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NOTRE POLICE EST REPUBLICAINE ET CETTE AFFICHE ENSANGLANTEE DE LA CGT EST UNE OFFENSE FAITE AUX POLICIERS DE CE PAYS...

Slogan de l'affiche polémique de la CGT lancée le 18 avril dernier sur le web: LOI-TRAVAIL : STOP AUX VIOLENCES POLICIÈRES Un pouvoir politique sur les dents et des forces de l'ordre qui font du zèle, on ne compte plus les excès de la police qui veut mater les jeunes qu'ils soient lycéens, étudiants… Ne laissons pas faire et ripostons si besoin à ces méthodes et le bruit des bottes ! Slogan de l'affiche polémique de la CGT lancée le 18 avril dernier sur le web: LOI-TRAVAIL : STOP AUX VIOLENCES POLICIÈRES Un pouvoir politique sur les dents et des forces de l'ordre qui font du zèle, on ne compte plus les excès de la police qui veut mater les jeunes qu'ils soient lycéens, étudiants… Ne laissons pas faire et ripostons si besoin à ces méthodes et le bruit des bottes !

Exclusivité Interview Christophe Rouget commandant de police chargée de la communication du syndicat des cadres de sécurité intérieure (SCSI)

Propos recueillis par Cédrik Viala

 

LPLD.fr : Que vous inspirent cette affiche et son slogan qui résument la campagne que mène actuellement la CGT contre les forces de police, cinq mois après les attentats parisiens et en plein État d’urgence?

Ch.Rouget : Parler de bruit de bottes, de frapper la population, stigmatiser, appeler à la haine dresser les uns contre les autres, ce n’est pas responsable, c’est intolérable. Notre police est une police républicaine et cette affiche ensanglantée de la CGT est une offense faite aux policiers de ce pays, faite au syndicalisme et ses à valeurs.

LPLD.fr : Que pensez-vous de la réaction du secrétaire général de la CGT Monsieur Philippe Martinez, face aux critiques de cette affiche du syndicat qu'il dirige?

Ch.Rouget : La réponse du secrétaire général de la CGT est pire encore. D’abord il se de dédouane sur un syndicat en disant que ce n’est pas la confédération, ensuite il indique que l’affiche concerne "ceux qui appliquent les ordres qui sont montrés du doigt, ce sont ceux qui donnent les ordres". Tous les Français ont vu l’affiche, en aucun cas elle ne stigmatise les donneurs d’ordres, mais bien les fonctionnaires de police de terrain et n’a pas un mot pour tous ces policiers qui travaillent dans des conditions difficiles au service des citoyens. Visiblement les conditions de travail des policiers, leurs problèmes de temps de travail ne sont pas une source d’inquiétude pour le secrétaire général de la CGT!

Ce n’est pas parce que la CGT connait un effritement de sa représentativité et qu’elle semble s’orienter vers une radicalisation politique, qu’elle doit en plein congrès à Marseille s’attaquer à la République et ses symboles, attiser la violence, et se rendre complice, dans le contexte actuel, des débordements de casseurs constatés dans plusieurs manifestations.

LPLD.fr : Hier encensée dans sa lutte contre le terrorisme, aujourd’hui honni dans son action de maintien de l’ordre, pourquoi ce changement de l’opinion publique sur sa police selon-vous, attisée il faut l’avouer depuis le coup de poing violent d’un CRS sur un élève de 15 ans qui a fait le tour des réseaux sociaux ?

Ch.Rouget : D’abord , ce n’est pas un changement de l’opinion publique, mais d’une fraction de la population très politisée et qui instrumentalise l’actualité. Il y a un mois, 35 000 jeunes étudiants ont passé le concours de gardien de la paix! Nous avons reçu le soutien de presque toute la classe politique et de la majorité des Français ses derniers jours. Nous avons reçu énormément de messages pour condamner cette campagne de pub et dénoncer également tous les casseurs et les récents actes de violence commis contre les policiers.

