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PLONGEE DANS LE DARK WEB : LES ABYSSES DU WEB INVISIBLE ET MORTIFERE!

Photo D.R Photo D.R

Le web est un vaste continent virtuel. Pourtant, seuls 4% des informations y sont visibles. Le reste des contenus demeurent cachés*, c’est que l’on appelle le web invisible (Deep web). Il est majoritairement anglophone. Dans cette partie du web, on y trouve une myriade de sites légaux (exemple : bases de données d’archives de bibliothèques, etc.) mais aussi, un autre web, un web sombre baptisé Dark web, qui regorgent de sites douteux, malsains et criminels. Ils ne sont pas indexés par les moteurs de recherche comme les classiques moteurs que sont  Google ou Firefox. Décryptage du "Dark web", ce vaste marché masqué de la cybercriminalité où tout s’échange et tout se vend, sous couvert d’anonymat par Bénédicte de Saint-Cyr, spécialiste de l’intelligence économique.

Propos recueillis par Cédrik VIALA

LPLD.fr : Pourquoi ce web parallèle a-t-il vu le jour ?

Bénédicte de Saint Cyr : Tout simplement parce que cet espace crypté permet d’effectuer des transactions illégales dans la plus grande discrétion, et ce, en toute impunité. C’est le repère de criminels de tout poil (marchands d’armes, vendeurs de drogue, proxénètes…trafiquants d’organes, pédophiles...), mais aussi de hackers peu scrupuleux et de tueurs à gages dont on peut louer si nécessaire les services.

LPLD.fr : Comment ça marche ?

BSC : Les données transitent par un relai décentralisé d’anonymisation (appelé aussi station) qui permet d’avoir des communications chiffrées via une série de relais bridges (ou passerelles) qui ne sont pas tracés. Le circuit est modifié automatiquement plusieurs fois par heure. Les sites douteux ont une extension en Onion*.

LPLD.fr : Comment s’effectue la navigation ?

BSC : Il est nécessaire de configurer sur son ordinateur via une station d’anonymisation (garantissant l’anonymat des internautes). La plus connue est Tor qui a été rendue célèbre suite aux révélations d’Edward Snowden. Celle-ci propose à l’internaute d’enregistrer son  adresse IP dans un autre pays. Il existe d’autres stations «anonymées» comme Freenet ou I2P. Combinées avec un VP (machine virtuelle) et un VPM (un réseau virtuel privé masquant l’adresse IP réelle), elles permettent de circuler et de réaliser des transactions sans aucune trace. Ainsi, tel un cheval de Troie, l’internaute protégé peut naviguer sur ce web parallèle avec la plus grande des libertés en toute discrétion. Au préalable, il aura pris la précaution de calfeutrer sa web cab, d’installer un pare-feu et surtout, d’éviter de télécharger tout fichier Word ou PDF disponibles sur le Dark web pouvant vérolés son ordinateur.

LPLD.fr : Que peut-on acheter sur les boutiques du Dark web ?

BSC : On y trouve absolument de tout. On peut acheter notamment de la fausse monnaie, des faux papiers, des armes, de la drogue, des prestations sexuelles y compris avec des enfants… mais aussi, des organismes terroristes comme Daech font des appels aux dons. Certains criminels n’hésitent pas à présenter leurs produits sous forme d’affiches publicitaires.  Aussi inimaginable que cela puisse paraître, ils doivent attirer les clients potentiels et fidéliser les autres clients.  

LPLD.fr : Comment s’effectuent les transactions ?

BSC : En général, comme sur les sites classiques du e-commerce, on choisit son produit et l’on passe commande. Leurs adresses IP sont difficilement identifiables et détectables, est sont systématiquement non indexées et incompréhensibles.

LPLD.fr : Comment paie-t-on son achat sur le Dark Web?

BSC : Les transactions s’effectuent en monnaie virtuelle. La plus utilisée est le bitcoin, car les transactions sont intraçables.

À savoir : les vendeurs et les acheteurs en général ont l’habitude de travailler ensemble. Si le vendeur a un doute sur l’acheteur, il encaissera le paiement, mais sans pour autant livrer le produit. D’autre part, si des intrus ou des infiltrés surfant sur le Dark web sont démasqués, ils auront droit à des représailles (exemple : subir un « doxing » (diffusion de leurs informations personnelles (identité, numéro de sécurité sociale, coordonnées bancaires…) diffusées sur le web ouvert ou recevoir directement des menaces).

LPLD.fr : Que voudriez-vous préciser à nos lecteurs ?

BSC : J'ai accepté de répondre à cette interview dans le but de faire découvrir la face cachée du web qui s’avère être très dangereuse. Je mets toutefois en garde les internautes qui ne doivent pas pour autant jouer les curieux et s’y « balader » ou acheter sur le Deep web. C’est à leurs risques et périls, car les internautes pourraient voir l’ensemble de leurs données personnelles piratées et ils encourent en cas d’échanges des poursuites pénales et de lourdes amendes.

*Source : www.ginjfo.com/actualites/divers/web-4-seulement-du-contenu-est-visible-ou-se-cache-le-deep-web-20150528.

Pour en savoir plus

Daech, adepte des « pastebin » et de Telegram

Daech et ses combattants ne se contentent pas de combattre sur le terrain en Syrie ou en Irak, mais aussi sur le terrain de la communication, via le web et les réseaux sociaux. 

Pour publier leurs communiqués et leurs textes religieux, ils utilisent des « pastebin », des sites permettant de stocker et de mettre en ligne simplement et anonymement des textes et des photos. Le but est d’avoir une adresse URL diffusable autour d’eux. Les plus connus sont pastebin.com, justPaste.it et dump.to. 

Pour discuter, ils utilisent l’application de messagerie cryptée Telegram, créée en 2013 à Berlin par Nicolaï et Pavel Durov, fondateur de VKontakte, le réseau social russe dominant. Telegram est difficilement à intercepter, car les conversations qui s’y déroulent peuvent être supprimées à tout moment par les utilisateurs. En novembre 2015, pas moins de 70 comptes utilisés par Daech ont été fermés, mais depuis, bien d’autres ont vu le jour.

 

Rédaction LPLD.fr

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