui ont servi à porter les accusations de détournement de fonds à mon sujet.
Tout le monde l’aura compris, cette interpellation à destination de M. Christofol ne vise nullement sa personne ou l’action menée par son syndicat en dehors de cette affaire. Elle est juste destinée à l’inviter à vérifier les informations qui lui ont été transmises et qui pourraient l’avoir induit en erreur, tout comme le syndicat qu’il représente.

En dernier lieu, je ne peux que m’interroger sur l’objet de cette démarche qui me semble être destinée à éviter à M. Mayol une épreuve que d’autres ont eu à subir à sa demande, car faut-il le rappeler, c’est M. Mayol qui a demandé leurs déferrements devant le conseil disciplinaire. Il est légitime de s’interroger sur le sens d’une telle démarche ou de ce qui peut ressembler à une protection, car M. Mayol semble déjà bénéficier d’une bienveillance exceptionnelle, peut être due à des appuis bien plus puissants et efficaces que ceux d’un syndicat et qui lui ont permis de ne pas avoir à répondre devant la Police et la Justice de faits particulièrement graves.

La quête éperdue de M. Mayol pour un traitement privilégié, quelle que soit la situation, n’échappera à personne. Si l’on prend le fait disciplinaire, M. Mayol a demandé le déferrement de trois personnes, dont je suis, devant la section disciplinaire de l’Université Paris 13. Il est venu témoigner à charge contre ces trois personnes et devant ce même conseil disciplinaire. Et voilà qu’il y a peu il a usé de son droit de demander à ne pas être jugé par ce même conseil disciplinaire de l’Université Paris. En somme, ce qui est appliqué aux autres ne doit pas s’appliquer à M. Mayol. Le conseil disciplinaire de l’Université Paris 13 est digne d’entendre la déposition à charge de M. Mayol mais n’est pas digne de le juger. En revanche, les membres de ce conseil disciplinaire qui était une émanation du Conseil d’Administration de l’Université Paris 13 deviennent soudainement dignes de l’entendre dans la position de candidat à la Présidence de l’Université Paris 13.
Cette histoire et l’attitude des principaux protagonistes, volontaires ou involontaires, sont assez bien restituées par cette phrase de Diderot : « je crois que si le mensonge peut servir un moment, il est nécessairement nuisible à la longue, et qu'au contraire la vérité sert nécessairement à la longue bien qu'il puisse arriver qu'elle nuise dans le moment »...

LE RAPPORT FINANCIER, RÉALISÉ PAR L’UNIVERSITÉ PARIS 13 QUE NOUS AVONS UTILISÉ POUR ÉTAYER LE PROPOS DE RACHID ZOUHHAD DANS LA SECONDE PARTIE DE NOTRE INTERVIEW EST ACTUELLEMENT EN POSSESSION DE LA BRIGADE FINANCIÈRE DE LA POLICE. ESPÉRONS QUE CE NOUVEL ÉLÉMENT PERMETTE À L'ENQUÊTE D'ÉTABLIR TOUTE LA CLARTÉ SUR CETTE AFFAIRE QUI N'A QUE TROP ÉCLABOUSSÉ L'ÉDUCATION NATIONALE DEPUIS TROIS ANS! (Crédits : D.R)
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equipe@lpld.fr (Cedrik Viala)La-Une LPLDWed, 13 Apr 2016 09:37:00 +0200
"Il est urgent d'avoir une réaction de la société dans son ensemble pour lutter contre les divers phénomènes de radicalisation"http://www.lpld.fr/index.php/reaction-de-la-semaine/il-est-urgent-d-avoir-une-reaction-de-la-societe-dans-son-ensemble-pour-lutter-contre-les-divers-phenomenes-de-radicalisation http://www.lpld.fr/index.php/reaction-de-la-semaine/il-est-urgent-d-avoir-une-reaction-de-la-societe-dans-son-ensemble-pour-lutter-contre-les-divers-phenomenes-de-radicalisationLa place de la république au lendemain des attentats du 13 novembre dernier à Paris est désormais le symbole de recueillement pour les Parisiens à chaque attentat perpétré, comme ce fut le cas il i y a quinze jours à Bruxelles. (Crédit D.R)
Exclusivité Interview Christophe Rouget commandant de police chargée de la communication du syndicat des cadres de sécurité intérieure (SCSI) Propos recueillis par Cédrik Viala LPLD.fr : Quinze mois après les attentats de Charlie et de l'hyper casher, plus de quatre mois après les attentats de novembre 2015, et prés de quinze jours après les attentats de Bruxelles, la France peut-elle répondre efficacement à une éventuelle nouvelle attaque terroriste aujourd'hui? Ch.Rouget : La France répond tous les jours a des attaques terroristes. L’arrestation de Reda Kriket en est la dernière preuve. Si la question est de savoir si elle peut répondre à toutes, c’est certainement malheureusement, non. Aucun pays n’est arrivé à cela. Aujourd’hui, la menace est permanente et globale. Les attaques peuvent venir de l’extérieur, d’étrangers en France, de Français revenant des terres de combats, des réseaux constitués, d’individus isolés. Nous ne pouvons absolument pas maitriser matériellement et humainement toutes…
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equipe@lpld.fr (Cedrik Viala)Réaction de la semaineMon, 04 Apr 2016 04:09:20 +0200
AFFAIRE DE L'IUT SAINT-DENIS : ET SI SAMUEL MAYOL ET SON CLAN AVAIENT TOUT MANIGANCÉ ?http://www.lpld.fr/index.php/la-une/acte-vi-affaire-de-l-iut-saint-denis-et-si-samuel-mayol-et-son-clan-avaient-tout-manigance http://www.lpld.fr/index.php/la-une/acte-vi-affaire-de-l-iut-saint-denis-et-si-samuel-mayol-et-son-clan-avaient-tout-maniganceL'ex-directeur de l'IUT de Saint Denis, Samuel Mayol, dont la suspension à été prolongée de huit mois, jusqu'au mois de novembre prochain par le Président Jean Loup Salzmann, ici devant ses étudiants à l'occasion de l'hommage rendu aux victimes des attentats de janvier 2015. (Crédit : Facebook IUT de Saint-Denis)
EXCLUSIVITÉ LPLD.fr : Rachid Zouhhad revient en détail sur la plainte d’ANTICOR, la décision du Conseil disciplinaire de L’Université Paris 13, sur l’état d’avancement de ses plaintes ainsi que sur les différentes anomalies et dysfonctionnements divers que M. Mayol n’a jamais évoqués. Acte VI partie I« Les accusations de Samuel Mayol de plus en plus contredites par les résultats de récentes investigations » Propos recueillis par Cédrik Viala

LPLD.fr : Où en est l'enquête de police concernant les 36 menaces de mort et les deux agressions revendiquées par M. Samuel Mayol ?

R.Zouhhad : Pour le moment et à ma connaissance : nulle part. Justement, l’absence de toute action à ce jour de la Police et de la justice au regard des soupçons graves dont M. Mayol est l’objet, m’interpelle encore. Peut-être suis-je dans le doute, mais il est difficile de comprendre qu’un collègue et moi-même ayons été placés en garde à vue, avec un dossier qui s’est avéré inconsistant et artificiel et que presque six mois se sont écoulés depuis que les soupçons sérieux qui pèsent sur M. Mayol sont apparus, et que cela n’a donné lieu à aucune réaction de la police comme de la justice. Il est tout aussi incompréhensible que certains faits rendus publics et donc maintenant connus de l’Administration ne valent aucun déferrement au disciplinaire aux auteurs présumés ou une quelconque saisie de la justice à fin d’instruction. Cela est d’autant plus étonnant au regard de ce qui a été retenu à notre encontre par ce même disciplinaire. En tout cas, les multiples dépôts de plaintes et signalements opérés n’ont rien donné à ce jour. Je comprends bien qu’en ces circonstances dramatiques, il y ait d’autres priorités qui s’imposent aux services de sécurité, mais certaines de nos plaintes et saisies sont antérieures aux derniers événements dramatiques et d’autres, sont postérieures.

Je crois utile de rappeler que l’information judiciaire dont le parquet de Bobigny a été saisi par le ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche d’alors, M. Benoît Hamon, date d’il y a presque deux ans déjà!

« …quelle suite peut-on donner à une plainte pour détournements de fonds, alors même que l’enquête interne de l’Université fondée sur un rapport…démontre qu’il n’y a ni détournement de fonds ni intention dans ce sens ».

LPLD.fr : D’autre part où en est la plainte de l’association Anticor concernant les malversations dont on vous a accusé et qui a été déposée le 2 octobre dernier par cette association ?

R.Zouhhad : Pas plus avancée que l’enquête de la police à ce jour. Ceci étant, je me demande bien quelle suite peut-on donner à une plainte pour détournements de fonds, alors même que l’enquête interne de l’Université Paris 13 fondée sur un rapport, autrement plus sérieux et solide que celui de la première mission de l’IGAENR, versé dans le cadre de la procédure disciplinaire, démontre qu’il n’y a ni détournement de fonds ni intention dans ce sens. S’il y a une suite décidée par la justice, je dispose d’éléments suffisamment probants pour assurer ma défense. Toutefois, si l’association Anticor souhaite agir pour des motifs plus solides, elle n’a que l’embarras du choix parmi tous ceux qui ont été signalés à l’IGAENR, ou encore ceux qui ont été révélés dans les publications précédentes de Lpld.fr. Il est toutefois très curieux que cela n’ait suscité aucune réaction de la part de cette association pourtant encline à combattre les irrégularités qui touchent nos institutions? 

 

LPLD.fr : Que voulez-vous dire ?

R.Zouhhad : L’affaire du CODIS avait été signalée à plusieurs reprises, y compris auprès du Procureur de la République. Il semble que l’enquête et les vérifications internes effectuées par l’Université aient abouti à considérer cela comme un motif sérieux puisqu’il figure dans le premier arrêté de suspension de M. Mayol et figure encore de façon plus précise dans le second, qui vient d’être rendu public, comme l’indique l’extrait suivant :

Il y a toutefois encore de nombreux autres aspects qui méritent un examen tout aussi attentif. Ainsi, le fait que M. Mayol ait semble-t-il rémunéré un enseignant retraité pour une prestation de services peut être considéré comme une faute, car on ne peut recruter et rémunérer une personne retraitée de notre Administration. Des personnes avaient tenté de m’imposer cela lorsque j’assurais la responsabilité du Département Techniques de Commercialisation (TC) et j’avais alors refusé de le faire sur le fondement de cette règle, je n’ai jamais été contredit par la suite. Au vu de certaines pièces fournies par M. Mayol et qui m’ont été communiquées, je constate qu’il est passé par un autre chemin pour parvenir à ses fins.

 

LPLD.fr : Samuel Mayol serait-il coupable de ce dont il vous accuse depuis le début de l'affaire?

R.Zouhhad : En effet, l’autre affaire, révélée par la Direction de l’Université, en l’occurrence l’octroi de congés qui semblent indus à des personnels et leur gestion au moyen d’un système de comptabilisation parallèle, n’a non plus suscité aucune réaction de l’Association en question. Pourtant, l’Université précise dans le second arrêté qui reconduit la suspension de M. Mayol, qu’il y a bien eu un préjudice affectant les fonds publics : 

Il s'agit de celui tiré de l'arrêt de suspension qui mentionne la mise en place du système parallèle de comptabilisation des congés. Une fois de plus cet aspect ne semble pas susciter plus que cela l’intérêt de l’Association Anticor, ni celle d’ailleurs, du parquet ou de la Police, pourquoi?