Les policiers sont des hommes et des femmes qui font ce métier pour assurer la sécurité et la liberté de nos concitoyens, ils sont soumis au quotidien à des agressions, 18 000 ont été blessés en 2015.
Notre métier est difficile. Dans certaines circonstances comme lorsqu’on vous crache dessous, on vous jette des pierres, des engins incendiaires, on vous insulte pendant des heures parfois, un policier peut manquer de discernement, de sang-froid et commettre une erreur comme ce jeune policier de 28 ans près du lycée Bergson. Mais il ne faut pas oublier que notre institution est très sévèrement contrôlée, et ce jeune père de famille en plus de la sanction administrative sera juge pour ces actes devant un tribunal correctionnel. Aucun manquement n’est toléré. La police représente 10% des effectifs de la fonction publique d’État, et 90% des sanctions. Nous sommes contrôlés par la hiérarchie, l’inspection générale des services, la justice administrative, la justice pénale, le défenseur des droits…

LPLD.fr : Cette campagne violente d’un syndicat ne symbolise-t-elle pas une sorte de défiance face au gouvernement et sa politique dont vous seriez les instruments sur le terrain face aux revendications (Nuit Debout, Loi travail…) d’une partie de plus en plus croissante de la population ?

Ch.Rouget : C’est de la politique ! Comme toujours, la sécurité est instrumentalisée. Pour nous, les missions sont les mêmes, assurer la sécurité et la liberté des citoyens. Si les gouvernements passent, nos missions quant à elles demeurent.

LPLD.fr : Comment les forces de police prévoient-elles de gérer la situation qui semble se dégrader jour après jour avec des évènements tels que « Nuit debout », les lycéens et la «Loi travail», sans oublier des évènements sportifs comme l’Euro qui se profile en juin prochain ?

Ch.Rouget : Avec le plus grand professionnalisme possible. Les policiers sont des hommes et des femmes qui font ce métier avec passion pour assurer la sécurité de nos concitoyens. Ils sont sur tous les fronts et sont très fatigués... Le terrorisme, les migrants, la délinquance et le climat actuel est tendus, compliqués, des groupes extrémistes en appellent à la violence, de nombreux dégâts matériels ont été commis par des casseurs, des enseignants et responsables d’établissement scolaire ont été violentés, et 150 policiers blessés lors des dernières manifestations ces derniers jours.
Il y a deux semaines, j’assistais à une cérémonie de sortie de fin de scolarité de gardien de la paix. Ils avaient tous une vingtaine d’années, sortaient du lycée ou de la Faculté, et après un an de scolarité se préparaient à être mutés sur Paris. Aujourd’hui, ces jeunes policiers sont chargés du maintien de l’ordre dans la capitale et parfois dans les manifestants se trouvent certains de leurs amis. Vous le voyez, la jeunesse est multiple et il faut d’ailleurs souligner que la grande majorité des manifestants s'est mobilisée dans le calme. Malheureusement, l’exploitation politique, la radicalisation de certains qui appellent à la violence peuvent rapidement faire dégénérer des situations. Nous n’avons pas besoin de ce genre d'évènement et j’espère que la sérénité va revenir rapidement, car cette situation demande une nouvelle fois une très forte mobilisation de la police qui n’en avait vraiment pas besoin. Les forces de police doivent poursuivre leur lutte contre le terrorisme et la délinquance et préparer l’euro qui sera je l’espère une grande fête populaire, mais qui demeure pour nous une source de risques considérables.

Pour en savoir +...

Une matraque, un insigne de CRS, du sang accompagné d'un slogan ferme: "la police doit protéger les citoyens et non les frapper". Cette affiche de l'organisation syndicale de la CGT dénonçant les violences policières contre les jeunes a provoqué lundi 18 avril dernier la colère du ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, qui a dénoncé une campagne "choquante". Cette campagne que nombreux osent qualifier de calomnieuse ne semble pas avoir pour l'instant trouvé un écho positif dans l'opinion publique, qui malgré quelques écarts de certains membres des forces de l'ordre, pense que le contexte de l'État d'urgence pèse lourd sur le moral de la police suremployée depuis les attentats de janvier 2015.

L'affiche a été publiée par la section Info'com de la CGT (salariés de l'information et de la communication) dans le cadre de la mobilisation contre la loi Travail. "On ne compte pas les excès de la police qui veut mater les jeunes, qu'ils soient étudiants ou lycéens", écrit le site du syndicat qui termine son court message par un appel à "riposter si besoin à ces méthodes". La CGT en nette perte de vitesse par rapport à son concurrent CFDT, depuis ces derniers mois, aura-t-elle trouvé la parade dans ce vieux combat d'arrière-garde des années 60?

Cedrik Viala

‎Journaliste/Reporter indépendant, Directeur de la rédaction du site L'oeil Pour Le Dire (LPLD) http://www.lpld.fr

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