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LE NOUVEAU POUJADISME

Lamartine devant l’Hôtel de Ville de Paris le 25 février 1848 refuse le drapeau rouge symbole de la révolution socialiste. Évoquant le sang des ouvriers en lutte, il s'opposait alors au drapeau bleu-blanc-rouge qui représentait la répression bourgeoise. Huile sur toile de Félix Philippoteaux. (Crédits : D.R.) Lamartine devant l’Hôtel de Ville de Paris le 25 février 1848 refuse le drapeau rouge symbole de la révolution socialiste. Évoquant le sang des ouvriers en lutte, il s'opposait alors au drapeau bleu-blanc-rouge qui représentait la répression bourgeoise. Huile sur toile de Félix Philippoteaux. (Crédits : D.R.)

"Pourquoi le prononcer ce nom de la patrie. Dans son brillant exil mon cœur en a frémi et raisonne de loin dans mon âme attendrie comme les pas connus ou la voix d'un ami". Ainsi écrivait Lamartine de son cher pays de France, son village de Milly ou la "Terre natale" bien que né à Mâcon, en ville sur le Plateau de la Baille. Lui l'écrivain, poète, viticulteur et politique, homme d'histoire et d'Etat. La petite noblesse de sa famille fut bien vite magnifiée par ses nombreux talents.

Que reste-t-il aujourd'hui des principes du temps d'Alphonse ? Les gens de chez nous n'écrivent plus, ils "maillent" ou "SMS"! Des poèmes tout le monde ou presque s'en fiche, les vignes ne sont plus vendangées que par des machines et les rangs sont loués, tant la terre est basse. Le politique n'est recyclé qu'en vil politicien, l'histoire de France qui s'écrit en ce moment n'est qu'une grande médiocrité, loin de la signature des grands hommes d'Etat. Aujourd'hui, ils encaissent sans belles réactions de sauvegardes l'hystérie du terrorisme, issu des religions aux relents des plus mauvaises croisades du Moyen Âge.

Pour qui aime la belle politique propre, le temps s'en est allé. Plus besoin pour faire "carrière" du moindre apprentissage de la vie publique et politique. Pour qui s'est évertué, échiné à construire, entretenir villages, villes, départements et régions avant le tour de la République, avec un peu de poudre de politique, est aujourd'hui distancé, balayé par une mentalité qui ferait honte à nos anciens, tant nous sommes dans des partages de soif d'immédiat parce que le peuple a peur pour lui-même et ses enfants, alors qu'il faut bâtir pour se prémunir des lendemains qui ne chanteront pas.

Seulement voilà, plutôt qu'avancer, nous repartons sur des temps que les gens de moins de vingt ans ne peuvent pas connaitre. Aujourd'hui les partis dits de Gouvernement ne gouvernent plus. La haute administration l'emporte, les Ministres à sa merci, les capitales Européennes n'en peuvent plus dans le tourbillon lent mais inexorable de l'Union Européenne, et la malchance d'avoir un exécutif Français qui flotte, flotte au bord d'en couler!

En ces jours intermédiaires de votes, notamment à travers les élections Départementales, mon constat est forgé, c'est justement de la quatrième République qu'il faut conter fleurette des années 50 et 60, le temps de voir éclore un parti populiste, déjà populaire qui une soixantaine d'années en aval montre les mêmes symptômes de poussées des colères qui ont concourues à envoyer près de cinquante Députés à l'Assemblée Nationale. C'était le parti créé par Pierre Poujade que je vivais via mon grand-père, chauffeur de car et bistrotier comme il aimait se définir. Jean- Marie Le Pen était parmi eux. Aujourd'hui, Le Pen est toujours là, mais sa fille, plus jeune que moi l'est aussi. Un chef en jupe, un vrai chef comme il nous faudrait en avoir un à droite et au centre. Un chef comme au meilleurs temps de la République qui a su sortir de l'extrême droite des troupes enthousiastes et acceptées par la démocratie au final d'une longue marche.

Que restera-t-il de nos amours de partis gangrénés par des multitudes prétendants, des guerres de palais, des homicides politiques comme au temps des républiques romaines, des affrontements de coqs au sommet ou dans les basse-cours de province? La république des ducs et baronnets qui oublient qu'ils sont montés en grade, grâce à leurs peuples locaux doivent descendre de leur piédestal pour reprendre une marche interrompue pour raison d'opulence personnelle. Aujourd'hui moins que demain les divisions du Front National ou de "Bleu Marine" qui ne ressemblent pas au groupuscule de l'époque du père sont prospères. Elles ont quitté une bonne partie de l'armure d'extrême droite aux facettes outrancières et xénophobes. Ce parti s'appuie sur un frein à l'immigration et la sécurité ainsi qu'une forte "identité nationale" que ne peuvent égaler l'UMP et le PS, et c'est pour cela que dès maintenant bien des adhérents ou sympathisants franchissent le rubicond, sans aucun état d'âme.

A la mode "Poujadiste", la marée des agriculteurs, des commerçants, des artisans, des ouvriers et employés, des chefs d'entreprises ont, ou vont basculer. Toutes et tous, asphyxiés financièrement, des impositions et taxes débordantes du soutenable vont, en toutes sincérités aller visiter sur d'autres marchés si l'herbe et plus verte. Pierre Poujade n'a pas pu faire perdurer son mouvement et ses cinquante deux députés.

Le libraire de Saint Céré, ce n'est pas le consortium Le Pen père et fille.

Ce n'est pas à eux que l'on conteste le népotisme, ils n'en ont cure. Aujourd'hui, la blonde Marine maitrise sa stratégie d'installation rurale et ouvrière, renforçant pour demain ses piliers des futures compétitions électorales.

La meilleure manière de retour à bonne fortune pour les partis de gouvernement d'aujourd'hui, c'est de rassembler. Pas d'exclure. La rigueur doit être au sommet, certes. Mais une rigueur qui s'applique sur des cadres solides, ou là aussi des "chefs" et des Fédérations Départementales gérées à la foire d'empoigne, ou un petit nombre se sert outrageusement, hors de la décision collective et justifiée.

Les grands partis deviennent petits quand ils sont trop riches de tout et que leurs "sujets" sont trop pauvres de tout.

Je crois hélas, que nous sommes dans cette conjoncture. Et je ne suis pas loin de réviser mes choix après avoir participé à cette opulence.
Courage ou inconscience, je n'en sais rien. Mais je crois quand même que c'est du courage...

Gérard Voisin

Député UMP de la première circonscription de Saône et Loire de 1993 jusqu'en 2012 (prédécesseur de Thomas Thévenoud), membre honoraire du parlement, Consultant.

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