Il y a de nombreux autres aspects qui méritent tout autant que toute la lumière soit faite au moyen d’une investigation sérieuse et approfondie, mais cela ne semble toujours pas intéresser l’Association Anticor ou la justice. A croire que les faits ou prétendus délits imputés par M. Mayol et son équipe à une catégorie de personnes identifiées par l’origine ou la religion supposée ont été suffisants pour susciter une réaction de la police, alors que l’accumulation de fait sérieux et graves à l’encontre de M. Mayol et de ses obligés, n’intéressent nullement la justice. Cela paraît assurément caricatural, mais les faits sont là pour rappeler que cela ne l’est peut-être pas tout à fait, en tout cas jusqu’à présent.

 

LPLD.fr : Pouvez-vous citer quelques-uns de ces faits et nous indiquer comment en avez-vous eu connaissance ?

R.Zouhhad : Prenons par exemple l’achat de champagne, nécessaire aux différents pots et cocktails organisés par l’IUT. La marque privilégiée jusqu’à présent porte le nom de l’un des enseignants, qui était membre du Conseil d’Administration de l’IUT (Conseil de l’Institut) au moment où a éclaté cette affaire et qui a été un soutien constant de M. Mayol. Cette marque appartient certainement à des membres de la  famille de ce collègue. Il ne s’agit pas d’un secret et je n’ai aucune source d’information confidentielle, cela est connu de presque tous les collègues de l’IUT. C’est pourquoi il est difficile de comprendre que l’on ne se soit pas interrogé au moins une fois sur les motifs du quasi-monopole de cette marque et le lien entre cet enseignant et celui qui valide ces commandes, en l’occurrence M. Mayol. 

Cela s’imposait d’autant plus que ce collègue dont le nom figure sur les bouteilles de champagne en question a été l’objet d’un signalement public, il y a quelques années déjà sur des heures complémentaires qu’un autre collègue lui reprochait d’avoir perçues sans les avoir effectivement accomplies http://pgrandemange.zeblog.com/.

C’est toujours le même collègue qui occupe depuis des années et sans discontinuité, mais aussi avec une légitimité moindre que des collègues au profil idoine, la responsabilité des relations internationales de l’IUT. Cette fonction présente comme avantage principal de devoir se déplacer à l’étranger vers des destinations qui ne manquent pas d’intérêt sur le plan touristique : la Russie, l’Espagne, la Finlande, etc. Cet intérêt est renforcé par le fait que le groupe de collègues qui a profité de ces voyages est curieusement très stable. Aucun rapport régulier sur les retombées et l’intérêt pour l’institution de cette activité n’ont été présentés devant les élus du Conseil d’Administration de l’IUT.

Cela aurait pu soulever des questions comme celle relative aux motifs ou à la nécessité de solliciter une collègue Biatss (Bibliothèque, Ingénieurs, Administratifs, Techniciens, Social, Santé), Mme Alexandra Chevalier) pour un déplacement en Finlande, alors que ses connaissances en finnois ou en anglais rivalisent presque avec mes propres capacités à dialoguer couramment avec les Kalaallits du Groenland ou les Yupiks de Russie. Est-il étonnant que cette collègue qui a été autant choyée par M. Mayol et ses obligés se soit fendue d’accusations par écrit et particulièrement graves à l’égard des trois personnes déférées au disciplinaire de l’Université à la demande de M. Mayol, dont moi-même ? Simple coïncidence évidemment. Dans un contexte de raréfaction des deniers publics et d’interrogations légitimes sur leurs usages, aucun poste budgétaire n’aurait dû échapper à un examen attentif de la part de M. Florent Tétard, qui aime à rappeler qu’il est Président de la commission des moyens de l’IUT, mais qui n’a eu d’attention que pour le seul Département Techniques de Commercialisation. La remarque lui en a été d’ailleurs faite lors de son témoignage devant le conseil disciplinaire de l’Université lors de ma comparution. 

Enfin, le dernier point que je citerai, car il y en a beaucoup d’autres, c’est l’étrange silence qui a prévalu jusqu’à présent et qui est relatif aux cumuls d’activités de certains, à commencer par celui de M. Mayol. Cet aspect déjà signalé par le passé vient d’être repris par le dernier arrêté prolongeant la suspension de celui-ci :

« Si l’Université décide de ne pas remonter aux années du mandat de M.Mayol en tant que Chef du Département Techniques de Commercialisation (2008-2012), c’est à tout le moins la restitution d’un montant proche de 190 000 euros qui pourrait lui être réclamé ! ».

LPLD.fr : De quoi s’agit-il ?

R.Zouhhad : Ce terme technique : « autorisation de cumul des activités », désigne l’obligation faite à tout fonctionnaire de demander l’autorisation préalable du Président de l’Université pour assurer une activité en dehors de l’Université et qui donne lieu à une rémunération. Plusieurs collègues assurent des cours dans des établissements autres que l’IUT. M. Mayol a fait état dans la presse de son statut de Professeur associé à l’ICD, établissement d’enseignement privé qui relève de l’IGS comme le CODIS à qui a été confiée la gestion des Licences professionnelles en apprentissage.

L’interrogation que soulève par ailleurs ce statut de Professeur associé ou les nombreux cours dans d’autres établissements que l’Université est de savoir comment peut-on concilier à la fois les charges de la gestion d’un département Techniques de Commercialisation en tant que Chef puis d’Administrateur provisoire en même temps que celle de Directeur de l’IUT, auxquelles s’ajoute la réalisation de son service d’enseignement à l’IUT. Sans oublier, les nombreuses démarches pour assurer ma promotion auprès de la DGSI, du Ministère et des nombreux contacts externes qui ont constitué son réseau d’influence et de pression, si l’on en croit l’article de Mme Libie Cousteau paru dans l’Express en novembre 2015.

M. Mayol a naturellement perçu une prime en tant que Directeur de l’IUT tout en bénéficiant d’une réduction des 2/3 de sa charge d’enseignement à l’IUT, mais cela était destiné à lui faciliter sa tâche en tant que responsable de l’IUT. Il pourrait avoir à rendre à l’institution l’équivalent de cette décharge de son service d’enseignant. Il en est de même de la prime perçue en tant que Directeur de l’IUT. Reste à connaître le sort des montants perçus pour ses cours effectués à l’ICD ou ailleurs. 

Si l’Université décide de ne pas remonter aux années du mandat de M.Mayol en tant que Chef du Département Techniques de Commercialisation (2008-2012), c’est à tout le moins la restitution d’un montant proche de 190 000 euros qui pourrait lui être réclamé. Ce montant est curieusement proche de celui qu’il m’avait accusé d’avoir détourné au profit…d’autres personnes. Cruelle coïncidence, qui illustre bien l’un des aspects de cette affaire : M. Mayol et ses proches n’ont eu de cesse d’accuser les autres d’actes farfelus, qu’ils ne se privaient pas d’exercer par ailleurs et en catimini. Procédé classique, déjà évoqué lors d’un échange antérieur.

 

LPLD.fr : Ce que vous avancez est grave, avez-vous des preuves tangibles ?

R.Zouhhad : Bien sûr, le second rapport de l’IGAENR en apporte une preuve supplémentaire s’il en était besoin : reprocher aux autres un clanisme que M. Mayol et son équipe avaient institué en mode de gouvernance de l’IUT. L’AEF citant ce rapport écrit que :

 

EXTRAIT: « Un clivage très net apparaît entre les proches du directeur (« le premier cercle », suivant l’expression employée par certains) et les autres personnels qui ont l’impression d’être à la fois abandonnés à eux-mêmes et utilisés ».

 

Il faut reconnaître à cette seconde mission de l’IGAENR un fondement sérieux à l’appui de cette affirmation. Car d’une part elle a mené de nombreux entretiens avec les collègues de l’IUT et d’autre part, elle a effectué une synthèse de plusieurs rapports internes, dont Lpld.fr a rendu compte il y a déjà plusieurs mois. Cela contraste singulièrement avec le comportement clanique qui m’avait été prêté par la première mission de l’IGAENR et qui ne reposait que sur les affirmations de M. Mayol et de ses proches.

Il me semble aussi nécessaire de rappeler que l’attention soutenue dont le Département Techniques de Commercialisation a été l’objet ainsi que certains collègues, contrastent singulièrement avec la tolérance, pour ne pas dire plus, dont d’autres collègues ont bénéficié. Il est difficile de ne pas considérer cela comme la condition du soutien inconditionnel qu’ils ont apporté à M. Mayol, souvent en dépit du bon sens et de la bonne foi. 

Il est impossible que M. Mayol n’ait pas eu connaissance ou n’ait pas procédé à la vérification des autorisations de cumul des Chefs de Départements qui assuraient des enseignements à l’extérieur de l’IUT, qui dans une école privée du boulevard Haussmann à Paris, qui dans une école localisée dans une ville située à l’extrémité du département des Yvelines. Le fait que ces collègues aient perçu une prime pour assurer la fonction de Chefs de Départements les contraint plus que d’autres au regard de cette obligation, mais aussi au regard des limites de cumul fixées par l’Université.

Cela est également vrai pour d’autres collègues qui n’exercent pas la fonction de Chef de Département, qui sont soumis aux mêmes obligations sur cet aspect, et qui sont dans les « petits papiers » de ces Chefs de Départements ou d’autres. Ainsi, d’intérêt en intérêt, de personne en personne, se construit très rapidement une « communauté d’intérêts » très solidaire et au service de celui ou de ceux qui ont fermé les yeux sur leurs pratiques. Là encore, on retrouve le procédé classique qui consiste à s’aliéner les personnes et qui est particulièrement efficace lorsqu’il s’agit de les mobiliser pour régler le compte d’un ou plusieurs intrus ou menaces pour la survie d’un tel système.

« Ni l’IGAENR, ni la justice n’ont le temps ou les moyens ou peut-être même l’envie d’aller au niveau d’investigations nécessaires pour mettre en évidence ce type de pratique ».

LPLD.fr : Vous êtes en train de nous dire que Samuel Mayol aurait conceptualisé une sorte de lobbying sur plusieurs années dans le but de servir ses intérêts ?

R.Zouhhad : Autre curiosité, que j’avais refusé de valider, mais qui l’a été de façon apparemment récurrente au titre des années antérieures à mon arrivée à la direction du département Techniques de Commercialisation : l’achat d’une page dans une revue scientifique pour un montant de l’ordre de 3000 euros. Cela ne relève pas du cadre budgétaire dont j’avais la charge sous la responsabilité de M. Mayol qui est, faut-il le rappeler, le seul responsable des décaissements effectifs. Cette dépense qui n’a rien à voir de près ou de loin avec l’intérêt de l’IUT était destinée à servir la carrière d’un collègue du Département Techniques de Commercialisation et n’est certainement pas restée sans être honorée si l’on en juge par le soutien zélé qu’il a apporté à M. Mayol.

Cette liste n’est évidemment pas exhaustive, je laisse de côté les dotations d’heures manifestement démesurées au regard des besoins de Départements dirigés par des collègues dont le soutien était nécessaire à M. Mayol. Cet aspect a déjà signalé dans la réponse au rapport de la première mission de l’IGAENR. Il en est tout autant du matériel scientifique onéreux acheté par un Département et qui, selon plusieurs collègues, a depuis disparu pour réapparaître dans les mains d’un collègue d’un autre Département qui l’utilise à des fins personnelles.

Tous ces aspects peuvent être mis sur le compte de ce que le rapport de la seconde mission de l’IGAENR a qualifié de « mode de management fondé sur des relations « affectives » plus que hiérarchiques », comme l’a rapporté l’AEF (Agence de presse spécialisée dans l’information relative à l’Education et la Recherche) dans sa dépêche du 7 mars 2016. Et celle-ci d’ajouter, en continuant de citer ce rapport, que cela traduisait le fait que M. Mayol était « désireux de tout contrôler, se substituant de fait à la responsable administrative et financière », ce qui a conduit à un « engorgement des dossiers ». On pourrait ajouter : pas de tous les dossiers, en tout cas pas de ceux des collègues qui lui étaient proches.

