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Cedrik Viala

Cedrik Viala

‎Journaliste/Reporter indépendant, Directeur de la rédaction du site L'oeil Pour Le Dire (LPLD) http://www.lpld.fr

INTERVIEW EXCLUSIVE RACHID ZOUHHAD

ACTE V

 

LPLD.fr : Il s’est passé bien des rebondissements ces derniers mois à commencer par cette fameuse vidéo montrant d’après des témoignages recueillis par l’AFP que M. Samuel Mayol aurait placé des tapis de prière dans le local jouxtant le bureau des sports. Celui-ci aurait été filmé à son insu, croyant que le dispositif vidéo ne fonctionnait pas ! Comment croire à une telle histoire ?

R.Zouhhad : J’ignore tout de ces rebondissements. J’en ai appris l’existence par la presse et ai suivi à travers elle ce nouveau chapitre de cette histoire qui n’en finit plus. Sur les faits eux-mêmes, il appartient à la section disciplinaire saisie et à la Police ainsi qu’à la justice de faire toute la lumière. 

Toutefois, il y a plusieurs aspects de cette affaire qui m’interpellent. En premier lieu, l’explication donnée par M. Mayol. Si j’en crois la presse, il aurait affirmé avoir déposé devant la porte du service des sports de l’IUT un sac comportant non pas des tapis, mais des T-shirts. Je suis étonné par une telle explication. Comment croire que dans une période où la vigilance de toutes et tous est sollicitée à l’égard de tout paquet, sac ou objet en apparence abandonné, M. Mayol ait pris le risque de laisser ainsi un sac devant une porte de bureau? En second lieu, ce sac ne pouvait y rester longtemps sans attirer l’attention du service de sécurité de l’IUT qui fait des rondes continues. Je n’évoque même pas le risque de disparition ou de vol d’un sac déposé devant une porte de bureau. Enfin, je ne peux que m’interroger plus encore sur la démarche de M. Mayol. Il faut savoir qu’il est d’usage dans l’institution de déposer à la loge où il y a une permanence tout objet, colis, enveloppe ou autre, destinés à un service ou à un collègue. Une solution consiste à confier ce colis ou objet à un collègue des services techniques afin qu’il soit porté au destinataire. Il est donc étonnant que M. Mayol ait avancé un tel argument. Un directeur d’IUT a quand même mieux à faire que de porter des sacs de T-shirts ou d’autres choses à une collègue. 

Nous avions, il y a un an, jour pour jour, retrouvé Patrick*, le kiosquier de Cabu et Wolinski, deux de ses clients réguliers avec lesquels il aimait bien blaguer à chacune de leur rencontre. Ce matin-là, comme chaque mercredi, Patrick avait servi, les deux dessinateurs de Charlie Hebdo avant qu’ils ne se rendent à leur conférence de rédaction où leur vie allait être balayée de plusieurs rafales qui résonnent encore. Ironie du sort, le marchand de journaux de Saint Germain-des-Près croisait quelques heures plus tard le chemin des frères Kouachi, qui lui braquaient son véhicule, juste après avoir décimé la quasi-totalité de la rédaction du journal satirique (lire notre article, ci-dessous). Un an plus tard, la blessure qu’a subie notre pays, à l’heure des commémorations, reste toujours ouverte et s’est même élargie davantage avec les derniers attentats parisiens du 13 novembre dernier, portant la liste mortifère à un total de 149 victimes d’attentas terroristes, assassinées en 2015.

Même s’il se sait miraculé, Patrick, reste toutefois marqué par sa folle journée du mercredi 7 janvier 2015, ainsi que par les semaines qui ont suivi, avec les très nombreuses sollicitations des médias français et étrangers, auxquels il a raconté son étonnante histoire. Un an plus tard, il est à nouveau sous les feux de l’actualité, avec la sortie d’un livre qui lui est consacré. Intitulé « Le Kiosquier de Charlie » ce récit réaliste parut le 7 janvier en librairie, soit un an jour pour jour après le drame, marquera à n’en pas douter les esprits quant à la nouvelle page de l’histoire que vit notre pays depuis cet événement tragique. Anaïs Ginori*, journaliste du quotidien La Républica, immédiatement présente sur les lieux des attentats près des locaux de Charlie Hebdo, conte dans cet ouvrage le destin de Patrick, 68 ans, à travers son quotidien de Kiosquier.

