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LE FONDAMENTALISME RELIGIEUX PRÉSENT DANS LA POLICE NATIONALE SELON LA PRÉFECTURE DE POLICE PARISIENNE

Suite aux attentats de novembre dernier, 35 663 candidats ont planché lors des épreuves du concours exceptionnel de Gardien de la Paix organisé début mars, il faudra patienter jusqu'au le 21 avril prochain pour connaitre les heureux élus! (Crédit photo : Ministère de l'intérieur) Suite aux attentats de novembre dernier, 35 663 candidats ont planché lors des épreuves du concours exceptionnel de Gardien de la Paix organisé début mars, il faudra patienter jusqu'au le 21 avril prochain pour connaitre les heureux élus! (Crédit photo : Ministère de l'intérieur)

Une note confidentielle a fuité la semaine dernière dans la presse, précisant que les forces de police ne seraient plus épargnées par la radicalisation dans ses rangs. Les entorses à la laïcité progresseraient ainsi dans les commissariats avec quantité d'autres faits tels que la propagation de chants religieux en patrouille, le refus de participer à une minute de silence ou de protéger une synagogue, avec en point d'orgue des menaces fondamentalistes sur les réseaux sociaux, notamment avec des incitations à commettre des attentats...Force est de constater que la police, comme de nombreuses autres professions à risque, est de plus en plus confrontée depuis quelques années à ce phénomène de radicalisation alarmant, car ne l'oublions pas les fonctionnaires concernés pas ce nouveau fléau sont équipés d'une arme de service et ont accès à la plupart des fichiers de police! Afin de répondre à ces dérives préoccupantes, la préfecture de police de Paris recense désormais de manière hebdomadaire ces comportements contraires au fondement de notre nation. EXPLICATION... C.Viala

Exclusivité Interview Christophe Rouget commandant de police chargée de la communication du syndicat des cadres de sécurité intérieure (SCSI)....

Propos recueillis par Cédrik VIALA

 

LPLD.fr : Comment interprétez-vous la note interne de la préfecture de Police de Paris qui stipule qu’il y aurait une sérieuse progression de la radicalisation au sein des commissariats de police de la région parisienne ?

Ch. Rouget : Tout simplement comme la preuve que notre profession est bien surveillée et que des mesures efficaces de contrôles sont prises dans les services, face à ce phénomène qui touche l’ensemble de la société. Cette progression de la radicalisation est malheureusement générale dans notre pays et nous retrouvons forcément des cas isolés dans la police.

LPLD.fr : Faut-il minimiser ce constat, ces signalements sont-ils des épiphénomènes ?

Ch. Rouget : Il ne faut ni le minimiser ni en tirer des conclusions hâtives ou trop généralistes. Il s’agit ici de quelques cas particuliers qui ont été détectés et pour lesquels des mesures ont été prises.

LPLD.fr : Observez-vous ce phénomène sur tout le territoire national, ou ne touche-t-il principalement que les zones à fortes densités de population ?

Ch. Rouget : La police nationale travaille dans toute les grandes villes, les zones urbanisées et celles qui sont difficiles. C’est là où est concentrée la très large majorité des effectifs de police qui gèrent près de 80% de la délinquance nationale. C’est donc tout naturellement dans ces zones que se sont retrouvés ces quelques cas.

LPLD.fr : L’État d’urgence et les tensions communautaires sur notre territoire, ces derniers mois, ne sont-ils pas les causes principales de ce constat qui touchent désormais les rangs de la police?

Ch. Rouget : C’est encore difficile de le dire pour le moment. Il faudra un peu plus de recul pour tirer un enseignement. C’est plus sensible aujourd’hui et on en parle donc davantage, mais l’analyse doit être affinée.

"Notre profession est exemplaire, au service de tous les citoyens, et aucune dérive religieuse ne peut y être tolérée".