Ce développement pour démontrer que s’il y a bien eu un système clanique actif à l’IUT, ce n’est pas celui qui a été dénoncé de façon récurrente par l’essentiel de la presse et l’IGAENR, qui n’ont pas hésité à m’en rendre responsable, mais celui mis en place et entretenu par M. Mayol et plusieurs de ses obligés qui semblaient y trouver un avantage à un titre ou à un autre. Cela démontre également que les motifs d’une action par l’association Anticor ne manquent pas, il suffit tout simplement qu’elle s’empare de ce dossier autrement que par le bout par lequel il lui a été présenté par M. Mayol. 

Enfin, et si l’on élargit un peu le contexte, tout le monde aura compris que les soutiens dont a bénéficié M. Mayol, y compris à l’appui de certaines décisions prises dans le cadre de l’instance suprême de l’IUT, le Conseil de l’Institut, relèvent moins de la préservation des intérêts de l’IUT que de celle des intérêts personnels qui les liaient entre eux et l’ensemble avec celle des intérêts de M. Mayol. Est-il nécessaire de rappeler que la question simple posée à M. Vassallo lors d’un échange précédent dans vos colonnes sur le fait qu’il ait perçu on non de l’argent de l’IUT, n’a donné lieu à aucune réponse à ce jour. De même que celle adressée à M. Tétard, sur la présence d’entreprises privées qui utilisent les ressources de l’institution. Ajoutez à cela des rencontres régulières entre M. Mayol et les élus étudiants et vous aboutissez à une majorité pour obtenir entre autres la tête d’un Chef de Département.

Fantasmes, délires ou sentiments paranoïaques exacerbés ? Il suffit de demander à celles et ceux qui répondaient à l’invitation de M. Mayol à participer à un comité restreint et informel pour organiser mon éviction. L’un d’entre eux a finalement consenti à en parler à plusieurs collègues.

Ni l’IGAENR ni la justice n’ont le temps ou les moyens ou peut-être même l’envie d’aller au niveau d’investigations nécessaires pour mettre en évidence ce type de pratique.

 

LPLD.fr : Le Conseil disciplinaire de l'Université Paris 13 s’est enfin prononcé et vous avez écopé d’un blâme alors que votre collègue a lui été sanctionné par un recul dans l’avancement pour une période de deux ans. Ces peines paraissent à certains comme trop légères et illustrent la protection dont vous sembleriez bénéficier de la part de M. Salzmann, le Président de l’Université Paris 13. Qu’en est-il sur ce point?

R.Zouhhad : Eh bien, si certaines et certains estiment que mon collègue et moi-même avons bénéficié d’une quelconque protection y compris celle de M. Salzmann, ils n’ont qu’à s’infliger ce parcours pour bénéficier de la même protection. Il faut quand même rappeler qu’au stade où nous en sommes, il ne s’agit pas d’une peine, mais d’une triple peine.

Tout d’abord, s’agissant de mon collègue, il a déjà été l’objet d’une sanction en raison de l’évaluation dont l’a gratifié M. Mayol en introduisant dans celle-ci des éléments de nature pénale et non des moindres. Ceux-ci ne relèvent nullement des aspects sur lesquels il devait être jugé. Alors que ses évaluations avaient été jusqu’à présent très bonnes, il retrouve au milieu de l’appréciation de son travail sur le plan académique des qualificatifs comme « violent » et « a menacé de mort ses collègues ». Cela s’est reproduit deux ans de suite, ce qui a de facto entraîné un gel de son avancement pendant deux ans.

La sanction du disciplinaire ne vient donc qu’en double peine parce qu’elle légitime les conséquences de ces évaluations iniques et illégales. Aucune autorité administrative ne s’est émue de l’accusation grave dont ce collègue a été l’objet de la part de M. Mayol, alors que le procureur de la République avait déjà classé les plaintes déposées par messieurs Florent Tétard et Erik Leroux, qui l’accusaient de ces faits.

Mon collègue a été ensuite l’objet d’une cabale interne et orchestrée. Puis, de celle,  externe, dans les médias, lui prêtant ces délits, alors qu’une fois encore, cette affaire avait été classée par la justice. Et comme si cela ne suffisait pas, il lui a été ajouté un lien avec les prétendues menaces et agressions qui ont fleuri autour de la personne de M. Mayol et ses comparses. Enfin, il a subi un interrogatoire de la première mission de l’IGAENR qui a repris ces accusations sans aucune vérification de leur bien-fondé. Ajoutez-y une Garde à Vue de près de 13 h dans les locaux de la Police et une procédure disciplinaire de plusieurs mois, dont l’aboutissement a été une audience de jugement de près de 5 heures. Et pour parfaire le tout, il a été confronté à des problèmes de santé pendant plus de sept mois et gratifié d’une procédure de saisie de son salaire. Où voit-on dans tout cela le signe de la protection de qui que ce soit, y compris du Président de l’Université ?

 

LPLD.fr : Et vous concernant, comment  estimez-vous votre traitement  par le conseil disciplinaire ?

R.Zouhhad : Dans mon cas, il faut se rappeler que mon identité a été révélée dès le 19 mai 2014 par M. Mayol à une chaîne de radio nationale avec en prime des accusations telles que : clanisme ; sexisme ; sympathie et protection d’une association d’étudiants qualifiée d’islamiste ; du licenciement d’un nombre invraisemblable d’enseignants vacataires et, de façon inverse, de l’embauche d’un plus grand nombre encore de ces enseignants vacataires ; du détournement de fonds public, de l’ordre de 200 000 euros...

Ces informations se sont propagées dans tous les médias : radio, presse écrite, télévision ainsi que sur tous les réseaux électroniques. Je vous épargnerai les sites xénophobes et les commentaires des internautes dont l’essentiel considérait que ces délits étaient consubstantiels de ce que nos noms et prénoms évoquaient.

Certains sont même remontés à un rapport établi par l’IGAENR en 2005 qui semblait comporter les mêmes dérives que celles qui nous étaient prêtées en 2014 et 2015. Bien évidemment, ils ont fortuitement oublié les réponses apportées à celui-ci et l’absence de toute sanction à mon égard. J’y ajoute que j’ai été relevé de mes fonctions de Chef de Département sur la foi d’accusations verbales énumérées par M. Mayol et Mme D. D., représentante d’un syndicat d’étudiants, alors que celles-ci n’ont jamais été validées par un vote du Procès-Verbal de la séance du Conseil d’Administration de l’IUT présidé par M. Vassallo. Tous ces aspects ont été examinés par le conseil disciplinaire de l’Université qui les a invalidés, les détournements de fonds compris.

Enfin, et tout comme mon collègue d’infortune, deux auditions par les Inspecteurs de l’IGAENR, une bonne Garde à Vue et pour parachever le parcours, un disciplinaire sur plusieurs mois dont les auditions cumulées ont duré plus de 12 heures. Là encore, si quelqu’un y voit le signe d’un traitement particulièrement enviable, alors il peut adresser une candidature à qui de droit pour en bénéficier.

 

LPLD.fr : Si l’on en revient plus spécifiquement à l’issue du Conseil disciplinaire mené par l'Université Paris 13, quels sont les motifs qui ont justifié vos sanctions et comptez-vous faire appel de ces décisions ?

R.Zouhhad : Il faut rappeler que notre déferrement au disciplinaire a été demandé au Président Salzmann par M. Mayol avec l’appui des inspecteurs de la première mission de l’IGAENR. Nous étions en réalité trois à avoir été déférés. Le premier collègue a été très rapidement relaxé des accusations dont il était l’objet et qui concernaient la réalisation de son service.

Le motif retenu pour justifier la condamnation de mon second collègue à un retard d’avancement de carrière pendant deux ans est l’envoi de simples tweets. Oui, des tweets.

On peut légitimement se demander quel lien y a-t-il entre les motifs initiaux et nombreux qui ont motivé son déferrement, et le seul et unique qui a justifié sa condamnation. Ainsi, la première mission de l’IGAENR et la presse ont accusé ce collègue de tous les faits et méfaits les plus graves, sans aucune vérification sérieuse. Il aura fallu un examen plus rigoureux pour aboutir à la conclusion qu’aucune de ces accusations n’était fondée et lui trouver un motif de condamnation aussi original que l’émission de tweets. À croire que mon collègue n’était un « voyou » que parce qu’il twittait ?

Mon dossier était assurément le plus étoffé sur le plan des accusations : recrutement de vacataires sans diplômes ni compétences ; création d’une commission que l’on prétendait avoir condamné des étudiants en lieu et place de l’instance disciplinaire officielle de l’Université ; pressions sur les personnels administratifs par des collègues enseignants sans aucune intervention de ma part ; détournements de fonds, etc. La liste était vraiment fournie.

J’ai été interrogé sur tous les aspects y compris sur l’accusation qui m’imputait de n’avoir écarté de leurs fonctions que des collègues femmes ou d’avoir recruté un chômeur.

L’instruction et les investigations de la section disciplinaire de l’Université l’ont conduit à invalider purement et simplement ces accusations proférées par M. Mayol, reprises par la première mission de l’IGAENR et amplifiées par une certaine presse. 

Seuls deux reproches ont été retenus. Ils relèvent d’actes de gestion administrative relatifs à la pondération des notes des étudiants en fonction de leur assiduité et à la non-reprise des intitulés des enseignements du programme dans les états de services des enseignants. Celles et ceux qui connaissent l’institution savent bien que ces reproches pourraient être retenus à l’encontre de tous les collègues qui exercent des fonctions de Chefs de Département. Mon collègue et moi-même avons fait appel de ces décisions.

 

ACTE VI PARTIE II : Ne manquez pas la seconde partie de notre interview exclusive la semaine prochaine. Rachid Zouhhad revient sur les détournements de fonds dénoncés par Samuel Mayol et démentis par un rapport financier interne que lpld.fr à pu se procurer en exclusivité et qui selon nos sources est en possession de la brigade financière de la police ; sur sa suspension par le Président de l'Université ; sa candidature à la Présidence de l'Université et l'administration provisoire de l'IUT...

 

EXCLUSIVITÉ LPLD.fr : LE RAPPORT FINANCIER, RÉALISÉ PAR L’UNIVERSITÉ PARIS 13 DONT NOUS AVONS PU PRENDRE CONNAISSANCE ET QUE NOUS AVONS UTILISÉ POUR ÉTAYER LE PROPOS DE RACHID ZOUHHAD DANS LA PROCHAINE PARTIE DE NOTRE INTERVIEW. (Crédits : D.R)
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equipe@lpld.fr (Cedrik Viala)La-Une LPLDMon, 28 Mar 2016 09:29:06 +0200
LE FONDAMENTALISME RELIGIEUX PRÉSENT DANS LA POLICE NATIONALE SELON LA PRÉFECTURE DE POLICE PARISIENNEhttp://www.lpld.fr/index.php/reaction-de-la-semaine/le-fondamentalisme-religieux-present-dans-la-police-nationale http://www.lpld.fr/index.php/reaction-de-la-semaine/le-fondamentalisme-religieux-present-dans-la-police-nationaleSuite aux attentats de novembre dernier, 35 663 candidats ont planché lors des épreuves du concours exceptionnel de Gardien de la Paix organisé début mars, il faudra patienter jusqu'au le 21 avril prochain pour connaitre les heureux élus! (Crédit photo : Ministère de l'intérieur)
Une note confidentielle a fuité la semaine dernière dans la presse, précisant que les forces de police ne seraient plus épargnées par la radicalisation dans ses rangs. Les entorses à la laïcité progresseraient ainsi dans les commissariats avec quantité d'autres faits tels que la propagation de chants religieux en patrouille, le refus de participer à une minute de silence ou de protéger une synagogue, avec en point d'orgue des menaces fondamentalistes sur les réseaux sociaux, notamment avec des incitations à commettre des attentats...Force est de constater que la police, comme de nombreuses autres professions à risque, est de plus en plus confrontée depuis quelques années à ce phénomène de radicalisation alarmant, car ne l'oublions pas les fonctionnaires concernés pas ce nouveau fléau sont équipés d'une arme de service et ont accès à la plupart des fichiers de police! Afin de répondre à ces dérives préoccupantes, la préfecture de police de…

Exclusivité Interview Christophe Rouget commandant de police chargée de la communication du syndicat des cadres de sécurité intérieure (SCSI)....