Elle raconte avec beaucoup d’anecdotes et un certains regard sur sa profession, comment s’exerce le traitement de l’information par les médias de masse, elle évoque la clientèle que Patrick croise chaque jour, dont certaines personnalités telles que Michel-Edouard Leclerc, Karl Lagerfield… tout en évoquant la journée tragique du 7 janvier 2015 et les rencontres qu’elle à pu faire avec les proches de certaines victimes les jours qui ont suivi l’attentat. Ce récit très vivant, qui évoque également le combat acharné des survivants de la rédaction de Charlie pour sortir le numéro 1178, offre le regard bienveillant d’une journaliste qui a vécu et couvert cette tragique semaine de janvier 2015 qui a bouleversé à jamais, la mémoire de notre nation…

* Patrick, alias Michel, car nous avions à sa demande préservé son identité dans notre article, il y a un an.

Pour en savoir +...

Patrick le 9 janvier 2015, nous avez reçu à son kiosque, deux jours après les attentats. La photo est volontairement prise de trois quarts pour préserver son identité à l’époque, car les frères Kouachi, à cet instant, sont encore en cavale. (Crédit D.R)

* Anaïs Ginori : La correspondante à Paris du quotidien La Repubblica, était parmi les premières présentes, rue Nicolas-Appert (locaux Charlie Hebdo). Elle a passé du temps également dans les locaux de Libération qui a hébergé la rédaction de Charlie Hebdo. Pour son livre, la journaliste a rencontré de nombreuses personnalités touchées par ces événements, tels entre autres, Matyse Wolinski, l'épouse du caricaturiste, Michel Catalano, le patron de l'imprimerie de Dammartin-en-Goële où s’étaient retranchés les frères Kouachi…

"Le kiosquier de Charlie" d'Anaïs Ginori, en vente depuis le 7 janvier aux éditions Equateurs (182 pages 15€).

 

Exclusivité : « J’ai croisé la route des assassins de la rédaction de Charlie Hebdo… après avoir vu le matin même, deux de mes clients habituels : Georges Wolinski et Cabu… »

Récit : Chronique d’une journée indélébile…

Capture d’image : La Citroën C3 des terroriste après le braquage du véhicule de Michel D rue de Meaux dans le 19 éme arrondissement de Paris.

Il est la première personne à croiser le chemin des frères Kouachi, quelques minutes après qu’ils aient perpétré le massacre de la rédaction de Charlie Hebdo, et assassiné un policier avant de fuir à bord de leur Citroën C3 noire. Il est celui à qui les deux frères ont précisé en lui volant sa vielle Clio, qu’ils appartenaient à la branche d’Al Qaïda Yémen, qui a depuis revendiqué les attentats sur le sol français. Il est surtout celui qui depuis un peu moins de deux ans avait tissé des liens avec Wolinski et Cabu qui étaient tous deux les clients réguliers de son kiosque à journaux. Ironie du sort, il sera l’un des derniers à les voir vivants, le matin même de cette tragédie historique qui touche notre pays.

Récit de la journée d’un homme qui a croisé le visage humain de la barbarie et qui a miraculeusement eu la chance d’en revenir. Par Cédrik Viala

Le 7 janvier dernier est un matin comme les autres, aux pieds des buttes Chaumont. Michel se lève à l’aube, vers 02h45 pour se rendre au kiosque à journaux qu’il possède depuis près de deux ans, situé dans l’un des quartiers bourgeois de la rive gauche. Il s’habille rapidement, avale son bol de thé et quitte son appartement en compagnie de son chien Gabin, un Kern gris et noir. Il arrive à 04h30 du matin à son travail, le cérémonial est identique chaque jour que dieu fait. Il lève le rideau de son kiosque et fait la mise en place des journaux. Le jour se lève sur la capitale, les Parisiens affluent des bouches de métro emplissent peu à peu les trottoirs du quartier, et les premiers clients défilent. Tous se pressent aux premières heures de bureau. Les minutes s’égrainent, il est environ 9h30. Cabu puis Georges Wolinski passent prendre leurs journaux respectifs. Chacun d’eux a comme toujours un petit mot attentionné pour le kiosquier. Wolinski lui lance même qu’il prendra Charlie hebdo directement au journal ou il se rend pour la conférence de rédaction hebdomadaire, avant de tourner les talons.