LPLD.fr : La note de la préfecture de police précise que la majorité des incidents concerne l'exercice de la religion musulmane au sein des commissariats, notamment lors des prières quotidiennes, mettant en péril le principe même de la laïcité au cœur même de la fonction publique, sans réponse immédiate ces dérives ne sont-elles pas dangereuses à terme?

Ch. Rouget : La réponse doit être ferme et immédiate. Notre profession est exemplaire, au service de tous les citoyens et aucune dérive religieuse ne peut y être tolérée.

LPLD.fr : Comment le ministère de l'Intérieur compte-t-il réagir?

Ch. Rouget : Avec fermeté, la tolérance zéro doit s’appliquer. La surveillance commence dès le recrutement par une très forte sélection et des examens oraux difficiles, accompagnés de tests psychologiques. La scolarité longue et collective permet ensuite de faciliter la détection d’individus qui auraient pu échapper aux premiers filtres. Le travail en équipe assure ensuite dans tous les services un « autocontrôle » efficace. Enfin, le contrôle hiérarchique quotidien, très présent, doit permettre la détection de toute dérive individuelle.

LPLD.fr : Les plus gros dérapages se seraient déroulés sur les réseaux sociaux, que pouvez-vous nous dire sur ces cas précis ?

Ch. Rouget : Les jeunes sont de gros utilisateurs de ces réseaux. C’est sans surprise que l’on retrouve ces dérapages sur les réseaux incriminés, en dehors des services où le contrôle est strict. Ces réseaux sont un espace de liberté et de parole, certains dérapent donc plus facilement dans ces espaces virtuels. Ces dérapages sont donc souvent les premiers signes forts et leurs auteurs doivent faire l’objet d’une surveillance accrue.

LPLD.fr : Toujours d’après cette note, la gendarmerie aurait décelé des cas semblables, mais dans une moindre mesure, pourquoi selon vous ?

Ch. Rouget : Plusieurs faits dans la gendarmerie ont défrayé la chronique : jeunes femmes portant le voile ou voulant partir faire le djihad. Aucune institution n’est épargnée, mais nous sommes près de 150 000 policiers contre un peu moins de 100 000 gendarmes, il est donc logique de rencontrer plus de cas dans la police. Par ailleurs, les jeunes policiers travaillent pour la majorité dans les banlieues des grandes villes françaises et résident généralement, en raison de leurs revenus, dans les quartiers où se concentrent les problèmes de délinquance, mais aussi de radicalisation. Les jeunes gendarmes sont eux logés gratuitement et de plus dans des zones rurales moins exposées. La résidence en logement collectif entre gendarmes les protège certainement encore davantage contre de tels phénomènes.

"Les jeunes recrutés dans la police nationale sont le reflet de notre société actuelle dans toute sa diversité..., le profil de nombreux convertis radicalisés et fanatisés démontre combien le phénomène n’est pas toujours lié aux flux migratoires et à l'origine des individus."

LPLD.fr : N’est-ce pas finalement peu étonnant si l’on observe à la loupe l’évolution de la société française depuis quelques années? Car pourquoi votre corporation serait-elle épargnée, aujourd’hui beaucoup de jeunes policiers, hommes et femmes, sont issus de l’immigration comme dans toute autre profession en France ?

Ch. Rouget : Vous avez raison, c’est l’ensemble de la société et tous les métiers qui la composent qui sont touchés par cette nouvelle donne. Les jeunes recrutés dans la police nationale sont le reflet de notre société actuelle dans toute sa diversité. Certains sont issus de l’immigration bien sûr, mais la radicalisation est un phénomène plus large, et elle n’est pas toujours en lien avec les jeunes dont les parents sont d'origine étrangère. Le profil de nombreux convertis radicalisés et fanatisés démontre combien le phénomène n’est pas toujours lié aux flux migratoires et à l'origine des individus.

LPLD.fr : Cette note alerte aussi vos services sur la progression préoccupante du fondamentalisme religieux dans vos rangs, notamment chez les individus convertis qui sont généralement les plus violents. Qu’en est-il réellement, y a-t-il de quoi s’inquiéter selon vous ?