Propos recueillis par Cédrik VIALA

 

LPLD.fr : Comment interprétez-vous la note interne de la préfecture de Police de Paris qui stipule qu’il y aurait une sérieuse progression de la radicalisation au sein des commissariats de police de la région parisienne ?

Ch. Rouget : Tout simplement comme la preuve que notre profession est bien surveillée et que des mesures efficaces de contrôles sont prises dans les services, face à ce phénomène qui touche l’ensemble de la société. Cette progression de la radicalisation est malheureusement générale dans notre pays et nous retrouvons forcément des cas isolés dans la police.

LPLD.fr : Faut-il minimiser ce constat, ces signalements sont-ils des épiphénomènes ?

Ch. Rouget : Il ne faut ni le minimiser ni en tirer des conclusions hâtives ou trop généralistes. Il s’agit ici de quelques cas particuliers qui ont été détectés et pour lesquels des mesures ont été prises.

LPLD.fr : Observez-vous ce phénomène sur tout le territoire national, ou ne touche-t-il principalement que les zones à fortes densités de population ?

Ch. Rouget : La police nationale travaille dans toute les grandes villes, les zones urbanisées et celles qui sont difficiles. C’est là où est concentrée la très large majorité des effectifs de police qui gèrent près de 80% de la délinquance nationale. C’est donc tout naturellement dans ces zones que se sont retrouvés ces quelques cas.

LPLD.fr : L’État d’urgence et les tensions communautaires sur notre territoire, ces derniers mois, ne sont-ils pas les causes principales de ce constat qui touchent désormais les rangs de la police?

Ch. Rouget : C’est encore difficile de le dire pour le moment. Il faudra un peu plus de recul pour tirer un enseignement. C’est plus sensible aujourd’hui et on en parle donc davantage, mais l’analyse doit être affinée.

"Notre profession est exemplaire, au service de tous les citoyens, et aucune dérive religieuse ne peut y être tolérée".

LPLD.fr : La note de la préfecture de police précise que la majorité des incidents concerne l'exercice de la religion musulmane au sein des commissariats, notamment lors des prières quotidiennes, mettant en péril le principe même de la laïcité au cœur même de la fonction publique, sans réponse immédiate ces dérives ne sont-elles pas dangereuses à terme?

Ch. Rouget : La réponse doit être ferme et immédiate. Notre profession est exemplaire, au service de tous les citoyens et aucune dérive religieuse ne peut y être tolérée.

LPLD.fr : Comment le ministère de l'Intérieur compte-t-il réagir?

Ch. Rouget : Avec fermeté, la tolérance zéro doit s’appliquer. La surveillance commence dès le recrutement par une très forte sélection et des examens oraux difficiles, accompagnés de tests psychologiques. La scolarité longue et collective permet ensuite de faciliter la détection d’individus qui auraient pu échapper aux premiers filtres. Le travail en équipe assure ensuite dans tous les services un « autocontrôle » efficace. Enfin, le contrôle hiérarchique quotidien, très présent, doit permettre la détection de toute dérive individuelle.

LPLD.fr : Les plus gros dérapages se seraient déroulés sur les réseaux sociaux, que pouvez-vous nous dire sur ces cas précis ?

Ch. Rouget : Les jeunes sont de gros utilisateurs de ces réseaux. C’est sans surprise que l’on retrouve ces dérapages sur les réseaux incriminés, en dehors des services où le contrôle est strict. Ces réseaux sont un espace de liberté et de parole, certains dérapent donc plus facilement dans ces espaces virtuels. Ces dérapages sont donc souvent les premiers signes forts et leurs auteurs doivent faire l’objet d’une surveillance accrue.

LPLD.fr : Toujours d’après cette note, la gendarmerie aurait décelé des cas semblables, mais dans une moindre mesure, pourquoi selon vous ?

Ch. Rouget : Plusieurs faits dans la gendarmerie ont défrayé la chronique : jeunes femmes portant le voile ou voulant partir faire le djihad. Aucune institution n’est épargnée, mais nous sommes près de 150 000 policiers contre un peu moins de 100 000 gendarmes, il est donc logique de rencontrer plus de cas dans la police. Par ailleurs, les jeunes policiers travaillent pour la majorité dans les banlieues des grandes villes françaises et résident généralement, en raison de leurs revenus, dans les quartiers où se concentrent les problèmes de délinquance, mais aussi de radicalisation. Les jeunes gendarmes sont eux logés gratuitement et de plus dans des zones rurales moins exposées. La résidence en logement collectif entre gendarmes les protège certainement encore davantage contre de tels phénomènes.

"Les jeunes recrutés dans la police nationale sont le reflet de notre société actuelle dans toute sa diversité..., le profil de nombreux convertis radicalisés et fanatisés démontre combien le phénomène n’est pas toujours lié aux flux migratoires et à l'origine des individus."

LPLD.fr : N’est-ce pas finalement peu étonnant si l’on observe à la loupe l’évolution de la société française depuis quelques années? Car pourquoi votre corporation serait-elle épargnée, aujourd’hui beaucoup de jeunes policiers, hommes et femmes, sont issus de l’immigration comme dans toute autre profession en France ?

Ch. Rouget : Vous avez raison, c’est l’ensemble de la société et tous les métiers qui la composent qui sont touchés par cette nouvelle donne. Les jeunes recrutés dans la police nationale sont le reflet de notre société actuelle dans toute sa diversité. Certains sont issus de l’immigration bien sûr, mais la radicalisation est un phénomène plus large, et elle n’est pas toujours en lien avec les jeunes dont les parents sont d'origine étrangère. Le profil de nombreux convertis radicalisés et fanatisés démontre combien le phénomène n’est pas toujours lié aux flux migratoires et à l'origine des individus.

LPLD.fr : Cette note alerte aussi vos services sur la progression préoccupante du fondamentalisme religieux dans vos rangs, notamment chez les individus convertis qui sont généralement les plus violents. Qu’en est-il réellement, y a-t-il de quoi s’inquiéter selon vous ?

Ch. Rouget : Les cas sont marginaux, détectés et gérés par le ministère de l’Intérieur. Certains s’apparentent sans doute à des suicides professionnels, car leur comportement va les conduire inévitablement à une radiation rapide. Il faut être très réactif et intraitable dans ce domaine. Bien entendu, il faut être extrêmement vigilant et c’est le travail de la hiérarchie, mais de tout l’ensemble des fonctionnaires de Police. Cette vigilance est également très forte dans l’armée. De plus, nous sommes équipés d'armes et certains services ont des informations relatives à la sécurité de notre territoire. Nous n’avons pas droit à l’erreur, nous sommes mobilisés pour protéger les citoyens et la première des sécurités est celle qui doit régner dans nos rangs. Les armes de la république ne doivent en aucun cas se retourner contre nos concitoyens.

LPLD.fr : Quel personnel de police est-il vraiment concerné par cette note, il est avancé que ce sont, pour la plupart des personnels, d’anciens adjoints de sécurité ADS aujourd’hui gardiens de la paix, Brigadiers, et qu’aucun gradé ne serait pour le moment impliqué, comment expliquez-vous cela?

Ch. Rouget : C’est assez logique, car là aussi c’est le reflet de la société auquel nous sommes confrontés. Ce sont essentiellement des jeunes qui sont impactés par ce phénomène. Ils sont au début de leur carrière et n’ont donc pas eu encore accès à des fonctions d’encadrement. Concernant les officiers de police, les recrutements sont d’un haut niveau. Seule une trentaine de postes sont offerts chaque année, ce qui en fait le concours le plus sélectif de la fonction publique. Les heureux élus sont donc triés sur le volet. L’ensemble des concours de police fait l’objet d’entretien devant des jurys composés de policiers et de psychologues.

"Le fondamentalisme religieux n’est pas interdit en France et toutes les religions génèrent leurs lots d’intégristes".

LPLD.fr : Le fondamentalisme religieux toucherait également les rangs de votre corporation, que savez-vous sur ce point, avez-vous des exemples de cas concrets?

Ch. Rouget : Le fondamentalisme religieux n’est pas interdit en France et toutes les religions génèrent leurs lots d’intégristes. La règle est claire dans la fonction publique et si rien ne l’interdit dans sa vie privée, le devoir de réserve s’impose dans nos activités. La majorité des fonctionnaires actifs travaillent en uniforme et la police, qui je le rappelle est le service public le plus contrôlé, ne tolère aucun dérapage. Ces phénomènes sont toutefois marginaux, car la sélectivité de nos concours, la nature de nos missions et notre travail en équipe sont peu compatibles avec de telles dérives.

LPLD.fr : Comment le ministère de l’Intérieur compte faire pour endiguer ce phénomène surtout avec l’arrivée des prochaines jeunes recrues qui sont très nombreuses à s’inscrire aux concours de gardiens de la paix depuis les derniers attentats du 13 novembre 2015 ?

Ch. Rouget : Les annonces de recrutements de 5000 personnels dans le contexte actuel vont impliquer une vigilance accrue. Nous devons protéger la société et donc notre police en priorité. Ces recrutements massifs de jeunes ADS (adjoints de sécurité) et gardiens de la paix devront donc faire l’objet d’une attention toute particulière. Nous devrons détecter les comportements à risques et l’ensemble des services de police et de l’armée doit par ailleurs se protéger contre toute infiltration qui pourrait être téléguidée par des réseaux terroristes. Car ne l'oublions pas, Mohamed Merah, avant de commettre ses odieux crimes, avait souhaité intégré l’armée française…

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equipe@lpld.fr (Cedrik Viala)Réaction de la semaineTue, 15 Mar 2016 09:02:27 +0100
CHRONIQUE D’UNE DEMOCRATIE A BOUT DE SOUFFLE…QUI LACHE SES LIEUX DE SAVOIRhttp://www.lpld.fr/index.php/la-une/chronique-d-une-democratie-a-bout-de-souffle-qui-lache-ses-lieux-de-savoir http://www.lpld.fr/index.php/la-une/chronique-d-une-democratie-a-bout-de-souffle-qui-lache-ses-lieux-de-savoirLa désormais célèbre Marianne en pleurs, réalisée au lendemain des attentats du 13 novembre dernier évoque le symbole d'une nation menacée dans ses valeurs les plus profondes. (Crédit :  Dessin Benjamin Régnier)
Exclusivité LPLD.fr, Interview Maître Bouziane Behillil avocat de Rachid Zouhhad et Hamid Belhakdar. ACTE I : Affaire de l’IUT de Saint-Denis : "Chronique d’une démocratie à bout de souffle…qui lâche ses lieux de savoir." Propos recueillis par Cédrik VIALA

LPLD.fr : Avez-vous pris connaissance du second rapport de L'IGAENR très attendu par le corps enseignant de l'IUT de Saint-Denis?