Puis la matinée suit son cours. Michel vaque à ses occupations, sert ses clients avec l’efficacité et la sympathie que chaque habitué lui connaît. Il quitte son kiosque, dont il laisse la caisse à son employé vers 11h00. Prends sa voiture, une petite Clio grise qui affiche vaillamment 150 000 km au compteur, fait monter son chien et démarre en direction de son domicile. Il décide de faire le plein d’essence à la station-service située à l’angle du boulevard de la Villette et de la rue Louis Blanc. Repars, puis s’arrête au second feu sur la place du colonel Fabien. À ce moment précis, il entend le bruit d’un accrochage assez violent. Il y prête à peine attention, apercevant juste dans son rétroviseur, une petite voiture noire venant de percuter un monospace de couleur claire.

Attendant que le feu passe au vert, pour se rendre faire quelques courses rue de Meaux, avant de rentrer chez lui, il remarque à nouveau le véhicule noir qui déboite, grille un feu et file ensuite à vive allure, remontant l’avenue Mathurin Moreau, jusqu'à la hauteur de l’avenue Simon Bolivar.

Il démarre, puis tout s’enchaine. Un véhicule arrive en un éclair sur sa droite, et lui coupe net la route. La Citroën C3 noire est là, face à lui.

Sa première réaction est de penser que les deux passagers ont volé ce véhicule et qu’ils souhaitent en voler un second à la suite de l’accrochage ayant eu lieu quelques minutes auparavant. Mais le scénario ne colle pas ! Les deux occupants sont lourdement armés, vêtus de noir des pieds à la tête, affublés de gilets par balle, tels des membres du GIGN. Leurs cagoules roulées sur le crâne laissent apparaitre leurs visages.
Un premier homme armé d’une Kalachnikov descend de la Citroën. L'homme qui s'avérera être Saïd Kouachi, arrive à sa hauteur, coté conducteur, le braque et lui lâche d’un ton calme et déterminé : « Descends, nous avons besoin de ta voiture ».

Tout se bouscule alors dans sa tête et les questions fusent à une vitesse hallucinante : « un car-jacking pour une voiture vielle de 15 ans ? Impossible ce n’est pas une BMW…ma bagnole… » Michel obtempère et s’extrait de son véhicule. Le premier homme prend immédiatement place au volant. Le second arrive à son tour d’un pas tranquille, comme en suspension, armé d’un fusil lance-grenade, et s’engouffre à son tour à bord de la Clio, comme si les deux hommes étaient en répétition pour le tournage d’un film de commando.
La rue est vide aucun autre véhicule n’est présent sur la scène. Le braquage se déroule sans cri, dans un calme assourdissant. Un cauchemar éveillé.

Saïd Kouachi, installé au volant, démarre aussitôt. Michel réagit instinctivement, et ouvre, dans un sursaut, la portière arrière de la Clio pour récupérer son chien, blotti sur la banquette. À ce moment-là le moteur de la vielle Renault cale une première fois. Le braqueur redémarre, puis observe un temps d’arrêt, pointe du regard Michel et lui lance ces derniers mots : « Si les médias t’interrogent, tu leur diras que c’est Al Qaïda au Yémen » et la voiture accélère aussitôt, puis disparait en direction de la porte de Pantin.

Malgré la scène qu’il vient de vivre, Michel prend calmement son Smartphone et compose le 17 pour donner l’alerte. À peine a-t-il divulgué les informations de son braquage, que son interlocuteur, fait immédiatement le rapprochement avec l’attentat qui vient de se dérouler dans le XIe arrondissement et l’en informe aussitôt.

Un attentat à Paris ( ???),… à Charlie Hebdo, qui vient de se produire,… il y a moins d’une heure,… ??? Toutes ses questions raisonnent comme un écho. Comment est-ce possible, lui qui échangeait des mots et des regards avec deux des dessinateurs emblématiques de l’Hebdomadaire satirique, il y a à peine quelques heures?

A cet instant, Michel se retourne machinalement vers la boulangerie de laquelle il peut observer l’écran plasma allumé sur une chaine d'info, qui diffuse en boucle les premières images de l’attentat.

C’est une nouvelle déflagration qu’il subit de plein fouet. Il comprend qu’il vient d’échapper à une mort certaine. Le choc est d’autant plus fort, qu’il prend connaissance de la liste provisoire des noms des victimes. Il est consterné, Cabu et Wolinski, qu’il avait vu le matin même, ne sont désormais plus de ce monde. Comment peut-on se remettre d’une telle expérience ?