Ch. Rouget : Les cas sont marginaux, détectés et gérés par le ministère de l’Intérieur. Certains s’apparentent sans doute à des suicides professionnels, car leur comportement va les conduire inévitablement à une radiation rapide. Il faut être très réactif et intraitable dans ce domaine. Bien entendu, il faut être extrêmement vigilant et c’est le travail de la hiérarchie, mais de tout l’ensemble des fonctionnaires de Police. Cette vigilance est également très forte dans l’armée. De plus, nous sommes équipés d'armes et certains services ont des informations relatives à la sécurité de notre territoire. Nous n’avons pas droit à l’erreur, nous sommes mobilisés pour protéger les citoyens et la première des sécurités est celle qui doit régner dans nos rangs. Les armes de la république ne doivent en aucun cas se retourner contre nos concitoyens.

LPLD.fr : Quel personnel de police est-il vraiment concerné par cette note, il est avancé que ce sont, pour la plupart des personnels, d’anciens adjoints de sécurité ADS aujourd’hui gardiens de la paix, Brigadiers, et qu’aucun gradé ne serait pour le moment impliqué, comment expliquez-vous cela?

Ch. Rouget : C’est assez logique, car là aussi c’est le reflet de la société auquel nous sommes confrontés. Ce sont essentiellement des jeunes qui sont impactés par ce phénomène. Ils sont au début de leur carrière et n’ont donc pas eu encore accès à des fonctions d’encadrement. Concernant les officiers de police, les recrutements sont d’un haut niveau. Seule une trentaine de postes sont offerts chaque année, ce qui en fait le concours le plus sélectif de la fonction publique. Les heureux élus sont donc triés sur le volet. L’ensemble des concours de police fait l’objet d’entretien devant des jurys composés de policiers et de psychologues.

"Le fondamentalisme religieux n’est pas interdit en France et toutes les religions génèrent leurs lots d’intégristes".

LPLD.fr : Le fondamentalisme religieux toucherait également les rangs de votre corporation, que savez-vous sur ce point, avez-vous des exemples de cas concrets?

Ch. Rouget : Le fondamentalisme religieux n’est pas interdit en France et toutes les religions génèrent leurs lots d’intégristes. La règle est claire dans la fonction publique et si rien ne l’interdit dans sa vie privée, le devoir de réserve s’impose dans nos activités. La majorité des fonctionnaires actifs travaillent en uniforme et la police, qui je le rappelle est le service public le plus contrôlé, ne tolère aucun dérapage. Ces phénomènes sont toutefois marginaux, car la sélectivité de nos concours, la nature de nos missions et notre travail en équipe sont peu compatibles avec de telles dérives.

LPLD.fr : Comment le ministère de l’Intérieur compte faire pour endiguer ce phénomène surtout avec l’arrivée des prochaines jeunes recrues qui sont très nombreuses à s’inscrire aux concours de gardiens de la paix depuis les derniers attentats du 13 novembre 2015 ?

Ch. Rouget : Les annonces de recrutements de 5000 personnels dans le contexte actuel vont impliquer une vigilance accrue. Nous devons protéger la société et donc notre police en priorité. Ces recrutements massifs de jeunes ADS (adjoints de sécurité) et gardiens de la paix devront donc faire l’objet d’une attention toute particulière. Nous devrons détecter les comportements à risques et l’ensemble des services de police et de l’armée doit par ailleurs se protéger contre toute infiltration qui pourrait être téléguidée par des réseaux terroristes. Car ne l'oublions pas, Mohamed Merah, avant de commettre ses odieux crimes, avait souhaité intégré l’armée française…

Cedrik Viala

‎Journaliste/Reporter indépendant, Directeur de la rédaction du site L'oeil Pour Le Dire (LPLD) http://www.lpld.fr

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