Bouziane Behillil : Pas encore dans son intégralité, mais le désaveu de l'action de M. Mayol est définitif. Les inspecteurs de l'IGAENR ont même dû se ranger à l'évidence de l'innocence de mes clients MM. Belakhdar et Zouhhad calomniés par la presse et par la frange laïciste et raciste de notre pays. Les services de police comme le procureur de la République de Bobigny semblent en revanche ne pas avoir encore pris la mesure de cette affaire ...

 

LPLD.fr : Ce nouveau rapport, qui semble plutôt favorable à vos clients, a fuité dans la presse ces dernières semaines. Les "médias détracteurs" de vos clients pendant plusieurs mois, n'en ont d’ailleurs pas fait écho, pourquoi ce deux poids deux mesures dans le traitement de l’information?

B.Behillil : Ce qui fait vendre est aujourd'hui principalement tourné vers le sensationnel. Cela peut également passer par un racisme ordinaire et facile. Voir dans chaque citoyen d'origine lointaine et de confession musulmane postulée un islamiste, et dans son comportement allégué une attaque de nos valeurs, fait vendre et résonne aux oreilles de nos concitoyens, désorientés par les discours nauséabonds actuels…

 

LPLD.fr : L’ambiance à l’IUT, d’après ce nouveau rapport réalisé entre novembre 2015 et janvier 2016 semble démontrer un certain apaisement, dû principalement à la suspension de son ancien directeur, Samuel Mayol.  Les tensions ont donc réellement disparu à l’IUT de Saint-Denis?

B.Behillil : Quand Mayol part, tout redémarre!  Plus sérieusement, l'arrivée de M. Bétan, ancien inspecteur IGAENR et intérimaire non polémique, n’est tout de même pas très courageux. Il n’a toujours pas procédé à la réhabilitation de mes clients, notamment leurs états de service qui ne leur sont pas rémunérés. Cela est source de doute sur son impartialité.

 

LPLD.fr : Vos deux clients, disculpés des accusations proférées à leur encontre, ont malgré tout été condamnés par leur administration. Le premier, Rachid Zouhhad, a écopé d'un blâme et le second, Hamid Belakhdar, d'un retard à l'avancement d'échelon. Quel message tirez-vous de cette décision administrative ?

B.Behillil : Les deux décisions disciplinaires intervenues qui font l'objet d'un appel sont minimalistes. Elles visent à essayer de couvrir les errements de l'Université … La sanction d'un blâme ou d'un retard dans l'acquisition d'un échelon (sanction qui n'existe pas et comme telle est illégale) est symbolique, mais il est hors de question de laisser passer cet énième abus de l'administration, qui ne veut jamais reconnaitre ses erreurs et ainsi perdre la face. Mes clients doivent être entièrement réhabilités. Ils doivent percevoir leur traitement retenu depuis des mois…et à ce moment seulement, nous pourrons considérer que la justice est passée! Le motif évoqué pour M. Zouhhad est celui d'une mauvaise détermination des heures au regard des plannings (ce qui est ridicule) et pour M. Belakhdar, un tweet interpellatif de son Université!  Les deux sont hors du champ des accusations déloyales et racistes de communautarisme et sexisme qu'ils ont essuyées, outre les détournements de fonds totalement farfelus…

 

LPLD.fr : La présidence de l’Université est également mise devant ses responsabilités par le rapport de l'IGAENR. Le président Jean-Loup Salzmann est accusé d’avoir laissé se dégrader la situation,  comment jugez-vous son rôle dans cette affaire ?

B.Behillil : Je reste médusé face à l'inaction de ce grand homme de l'éducation nationale, qui avait là l'occasion de rappeler ses convictions, à savoir la défense de tous face au racisme et à la cabale.

 

LPLD.fr : Les élections à Paris XIII, dont les résultats devaient être connus vendredi, vont elles selon vous, permettre de tirer une fois pour toutes un trait sur cet épisode et permettre enfin aux enseignants de l'IUT de se consacrer pleinement à leurs étudiants ?

B.Behillil :Je n'en attends strictement rien. M. Astruc que j'ai croisé en commission disciplinaire est un homme juste et raisonnable. Il peut à lui seul avoir le courage que M. Salzmann n'a pu mobiliser.

 

LPLD.fr : Vos clients ont décidé d’attaquer deux médias, un hebdomadaire d’opinion et un média numérique qui ont, selon eux, bafoué à plusieurs reprises leur réputation au sein de l’IUT. Qu’en est-il de ces plaintes aujourd’hui ?

B.Behillil : Elles sont en cours et viendront cette année en audience : il s'agit de journalistes ou contributeurs, qui ont vraiment dérapé dans cette affaire…et ont manqué de discernement. Cela me fait toujours penser à Audiard sur la « connerie » humaine et sa capacité à tout oser dans le but ultime d'amener de l'eau à son moulin!

 

LPLD.fr : Comment expliquez-vous le traitement subi par vos clients pendant près de deux ans, faut-il organiser une sorte de "Grenelle de l'éducation" allant du primaire à l'université, afin d'éviter ce type de dérive, à l'avenir ?

B.Behillil : L'État doit faire confiance à ses fonctionnaires et ne pas garder une attitude de lâche neutralité lorsque deux fonctionnaires sont attaqués dans leur chair par la peste brune, sous couvert de défendre une laïcité de plus en plus dévoyée.

 

LPLD.fr : Comment expliquez-vous  le mutisme de la justice et de la police depuis plus de deux ans maintenant? 

B.Behillil : La déréliction des corps policiers et judiciaires est consommée à Bobigny.  C'est depuis plusieurs années un "no man's land" judiciaire et policier, car toute plainte ou enquête est frappée de lenteur mortifère.

 

LPLD.fr : Le principe de laïcité est venu se heurter intentionnellement à cette affaire, quel constat faites-vous notamment auprès de l'opinion qui a suivi cette affaire à rebondissements?

B.Behillil : La défense de la laïcité telle qu'elle a été menée à charge contre mes clients, confirme le morcellement de la citoyenneté dans notre pays. Certains sont plus français que d'autres, semble-t-il!

 

LPLD.fr : Vos deux clients sont-ils victimes de la haine voire du racisme ordinaire de certains de leurs collègues et si oui pourquoi selon vous?

B.Behillil :Il n'y a là rien d'étonnant. La peur de l'autre est omniprésente et savamment entretenue. J'ai malgré tout bon espoir que tout retrouve sa juste place et mesure.

 

LPLD.fr : Cette affaire malheureuse n’est-elle pas symptomatique des événements tragiques que traverse notre pays actuellement ?

B.Behillil : Peut-être, mais elle démontre surtout la profondeur du fossé qui sépare les Français d'origine lointaine et ceux bien blancs, bien transparents, bien religieux, bien athées, mais surtout pas musulmans honnêtes…, qui sont toujours prompts à stigmatiser les différences. Le vrai sujet est celui de la laïcité perçue comme un rouleau compresseur des différences, donc assimilationniste et non socialisante au sens d’associés à la société. La laïcité est en réalité un principe simple qui tend à assurer le respect de chacun dans ses convictions, croyances ou non, et donc à favoriser au-delà des différences les affinités électives fondées sur le choix, le partage, l’amitié, l’amour, valeurs citoyennes fondamentales prônées par notre République.

 

LPLD.fr : L’affaire de l’IUT de Saint-Denis n’a-t-elle pas été instrumentalisée par certains politiques opportunistes, faisant par la même le jeu du Front national ?

B.Behillil :Je n'attribue pas autant d'intelligence aux politiques. Les intellectuels de gauche comme de droite ont été en dessous de tout et sont frappés d’une indignité, qui marque à jamais leur incompréhension de ce que l’islam est ou n’est pas. Comment peut-on en 2016 se revendiquer ouvertement "islamophobe", alors que l’on mène un combat noble féministe ? C’est affligeant!

  

LPLD.fr : Que vous inspire ce dossier à l’heure de l’État d’urgence et du débat sur la déchéance de la nationalité au sein de nos institutions?

B.Behillil : Le morcellement de la citoyenneté est bien consommé, et la déchéance de la nationalité, maladresse socialiste historique, outre la prolongation de l'État d'urgence, me conduit à penser que le gouvernement est définitivement dépassé, voire obsolète. Je parlerai d'un État d'urgence, qui ne respecte plus le principe d’égalité entre citoyens, notamment à l’égard des Français de confession musulmane ou supposée comme telle (noms à consonance entraînant une affectation catégorielle à un groupe dans lequel on ne s’identifie pas.  Par exemple Ali qui est d’origine lointaine, bien qu’ athée et non pratiquant, sera regardé et considéré comme musulman du fait de son prénom) et non d'un état d'urgence, période pendant laquelle on met provisoirement entre parenthèses les libertés publiques.

 

LPLD.fr : Sommes-nous au bout d’un système qui favorisait jadis l’intégration, le fameux vivre ensemble, l’image d'Épinal black blanc beur (coupe du monde 1998) bien lointaine, pour imposer aujourd’hui une assimilation d’ailleurs en panne?

B.Behillil : Les Blacks Blancs Beurs n'ont jamais cru à ce simulacre d’union nationale, dû au  3-1 de l'équipe de France. Ils savaient simplement en 1998 que pendant un temps, au moins, à l'image de l'arrivée de  la Gauche en 1981, ils seraient moins stigmatisés. Le fantasme de 1998 est celui des intellectuels de Saint-Germain-des-Prés et des «journaleux» ou commentateurs de matchs de football et non celui des malheureux que la République a oubliés.

 

LPLD.fr : Notre société avec toutes ces tentions communautaires attisées, voire entretenues quotidiennement dans les débats sociétaux ne devraient elle pas favoriser la mise en place d'un "processus d’insertion" qui permettrait aux citoyens d’origines étrangères d’être reconnue dans une société, tout en gardant leur identité originelle et leur spécificités culturelles à partir du moment ou les règles et les valeurs du pays d’accueil sont respectées ?

B.Behillil : Il faut mettre les moyens dans le développement des banlieues et non des mots : éducation, éducation, et encore éducation et financement du développement économique avec une profonde refondation de l'urbanisme citoyen en banlieue, pour rendre impossible le mirage mortifère du radicalisme. Voici, selon moi ou devrait se concentrer l'État d'urgence aujourd'hui!

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equipe@lpld.fr (Cedrik Viala)La-Une LPLDFri, 11 Mar 2016 00:43:24 +0100
COMMENT SECURISER LES ENTREPRISES FRANÇAISES FACE AU TERRORISME GLOBALISE?http://www.lpld.fr/index.php/la-une/comment-securiser-les-entreprises-francaises-face-au-terrorisme-globalise http://www.lpld.fr/index.php/la-une/comment-securiser-les-entreprises-francaises-face-au-terrorisme-globaliseAlain juillet réélu en octobre dernier à la tête du CDSE est, urgence oblige, venu parler sécurité à plus de trois cents chefs d’entreprise au ministère des Affaires étrangères, lors d’un colloque en janvier dernier. (copie d'écran AdGency)
Interview exclusive : ALAIN JUILLET, président du CDSE (club des directeurs de sécurité des entreprises) Propos recueillis par Cédrik VIALA LPLD.fr : Quel est le rôle du CDSE dont vous êtes le président pour la seconde fois depuis le mois de juin dernier?Alain Juillet : Le CDSE est un club regroupant des entreprises grandes et moyennes qui s’intéressent aux problèmes de sécurité. Leurs directeurs de sécurité ou de sureté s’y réunissent dans des commissions de travail, des séminaires, et des réunions d’échanges sur toutes les facettes de ce métier et de son environnement. Regroupant la quasi-totalité des grandes entreprises, ces 120 membres travaillent en étroite liaison avec les ministères régaliens, plus particulièrement l’Intérieur la Défense et les Affaires étrangères, ainsi qu’avec le Sénat et l’Assemblée nationale, sans oublier les organisations professionnelles, comme le Conseil national des activités privées de sécurité CNAPS* ou celles s’occupant des professionnels de la sécurité privée.…

LPLD.fr : Vous venez de participer à un colloque devant un par terre de 300 chefs d’entreprises au quai d’Orsay, dans quel but, y-a-t-il urgence?