Les forces de police engagées dans la poursuite des terroristes arrivent sur les lieux et investissent le quartier. Le périmètre est rapidement bouclé afin de permettre à la police technique et scientifique d’effectuer les premières analyses du véhicule abandonné. Beaucoup d’indices jonchent le plancher de la Citroën, entre autres des douilles, un étui d’arme et une carte d’identité notamment, qui permettra à la police de remonter jusqu’aux frères Kouachi et les filières djihadistes qu’ils fréquentaient.

Michel est emmené par des policiers pour déposer son chien chez lui, puis il est directement conduit au quai des Orfèvres afin d’effectuer sa déposition. Il est un témoin capital. Il reconnaît immédiatement le visage de Saïd Kouachi à travers la douzaine de portraits que les enquêteurs lui présentent. L’information qu’il divulguera, sur l’appartenance des deux frères à la branche terroriste d’Al Qaïda au Yémen, permettra également de faire des rapprochements capitaux.

Depuis cette terrible journée, Michel est certes aujourd’hui choqué, mais avec le recul sur son histoire, il essaie de comprendre, ce qu’il vient de vivre. « Je suis marchand de journaux, je vois chaque jour des gens qui sont, pour certains, un peu plus que de simples clients. Ce qui me travaille, c’est le relationnel de cette histoire. Le cercle de la vie est une chose que l’humain ne maitrise pas… Et de conclure "il faut en avoir conscience».

Ce 7 janvier 2015, Michel D et Saïd Kouachi se sont fait face, à moins de deux mètres de distance. Tout s’est passé très vite, dans un enchainement d’images qui resteront à jamais gravées dans sa mémoire. Pourquoi, lui, est-il aujourd’hui vivant ? Cette question sans réponse, risque de le hanter pour le restant de ses jours. Pour l’heure, les services de police lui ont proposé une aide psychologique qu’il a immédiatement décliné. « C’est vrai, j’ai bien failli être le numéro 13 ce mercredi 7 janvier 2015, mais ce genre de choses n’est pas dans ma nature, je vais bien, cela ne se voit pas ?» lance-t-il avec un sourire malicieux. Un homme ordinaire ? Non, tout simplement un homme qui a croisé le diable un jour de janvier 2015 et qui a le sentiment que ce n’était pas encore son heure.


Michel D* : Le prénom de notre témoin a été modifié pour préserver son identité et celle de sa famille pour des raisons de sécurité.

Voici les images exclusives de LPLD.fr des attentats survenus à Paris le 13 novembre dernier. 

Portfolio signé Cedrick Viala

L’État d’urgence est décrété depuis trois semaines et pourrait être prolongé à six mois, une première depuis la guerre d’Algérie. C’est le branle-bas de combat d’un gouvernement qui n’a su protéger ses concitoyens, et compte désormais démontrer à la face du monde qu’il met tout en œuvre pour éradiquer l’islamisme qui gangrène nos territoires, au plus profond de notre démocratie. Première touchée, notre jeunesse en mal d’identité, de reconnaissance et de sensation… dont certains osent emporter dans leur radicale médiocrité, des innocents dans un océan de douleurs.

Exclusivité LPLD.fr, l'Interview de Maître Bouziane Behillil avocat de Rachid Zouhhad et Hamid Belhakdar.

Propos recueillis par Cédrik VIALA

 

LPLD.fr : Vous êtes l'avocat de Rachid Zouhhad incriminé depuis près de deux ans dans l’affaire de l’IUT de Saint Denis, pourquoi avoir décidé de pendre un tel dossier?

Bouziane Behillil : Le souci de la Justice et surtout défendre son honneur, et ne pas laisser les caciques de la Laïcité jeter l’opprobre sur un innocent, fonctionnaire sans problème qui fait l’objet d’accusations dont la xénophobie est l’un des moteurs. L’islamophobie est contingente des attaques qu’il subit, outre les ambitions politiques de M. Samuel MAYOL, pyromane de la Laïcité, qui a incontestablement le soutien d’une certaine frange de l’intelligentsia parisienne qui par des raccourcis, défend sa vision du monde, qui exclut tous ceux qui leur sont différents ou n’ont pas été adoubés.

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