A. Juillet : Le colloque annuel organisé par le Centre de Crise du Quai d’Orsay avec la participation des entreprises, des fonctionnaires de l’Intérieur et des militaires de la Défense, est l’occasion de faire un point de situation sur ce qui se passe à l’étranger. Nous mettons l’accent sur les zones de crise actuelles et potentielles, les menaces diffuses ou particulières, les procédures à respecter, les améliorations à apporter dans un échange très riche par la volonté partagée par tous, d’être plus efficace. Chaque année la problématique évolue, car les tensions évoluent par leur intensité et leurs localisations. Chaque année, les techniques et les approches s’améliorent et notre pays n’a rien à envier dans ce domaine, face aux autres grandes nations. Le problème, reste celui des petites et moyennes entreprises qui envoie du personnel à l’étranger sans connaître ou évaluer les risques, car ils ne savent pas où trouver l‘information, ou pire encore, n’en ont pas vraiment conscience.

LPLD.fr : Vous mettiez en garde les entreprises françaises délocalisées à l’étranger dans les pays classés à risques, et contre le cyber djihadisme en nette progression depuis quelques années en février 2015 quelques semaines après les attentats de Charlie… Aujourd’hui, il y a 130 morts de plus et plusieurs attentats perpétrés dans le monde, notamment celui récent, de Ouagadougou qui a fait 30 victimes dont trois ressortissants français. Qu’avez-vous à dire aujourd’hui aux entreprises implantées à l’étranger, face à une géopolitique mondiale de plus en plus complexe et risquée pour les entreprises françaises et leurs employés, notamment les ressortissants français ?

« Face à la menace terroriste, la meilleure réponse est de continuer à vivre et à travailler le plus normalement possible »

A.Juillet : Les entreprises françaises n’ont pas le choix. Pour survivre dans la compétition mondiale, elles doivent exporter, ce qui implique des déplacements et des installations à l’étranger. Cette obligation ne veut pas dire qu’il faut prendre des risques inutiles ou sans rapport avec l’enjeu. En tant que Club nous sensibilisons nos adhérents, mais aussi tous les autres aux réalités des menaces et à leurs localisations. Nous publions des guides et des mémos pour sécuriser au mieux les voyages et les communications. Nous recommandons de pouvoir à tout moment localiser les voyageurs ou les expatriés. Nous conseillons de se tenir informé des alertes faites par le Centre de Crise du ministère des Affaires étrangères. En réalité, le suivi d’un certain nombre de règles simples diminue considérablement la part de risque, même si le risque zéro n’existe pas. 

Face à la menace terroriste, la pire des choses est de s’enfermer chez soi, car c’est donner raison aux théoriciens du djihadisme qui instillent la peur par leurs attentats et cherchent à opposer les communautés pour récupérer la population musulmane. Face à la menace, la meilleure réponse est de continuer à vivre et à travailler le plus normalement possible.

LPLD.fr : Y a-t-il des formations spécifiques pour les expatriés qui vont travailler dans ces pays dits sensibles, si oui lesquelles ?
A.Juillet : Un expatrié et sa famille doivent avant de partir être sensibilisés à trois aspects essentiels pour leur vie locale : la culture et les usages dans le pays qu’il faut apprendre à respecter, les pratiques managériales devant s’appuyer sur les lois locales, les procédures de sécurité à appliquer et mettre en œuvre en fonction du niveau de la menace. Tout ceci se fait dans des centres de formation de sociétés spécialisées ou dans l’entreprise elle-même si sa taille permet de monter une formation interne. Sur place il faut maintenir un contact étroit avec les autorités françaises à l’Ambassade ou au Consulat, et bien sûr les autorités locales. L’efficacité de la sécurité repose sur un partenariat entre tous les acteurs. Les problèmes viennent souvent d’un comportement à réminiscence coloniale qui consiste à croire que ce qui se pratique en France est parfait pour le reste du monde et qu’on peut vivre n’importe où comme à Paris. J’ajouterai que pour réussir dans n’importe quel pays étranger, il faut aimer le pays où l’on travaille et chercher à comprendre ses habitants et leurs problèmes, car cela créait un climat de confiance qui contribue à la sécurité.

« Dans les zones à risque, la géolocalisation a la faveur de beaucoup d’entreprises, car elle permet de savoir à tout moment où se trouve le voyageur ou l’expatrié »

LPLD.fr : Quelles sont les technologies qui peuvent contribuer assez simplement à gérer la sécurité des personnels (mobiles, géolocalisation, vidéo surveillance par satellite), etc. ?

A.Juillet : Beaucoup de technologies sont efficaces et leur amélioration est permanente. La plupart répondent à certains types de problèmes, ce qui oblige à des sélections par la finalité ou l’ampleur des possibilités offertes. Dans les zones à risque la géolocalisation a la faveur de beaucoup d’entreprises, car elle permet de savoir à tout moment où se trouve le voyageur ou l’expatrié, et s’il arrive un problème, de pouvoir localiser l’endroit où cela s’est produit. Les mobiles qui permettent aujourd’hui à chacun d’établir des liaisons, impossibles il y a quelques années, sont également un outil indispensable. Un autre élément simple et efficace est d’avoir un agenda précis et bien renseigné, dont copie est sur le réseau intranet et que l’on suit scrupuleusement. Enfin, n’oublions pas le site Ariane* du Centre de crise qui lance des alertes chaque fois qu’il y a un problème identifié quelque part. En revanche, en ce qui concerne la vidéo surveillance par satellite, elle est réservée à de grandes entreprises pour des chantiers ou des implantations en zones difficiles. Son usage n’a rien de simple et mobilise un nombre important de personnels.

LPLD.fr : Une violente attaque cyber-djihadiste avait suivi les attentats de janvier 2015, qu’en est-il aujourd’hui de la cyber criminalité, les entreprises sont-elles mieux armées à ces problèmes depuis les derniers attentats de novembre 2015?
A.Juillet : En dépit de l’attaque contre TV5 les attaques cyber-djihadistes sont pour le moment plus un moyen de propagande qu’un outil de destruction massive. Il faut néanmoins se protéger, car les attaques en déni de service peuvent gravement perturber le fonctionnement d’une entreprise. Nous savons tous que les hackers, de toutes origines, utilisent des procédures et des moyens techniques de plus en plus en plus performants pour pirater, détourner des fonds, rançonner ou voler des informations. C’est pourquoi les entreprises grandes ou moyennes, et plus particulièrement celles qui sont sur des activités de défense ou d’importance vitale, ont mis en place des parades qui réduisent ce risque. Elles peuvent donc répondre aux différents types d’attaques, qu’ils soient issus du monde criminel ou de celui des djihadistes. Mais nous sommes dans le vieux combat de l’épée et de la cuirasse. Chacune à tour de rôle domine par une amélioration technique, jusqu’au moment où l’autre trouve la parade. Il est indiscutable qu’avec l’aide de l’ANSSI*, et des services spécialisés de la gendarmerie et de la police, nous avons fait de gros progrès.

LPLD.fr : Comment concrètement une entreprise de secteur ultra sensible, basée dans un pays classé à risque par le ministère des Affaires étrangères peut-elle se prémunir face aux phénomènes terroristes et face à la cybercriminalité qui a toujours un coup d’avance? Comment se prémunir d’attaques à venir ?
A.Juillet : Par l’information, la prévention et l’anticipation, s’appuyant sur la mise en place des moyens nécessaires. C’est une affaire de spécialistes travaillant en liaison avec les autorités locales, car elles auront à jouer un rôle à un moment ou à un autre. La direction de l’entreprise n’a d’ailleurs pas le choix puisque depuis l’arrêt Karachi le PDG est responsable juridiquement et dans certains cas pénalement de ce qui peut arriver à un voyageur, un expatrié et sa famille, lorsqu’il est à l’étranger. La sécurité d’un site industriel, c’est d’abord une question de volonté de l’assurer s‘appuyant sur l’évaluation et la prise de conscience de l’ampleur du risque. Ce qui veut dire qu’à un certain niveau de menace, il faut savoir partir pour protéger l’ensemble de son personnel sur place, qu’il soit expatrié ou autochtone. J’ajouterai que le coup d’avance dont vous parlez vient généralement d’une carence de renseignement au niveau de l’entreprise. Avec un bon réseau d’informateurs, on peut détecter les signaux faibles qui justifient une mise en alerte maximale, mais ceci suppose de l’avoir mis en place bien en amont.

LPLD.fr : Quels sont les moyens mis à la disposition des entreprises concernant leur personnel à l’étranger, notamment pour des pays du Proche et Moyen-Orient comme l’Irak, l’Iran, La Syrie, la Libye… Ainsi que certains pays d’Afrique comme le Mali, le Niger, le Cameroun, le Kenya, le Burkina Faso…?
A.Juillet : Comme je vous l’ai dit, nous avons les informations du ministère des Affaires étrangères avec le Centre de crise, les ambassades et les consulats. Nous avons également les informations des services de renseignements civils et militaires, quand cela concerne des pays en crise. Nous avons enfin des informations échangées avec nos collègues et d’autres entreprises dans des réunions ou des conférences téléphoniques de crise. Le personnel est en liaison constante par les télécommunications classiques, l’internet ou l’intranet avec le siège français. Sur place, nous avons des systèmes de mis en alerte graduée, allant de la liberté totale à l’évacuation immédiate par des moyens d’état ou contractés par l’entreprise. Chacun sait parfaitement ce qu’il doit et peut faire, pour chaque niveau d’alerte, afin de préserver au mieux sa sécurité. L’expérience acquise montre que l’on peut réduire considérablement le risque par la sensibilisation, la formation, et l’expertise de ceux qui en assurent la gestion. C’est une affaire de professionnels.

« La demande de sociétés militaires privées (ESSD)* pour compléter le dispositif de sécurité ou l’assurer physiquement, est en forte croissance… »

LPLD.fr : Y t-il une recrudescence de demandes auprès de sociétés militaires privées depuis que Daesh (EI) s’est implantée en Syrie et en Irak à l’été 2014 ?

A.Juillet : La demande de sociétés militaires privées (ESSD)* pour compléter le dispositif de sécurité ou l’assurer physiquement, est en forte croissance, car face aux attaques il faut pouvoir se défendre, mais les ESSD ne sont qu’une des composantes de la sécurité. Leur utilisation est complexe, car il faut travailler étroitement avec la police et l’armée locales, en respectant la souveraineté des pays concernés. De plus, il faut savoir que les lois françaises interdisant les sociétés militaires privées, en dehors de la sécurité maritime, les entreprises françaises sont obligées de passer par des sociétés étrangères, ce qui est d’autant plus regrettable que l’on trouve dans ces sociétés anglaises ou américaines des quantités d’anciens militaires français qui pourraient parfaitement assurer ce type de contrat directement. Ceci étant dans certains pays, comme l’Irak par exemple, et, quelles que soient leurs origines, les conditions de sécurité imposent de les utiliser. On ne peut pas faire travailler dans la durée l’armée française ou les soldats locaux pour des intérêts privés : il faut donc sous-traiter chaque fois que cela est nécessaire.

LPLD.fr : Des précautions particulières sont-elles prises par l’État Français avec les entreprises françaises de secteurs d’activités dits sensibles à l’étranger, notamment celles qui travaillent dans le pétrole et le gaz comme Technip, l’uranium (Areva), l’armement (Dassault) … ou l’aviation (Airbus Industrie) etc. ?
A.Juillet : Toute société, toute implantation dans une zone à fort risque doivent être protégées. Par ailleurs, toute activité industrielle dans les secteurs de la défense et du nucléaire est une cible potentielle. Le personnel de ces entreprises y est sensibilisé et l’État veille à ce que les conditions de sécurité soit celles requises par la situation. Il n’y a pas de précautions particulières, car les sociétés de ce type savent parfaitement ce qu’il faut faire et appliquent leur propre politique de sécurité. Même quand elles en discutent avec les pouvoirs publics, ce sont elles qui sont responsables. À l’usage on s’aperçoit que dans des implantations en pays étranger dans des zones à risque, les autorités locales sont généralement très sensibles à la sécurité du site, car elles craignent les retombées négatives d’un incident. Ceci étant, en dépit de toutes les précautions, il peut y avoir une faille comme on l’a constaté avec la prise d'otages d’In Amenas* (Sud Algérien) en janvier 2013, ou une insuffisance de sécurité difficilement réductible, comme plus récemment pour les hôtels de Bamako et de Ouagadougou.

LPLD.fr : Et pour les PME-PMI qui ont beaucoup moins de moyens financiers, que préconisez-vous pour leur sécurité à l’étranger et celle de leurs salariés?
A.Juillet : Le problème des PMI n’est pas un problème d’investissement financier. Pour le dirigeant ou le voyageur, c’est d’abord un problème de prise de conscience du risque et de la mise en œuvre de mesures simples qui vont considérablement le réduire. À ce stade, c’est aux organisations professionnelles, aux Chambres de Commerce, aidées par les services de l’État au niveau national, régional, et départemental, de faire ce travail de sensibilisation et d’information. C’est aussi aux écoles de commerce d’apprendre à leurs étudiants les règles de vie à l’extérieur et la prise en compte des spécificités locales. Dans le domaine de la sécurité, les signaux faibles se remarquent d’autant plus que l’on connaît bien le dossier du pays concerné et sa problématique sécuritaire dans la zone. Tout est accessible aujourd’hui en quelques clics, encore faut-il savoir où chercher et les enseignements à en retirer.

« Il est temps de sensibiliser les patrons, petits ou grands, sur leur responsabilité juridique, pénale, mais aussi et surtout morale, lorsqu’ils envoient un salarié à l’étranger ».


LPLD.fr : Quelle est l’urgence pour vous aujourd’hui concernant les stratégies à mettre en place pour une sécurité économique accrue de nos entreprises françaises ?
A.Juillet : Une fois admise que l’exportation est vitale pour la survie de notre pays, il faut mettre en œuvre un plan de sensibilisation à la sécurité et faire prendre conscience qu’il en est une partie essentielle. Au-delà de la connaissance du dossier, des capacités de négociations ou de gestion d’un site industriel, chacun doit se préoccuper de sa sécurité et de celles des missionnaires et autres ingénieurs itinérants. Par ailleurs, il est temps de sensibiliser les patrons, petits ou grands, sur leur responsabilité juridique, pénale, mais aussi et surtout morale, lorsqu’ils envoient un salarié à l’étranger. Perdre un membre de son personnel qu’il soit ouvrier, technicien, cadre ou dirigeant, le retrouver otage ou blessé dans des affrontements, parce que l’on a fait l économie d’une formation ou de mesures de sécurité appropriées relève du criminel, et chacun doit le comprendre. Chacun sait que sur un site, l’inquiétude provoque une baisse de productivité et les incidents freinent les mouvements de personnel qualifié. Il est donc dans l’intérêt général de l’entreprise de gérer au mieux de ses moyens le problème de sa sécurité à l’international et d’en tirer les conséquences dans le cadre de sa stratégie internationale.

Pour en savoir +

*CNAPS : Le Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) est un établissement public administratif placé sous tutelle du ministère de l’Intérieur. Il est chargé de l'agrément, du contrôle et du conseil des professions de sécurité privées. 

*Le site Ariane permet à tout ressortissant français, lors d’un voyage ou d’une mission ponctuelle, de se signaler gratuitement et facilement auprès du ministère des Affaires étrangères. Une fois ses données saisies, le voyageur reçoit des recommandations de sécurité par SMS ou courriel et est contacté en cas de crise.

*l’ANSSI : L’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) agit en matière de cybersécurité et de cyberdéfense, au quotidien pour renforcer la sécurité du numérique. Elle met en place et coordonne des actions de prévention pour protéger les systèmes d’information de l’État et des Opérateurs d’importance vitale (OIV) en s’appuyant notamment sur un cadre réglementaire inédit défini par la Loi de programmation militaire (LPM). L’Agence labellise des produits et des services de confiance tout en développant la recherche en matière de cybersécurité afin d’anticiper les menaces et accompagner les évolutions technologiques. Cette agence soutient également activement la promotion en France et à l’étranger de l’offre française de cybersécurité en collaboration avec les industriels du secteur.

*In Anemas : La prise d'otages massive d'In Amenas, également appelée prise d'otages de Tiguentourine, s’est déroulée du 16 janvier 2013 au 19 janvier 2013 par « Les Signataires par le sang » un groupe armé islamiste dissident d'Al-Qaida au Maghreb islamique sur le site d'exploitation gazière BP-Sonatrach de Tiguentourine, situé 45 km à l'ouest d'In Amenas, dans le Sahara, au sud de l'Algérie. Cette prise d'otages par des membres d'Aqmi, s'était soldée par la mort de 40 employés de dix nationalités différentes, dont un français et de 29 djihadistes.

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equipe@lpld.fr (Cedrik Viala)La-Une LPLDTue, 02 Feb 2016 00:16:50 +0100
DE NOUVELLES RECRUES POUR LA POLICE AVANT DEUX ANS?http://www.lpld.fr/index.php/reaction-de-la-semaine/de-nouvelles-recrues-pour-la-police-avant-deux-ans http://www.lpld.fr/index.php/reaction-de-la-semaine/de-nouvelles-recrues-pour-la-police-avant-deux-ansForce de police dans le quartier de la Reynerie de la cité du Mirail à Toulouse. (Crédit Photo : Jacques Langevin)
Interview Christophe Rouget commandant de police chargée de la communication du syndicat des cadres de sécurité intérieure (SCSI) Propos recueillis par Cédrik VIALA La direction générale de la police nationale (DGPN) a lancé mardi dernier un "recrutement exceptionnel" de policiers, en réponse à l’engagement de François Hollande au lendemain des attentats de Paris, pour avoir de nouvelles recrues le plus rapidement possible sur le terrain afin de lutter plus efficacement contre le terrorisme qui frappe désormais notre pays.

LPLD.fr : Qu’est-ce qui a poussé la DGPN à organiser ce dispositif exceptionnel de recrutement ?

Christophe Rouget : Clairement l’urgence à répondre au contexte dans lequel nous nous trouvons depuis bien trop longtemps! Nous sommes aujourd’hui face à une menace globale et permanente. Dans cette situation où les policiers travaillent à flux tendus, les effets de la RGPP* depuis 2007, et sa conséquence, due à la pénurie de personnels, sont ressentis à plein dans les services qui doivent gérer la délinquance classique ; le flux des migrants, et les risques terroristes.

LPLD.fr : Le travail demandait aux forces de police n'a-t-il pas profondément évolué, ces dernières années?

Ch.Rouget : Oui, car il a fallu renforcer ces dernières années, d’une part les services de renseignements et d’autres part les services judiciaires, victimes de l’explosion du nombre de procédures liées à une judiciarisation grandissante de notre société et à un alourdissement exponentiel de la procédure pénale et des procédures administratives. Ces flux se sont réalisés notamment au détriment des effectifs de la police secours et des policiers généralistes. Les recrutements annoncés sont donc importants, mais entre le temps de l’annonce politique et celui de l’arrivée des personnels sur le terrain, c'est très long. La profession de policiers est exigeante, il faut d’abord sélectionner et recruter les personnels, puis les former. Ce délai prend au minimum 18 mois… Ce nouveau dispositif vise donc à accélérer l’arrivée de nouveaux policiers dans les services.

LPLD.fr : Expliquez-nous concrètement comment va se dérouler ce nouveau recrutement?

Ch.Rouget : Classiquement, par un concours type pour la fonction publique. C’est uniquement un concours supplémentaire avec un volume important (2500 postes) et une date rajoutée en mars en plus au calendrier initialement prévu.

LPLD.fr : Combien d'élèves gardiens de la paix pourraient être recrutés précisément ?

Ch.Rouget : Dans un premier temps, plus de 2.500 élèves gardiens de la paix intégreront les écoles de police à la suite d'un concours spécial organisé en mars prochain. La difficulté réside aussi dans les faits que la moitié des gardiens de la paix sont recrutés par les adjoints de sécurité. Parallèlement, il faut donc recruter autant de jeunes ADS pour combler les départs de ces jeunes qui exerçaient dans les services. Les résultats du concours de gardiens de la paix 2015 seront connus mi-avril 2016 : plus de 3000 élèves intégreront ainsi une école de police à l’automne. Plus de 4000 adjoints de sécurité seront recrutés en 2016. Le recrutement de ces ADS est important pour la police nationale, car ils secondent pleinement les gardiens de la paix.

LPLD.fr Comment vont s’adapter les écoles de Police face à ce recrutement, ne risque-t-on pas d'avoir une formation Lowcost?

Ch.Rouget : Fait nouveau, la durée de formation sera réduite (dans la plupart des cas de 12 à 10,5 mois) et les recrues auront une formation en alternance. Il faudra être effectivement attentif au niveau du recrutement, mais l’engouement pour les métiers de policiers est très important et les concours de la police nationale sont parmi les plus sélectifs de la fonction publique. Ainsi, pour le concours exceptionnel de mars, 25 000 dossiers ont déjà été déposés. Il faut le savoir, le concours d’officiers de Police est le plus sélectif de toute la fonction publique.

LPLD.fr : Quelle est la moyenne d’âge de ces futurs policiers, y-a-t-il un engouement des jeunes vers cette profession depuis les attentats, si oui pourquoi selon vous?

Ch.Rouget : Ces futurs policiers sont jeunes, ils ont le baccalauréat et la plupart d’entre eux poursuivent ou terminent des études secondaires. D’autres étaient déjà des adjoints de sécurité et sont recrutés par voie interne. Depuis les attentats, nous assistons à un mouvement civique et beaucoup de jeunes veulent intégrer l’armée ou la police pour participer à la protection de notre démocratie. D’ailleurs, la police est plébiscitée dans tous les sondages d’opinion. Les gens ont pris conscience de la nécessité d’avoir une police républicaine de qualité qui a les moyens de les protéger le mieux possible!

LPLD.fr : Internet a-t-il joué un rôle important dans ce recrutement ?

Ch.Rouget : Comme pour tous les recrutements privés et publics, internet et les réseaux sociaux occupent une part de plus en plus importante. Un clip vidéo rétrospectif de la mobilisation policière en 2015 annonçant ce recrutement exceptionnel est d’ailleurs disponible sur nos réseaux sociaux. Ce clip a été visionné plus de 3 millions de fois sur Facebook et 420 000 fois sur Twitter. Mais la police nationale et les services de la formation sont présents sur l’ensemble du territoire, dans de nombreuses manifestations locales, lors de salons afin de présenter tous les métiers de la police nationale. Le contact quotidien de la population avec les policiers est aussi un formidable vecteur de recrutement.

LPLD.fr ; Prévu initialement (5000 policiers et gendarmes) en 2018 après les concours et la formation de deux ans en moyenne, ce recrutement supplémentaire pourrait-il permettre à la France de se doter de nouvelles forces de police opérationnelles avant 2018, soit avant la fin du mandat de François Hollande?

Ch.Rouget : On peut bien sûr avoir une lecture politicienne de ses annonces, mais ces recrutements pour 2016 et 2017 s'inscrivent dans le plan pluriannuel que l'exécutif s'est engagé à mettre en œuvre après la fronde des policiers qui avaient manifesté en octobre dernier sous les fenêtres de la ministre de la Justice, Christiane Taubira. Il y a une prise de conscience globale de la population, mais aussi de l’ensemble de la classe politique. Une police efficace, c’est d’abord des hommes et des femmes bien formés et motivés.

LPLD.fr : Votre organisation syndicale ainsi que toutes les autres sont-elles satisfaites de ce dispositif?

Ch.Rouget : Ces renforts annoncés sont un juste retour des choses pour effacer les effets pervers de la révision générale des politiques publiques (RGPP), car les policiers sont souvent très fatigués par cette mobilisation permanente. Vingt millions d’heures supplémentaires sont en stock ! Parallèlement à ce recrutement, il faudra inévitablement supprimer les taches indues. Aujourd’hui, les policiers passent encore beaucoup trop de temps à exécuter des procurations ou garder des détenus dans les hôpitaux, cela doit cesser! Il faut également procéder à un choc de simplification administratif dans des services qui croulent, par exemple, sous les demandes statistiques quotidiennes. Enfin, il faut procéder à une révolution en matière de procédure pénale; contraventionnaliser des délits, oraliser les procédures et enfin changer le logiciel de rédaction des procédures de la police nationale (LRPPN) datant de 2011, obsolète et totalement chronophage.
N’est-il pas temps, enfin, au sein d’un même ministère où l’on arrive à saturation de services de coordination entre les deux forces, d’envisager sérieusement, pragmatiquement, budgétairement et sereinement l’avènement d’une seule force, comme c’est le cas dans la plupart des grands pays démocratiques?

Pour en savoir +...

* La révision générale des politiques publiques (RGPP) consiste en une analyse des missions et actions de l'État et des collectivités, suivie de la mise en œuvre de scénarios de réformes structurelles, avec comme buts la réforme de l'État, la baisse des dépenses publiques et l'amélioration des politiques publiques.
En France, la RGPP, ou révision générale des politiques publiques, démarre en 2007 au début du mandat de Nicolas Sarkozy, puis est remplacée en 2012, après l'élection de François Hollande, par la MAP (modernisation de l'action publique).

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equipe@lpld.fr (Cedrik Viala)Réaction de la semaineTue, 26 Jan 2016 09:43:53 +0100
LA VERITE EST EN MARCHE ...http://www.lpld.fr/index.php/la-une/la-verite-est-en-marche http://www.lpld.fr/index.php/la-une/la-verite-est-en-marcheJean-Loup Salzmann, Président de l’Université Paris XIII, après de longs mois de silence a décidé de suspendre le directeur de l’IUT Samuel Mayol, le 12 novembre dernier. (Crédit photo : Page Facebook de l’Université Paris XIII)
Interview exclusive de maitre Bouziane Behillil avocat de R.Zouhhad et H. Belakhdar (affaire de l'IUT de Saint-Denis)Propos recueilli par Cédrik VIALA LPLD.fr : De nombreux évènements se sont produits pour vos clients ces derniers mois, votre défense a-t-elle payée? Bouziane Behillil : Je pense que ma défense a consisté modestement à lever le doute sur mes clients contre l'évidence laïque postulée comme mode de détermination entre, qui est bien et qui est mauvais ? En clair, un raisonnement enfantin prôné par des partisans d'une laïcité à fleur de peau, des intellectuels qui revendiquent le droit d'être islamophobe. Je maintiens que l'islamophobie comme la judéophobie ou la christianophobie est absurde et constitue un racisme assumé.

LPLD.fr : Comment interprétez-vous la mise à pied (suspension de la direction de l'IUT)) de Samuel Mayol intervenu le 12 novembre dernier?

B. Behillil : Elle résulte de la preuve constatée de sa manipulation et de son amateurisme dans l'exercice d'un rapport de force instauré par lui avec sa présidence d'université. Il a de plus, usé du moyen le plus vil : accuser deux innocents, en leur reprochant dans un contexte d'identité nationale revendiquée (la France éternelle celle des Lumières comme celle de la France boulangiste) clanisme, détournement de fonds, sexiste, radicalisme... Les intellectuels comme Bernard Lazare et Émile Zola doivent se retourner dans leur tombe en voyant l'emboitement des intellectuels derrière un Directeur d'IUT, primé du prix de la laïcité par une bande de "ringards" et malgré cela, ayant digéré la doctrine nationale d'une Marine, à l'insu de leur plein gré!

"...j'attends que la Justice et l'État, y compris son sommet, aient la décence citoyenne de mettre un terme à cette mascarade"

LPLD.fr : Est-ce une surprise pour vous? 

B. Behillil : Non, mais j'attends que la Justice et l'État, y compris son sommet, aient la décence citoyenne de mettre un terme à cette mascarade.

 

LPLD.fr : Qu'est-ce qui, d'après vous, a fait sortir de sa réserve le Président de paris XIII, Jean Loup Salzmann qui est à l'initiative de cette suspension?

B. Behillil : Les attaques directement dirigées contre lui. M. Salzmann n'a pas voulu emboîter le pas à cette manipulation et c'est là qu'il a fait l'objet d'attaques. D'ailleurs, le suspendu s'est porté candidat à sa succession. La boucle est bouclée. Parlons du Codis et du rôle de M. Samuel Mayol. Que les journalistes osent enfin faire leur métier avec témérité.

"Mme Badinter,..., ne fait pas honneur à la tradition d'explication et de compréhension que la France a toujours su développer, notamment à l'égard des plus faibles, des "minorités" religieuses"

LPLD .fr : De nombreux intellectuels et défenseurs acharnés de la laïcité (laïcistes) se sont fait entendre ces derniers mois notamment, Madame Badinter qui a pris immédiatement position pour Samuel Mayol, comment expliquez-vous cela?

B. Behillil : Je ne comprends pas son dérapage aussi excessif que troublant : comment accepter de se revendiquer "islamophobe" pour couper court à toute défense de la pratique d'une religion quelle qu'elle soit? Mme Badinter, dont l'illustre époux fut mon professeur au Panthéon-Sorbonne, ne fait pas honneur à la tradition d'explication et de compréhension que la France a toujours su développer, notamment à l'égard des plus faibles, des "minorités" religieuses. Elle se trompe lourdement. Cela a au moins le mérite de faire comprendre qu'une certaine gauche et une certaine droite ont la même conception bien partagée du rapport à l'Islam. Tout est prêt pour la sécularisation du racisme anti-musulman et anti-arabe. J'ai honte de cette dérive qui n'est heureusement pas partagée par nos concitoyens.

 

LPLD.fr : L'avocat de la partie adverse très remontée contre vos clients, Rachid Zouhhad et Hamid Belakhdar, après avoir enchainé les plateaux de télévision et les colonnes de nombreux médias se fait extrêmement discret depuis, la suspension de de M. Mayol, pour quelles raisons ?

B. Behillil : Vous évoquez mon confrère et par réserve déontologique, je ne dirai qu'une chose : défendre un client c'est bien, mais ne pas voir le monstre qui se cache derrière lui est tragique.

 

LPLD.fr : L'association Anticor se fait également très discrète depuis le dépôt de sa plainte contre votre client Rachid Zouhhad, pour le soi-disant détournement de 200.000€ d'heures non effectuées, pourquoi ?

B. Behillil : Elle s'est fourvoyée et a enfourché ce mauvais destrier pour essayer de faire admettre l'idée que dans les universités des vols ou détournements se commettraient. Joli fonds de commerce de pureté financière et finalement téléguidée par des laïcistes tous azimuts!

 

LPLD.fr : Que devient d'ailleurs cette plainte aujourd'hui ?

B. Behillil : Elle est au fond du gouffre de l'imbécilité. Une palme devrait être décernée à Anticor. Dommage j'avais de l'estime pour cette association...

"La commission disciplinaire... a tout de même essayé de sauver la mise, au corps des inspecteurs de l'IGAERN ainsi qu'à l'État..."

LPLD.fr : L'inspection a reconnu en décembre dernier, l'innocence de Rachid Zouhhad concernant les détournements dont l'accusait le clan Mayol depuis des mois, et lui inflige un blâme, étonnant non?

B. Behillil : L'écueil que la commission disciplinaire a évité est celui de la condamnation sans fondement en avalisant les inepties de M. Mayol. Elle a échappé à cela. Par contre, elle a tout de même essayé de sauver la mise au corps des inspecteurs de l'IGAERN ainsi qu'à l'État, en cherchant dans les poches de ce dossier, un petit manquement sur les notes et la programmation des heures, dont aucune n'a été détournée… Tout cela pour éviter à l'État d'engager sa responsabilité à l'égard de mes clients. Quel courage politique!

 

LPLD.fr : Que pensez-vous de l'attitude à l'égard de vos clients et de l'avocat/conseil de M.Mayol, en la personne de Maitre Malka, pourquoi cet acharnement médiatique?

B. Behillil : No comment. ce n’est pas à la télévision que l'on fait le droit, ni en se revendiquant d'une pureté laïque en se drapant du blanc-seing de "Charlie Hebdo" et des drames qui ont émaillé notre année 2015. Tout le monde n'est pas Charlie qui veut!

 

LPLD.fr : Une question demeure, l'enquête de la police judiciaire à la suite des nombreuses plaintes déposées par M.mayol n'a toujours pas été rendue, est-ce normal depuis prés de deux ans?

B. Behillil : Il est urgent que le Parquet de Bobigny fasse son travail et fasse entendre M. Mayol et le défère devant la Justice, si les faits sont confirmés.

"Il est temps que Mme Taubira se penche sur ce dossier sans peur d'être critiquée... "

LPLD.fr : Qu'est-ce qui bloque selon vous dans ce dossier, cela se joue-t-il au niveau du parquet?

B. Behillil : Demander à ses protecteurs, dont le CLR (Comité Laïcité République), le Premier ministre qui a par erreur apporté sa caution… Il est temps que Mme Taubira se penche sur ce dossier sans peur d'être critiquée. Elle en a les moyens et le courage, l'histoire la jugera.

 

LPLD.fr : Où en sont les conclusions de l'IGAENR qui tardent à être rendues?

B. Behillil : Elles doivent être encore à la relecture au Ministère...

 

LPLD.fr : Samuel Mayol, qui est pourtant suspendu de ses fonctions avec l'interdiction de se rendre à l'IUT, s'est déclaré au début du mois de janvier, candidat à la présidence de l'Université Paris XIII, comment est-ce possible?

B. Behillil : Comme quoi le ridicule ne tue pas!

 

LPLD.fr : Quelle tournure va prendre cette affaire, l'IUT de Saint Denis va-t-il enfin trouver l'apaisement pour ses enseignants et ses étudiants pour l'année 2016?

B. Behillil : L'administrateur provisoire accomplit une mission remarquable et tout est rentré dans l'ordre. Il est temps que mes clients soient rétablis dans leurs droits.

 

LPLD.fr : Que vous reste-t-il à accomplir dans ce dossier ubuesque, ponctué de relents racistes, au moment même où notre pays vit de douloureux moments?

B. Behillil : Défendre et défendre la vérité contre le mensonge et la manipulation.

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equipe@lpld.fr (Cedrik Viala)La-Une LPLDThu, 21 Jan 2016 00:38:36 +0100